Le vote afro-américain, pièce maîtresse de la campagne d'Hillary Clinton

La commissaire des écoles du comté de Bamberg,... (PHOTO JONATHAN ERNST, ARCHIVES REUTERS)

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La commissaire des écoles du comté de Bamberg, Thelma Sojourner, présente la candidate à l'investiture démocrate Hillary Clinton lors d'un rassemblement organisé à l'école élémentaire Denmark-Olar à Denmark, en Caroline-du-Sud, le 12 février.

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Jennie MATTHEW
Agence France-Presse
NEW YORK

Alabama, Louisiane, Tennessee: la liste des États du Sud américain remportés par Hillary Clinton lors des primaires démocrates ne cesse de s'allonger, témoignant d'un engouement massif des électeurs noirs pour l'ex-Première dame.

Depuis le début des primaires le 1er février, Hillary Clinton a écrasé son unique adversaire Bernie Sanders, dans une dizaine d'États concentrés essentiellement dans le sud du pays, où les Afro-Américains constituent une part importante de l'électorat.

Mardi, le scénario a toutes les chances de se reproduire pour les primaires du Mississippi et du Michigan.

Mais si ce soutien des minorités ethniques à Mme Clinton est devenu une évidence pour de nombreux commentateurs, ses ressorts demeurent complexes.

L'ancienne secrétaire d'État, présente sur la scène publique depuis plus de trois décennies, aime à rappeler son engagement contre le racisme dès ses jeunes années lorsqu'elle avait enquêté sous la direction d'une grande militante noire américaine, Marian Wright Edelman, sur la ségrégation dans les écoles en Alabama.

Ensuite, son expérience en tant que Première dame de l'Arkansas a marqué sa vision des relations raciales en Amérique, assure la candidate qui mentionne régulièrement ses convictions religieuses chrétiennes, une valeur-clé pour une bonne partie de l'électorat noir.

En Caroline du Sud, Mme Clinton s'est récemment exprimée devant la plus ancienne association d'étudiantes afro-américaines du pays.

Dans cette campagne «elle parle avec force des questions (raciales), elle le fait d'une manière qui n'était pas la sienne auparavant et qui n'est pas habituelle pour un candidat à la présidence», commente Stefanie Brown James, ancienne conseillère de Barack Obama sur le vote des Afro-Américains en 2012.

Sans la mobilisation décisive de cette partie de l'électorat dans sept États il y a quatre ans, Barack Obama aurait perdu au profit de Mitt Romney, selon l'analyse non partisane du Cook Political Report.

L'échec de Sanders en question

Bernie Sanders, sénateur d'un État rural du nord-est où seul 1% de la population est noire, communique moins bien que sa rivale sur le sujet.

Son discours est avant tout axé sur les inégalités économiques et ses tentatives pour rappeler ses prises de position contre le racisme - comme son arrestation dans les années 1960 pour avoir combattu la ségrégation sur son campus à Chicago - ne semblent pas porter leurs fruits.

«Typiquement, c'est un problème que les Noirs ont avec les progressistes blancs, ces derniers analysent tout à travers le prisme des classes sociales et oublient que la question raciale continue d'être importante», analyse Andra Gillespie, professeure associée de sciences politiques à l'Emory College d'Atlanta.

Hillary Clinton s'appuie énormément sur l'héritage de son mari Bill, qui conserve auprès de nombreux Américains la réputation d'un président ayant oeuvré pour les Noirs dans les années 1990 lorsque le taux de chômage baissait et les salaires augmentaient au sein de cette communauté.

Bill Clinton, soignant son image d'homme issu d'un milieu très modeste originaire du Sud, a en effet multiplié les gestes envers ses concitoyens noirs, et a même été qualifié par l'écrivaine afro-américaine Toni Morrison de «premier président noir des États-Unis».

Prison et pauvreté

Mais bien qu'il ait nommé un nombre record de Noirs dans son administration ou soutenu la discrimination positive, le bilan de M. Clinton est aussi controversé.

L'ombre de deux textes votés durant sa présidence - le Welfare Reform Act de 1996 et le Crime Bill de 1994 - pèse désormais sur la campagne d'Hillary.

Le premier texte de réforme de l'aide sociale est accusé d'avoir accentué encore les inégalités frappant déjà des familles noires défavorisées, tandis que le second est souvent cité comme responsable de «l'incarcération de masse» dont sont victimes les Afro-Américains.

«En tant qu'homme noir aux États-Unis, si j'étais né aujourd'hui j'aurais une chance sur trois de finir en prison au cours de ma vie», a lancé à la candidate Don Lemon, un présentateur afro-américain de CNN lors d'un débat dimanche soir.

Hillary Clinton se trouvant à court d'arguments, M. Lemon s'y est repris à deux fois pour lui demander: «Compte tenu de ce qui s'est passé depuis 1994, pourquoi les Noirs devraient-ils vous faire confiance cette fois-ci pour faire les choses correctement?»

Comme son mari auparavant, Mme Clinton a concédé que «certains aspects de cette loi constituaient une erreur» tout en promettant de s'en prendre au «racisme généralisé régnant sur le système judiciaire».

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