ANALYSE

Après l'Iowa et le New Hampshire

Un électeur enregistre son vote dans un bureau... (PHOTO DAVID GOLDMAN, AP)

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Un électeur enregistre son vote dans un bureau de Manchester, la grande ville du New Hampshire, le 9 février.

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Maison-Blanche 2016

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Maison-Blanche 2016

Qui succédera à Barack Obama ? Consultez notre dossier sur l'élection présidentielle américaine 2016. »

Richard Hétu

collaboration spéciale

La Presse

(New York) Après plusieurs mois de débats, de sondages et de discours, les électeurs de l'Iowa et du New Hampshire ont parlé. Leurs verdicts pèseront sur le choix des candidats démocrate et républicain à l'élection présidentielle de novembre 2016. Mais les prochaines étapes du marathon des primaires et des caucus risquent d'être encore plus décisives. Explications.

Le «pare-feu» de Clinton : mythe ou réalité ?

Avec la montée du phénomène Bernie Sanders, un terme revient souvent dans les commentaires politiques aux États-Unis : « pare-feu ». Après la victoire retentissante du sénateur du Vermont au New Hampshire, la question est de savoir si ce « pare-feu » relève du mythe ou de la réalité.

Le terme fait référence à l'avance importante dont jouit Hillary Clinton auprès des électeurs afro-américains et latinos, selon les plus récents sondages. Jusqu'à présent, ceux-ci n'ont pas encore eu la chance de faire sentir leur poids, étant à peine représentés dans l'Iowa et le New Hampshire. Or il en ira autrement à l'occasion des prochaines étapes de la course à l'investiture démocrate pour la présidence. D'où cette idée d'un pare-feu susceptible de freiner le phénomène Sanders.

«Mais cet électorat afro-américain ou latino ne risque-t-il pas à nouveau de tourner le dos à Clinton, comme il l'avait fait en 2008 en s'enflammant soudainement pour Barack Obama, l'insurgé démocrate de l'époque ?»


Bernie Sanders a remporté mardi la primaire démocrate... (PHOTO RICK WILKING, REUTERS) - image 4.0

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Bernie Sanders a remporté mardi la primaire démocrate du New Hampshire.

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La réponse pourrait se dessiner dès les caucus du Nevada, le 20 février, ou les primaires de la Caroline-du-Sud, sept jours plus tard. Le premier de ces États permettra de jauger les préférences de l'électorat hispanique, alors que le second donnera une bonne idée des appuis des candidats chez les Noirs.

Et si la réponse n'est pas assez nette, les primaires du 1er mars devraient mettre les choses au clair. En ce « super mardi », pas moins de 11 États tiendront des scrutins, dont l'Alabama, l'Arkansas, la Géorgie, le Tennessee, le Texas et la Virginie, où l'électorat noir ou latino est bien représenté.

Les avantages d'Hillary Clinton ne sont pas négligeables. Elle est mieux connue que Bernie Sanders dans ces États plus modérés ou conservateurs. Elle est mariée à un homme à qui la romancière Toni Morrison avait donné le titre de « premier président noir » en raison de ses atomes crochus avec les Afro-Américains. Et elle fait face à un rival qui n'est pas Barack Obama.

Mais Bernie Sanders est incandescent et il compte sur l'appui d'intellectuels afro-américains qui sont très critiques à l'égard des Clinton. Ceux-ci rappellent notamment le rôle du 42e président dans l'incarcération massive des Noirs et l'appui de sa femme à ses politiques en matière de justice pénale.

Scénario de rêve pour Trump

Donald Trump ne pouvait pas rêver de résultats plus favorables à son ambition présidentielle. Le candidat milliardaire a d'abord remporté une victoire éclatante qui lui permettra de répéter sur tous les toits que sa popularité dans les sondages peut s'étendre aux urnes.

Il a pu ensuite se réjouir en constatant que son plus proche rival au New Hampshire ne s'appelle pas Marco Rubio, qui a connu une dégringolade spectaculaire, mais John Kasich. Résultat: le vote anti-Trump devrait donc continuer à se disperser entre plusieurs candidats à l'occasion de la primaire de Caroline-du-Sud, prochaine étape de la course à l'investiture républicaine pour la présidence, qui aura lieu le 20 février.

L'importance de cette primaire républicaine ne peut être ignorée. Depuis 1980, tous les vainqueurs du scrutin ont fini par remporter l'investiture du Grand Old Party, exception faite de Newt Gingrich en 2012. Et Donald Trump, qui domine les sondages dans cet État conservateur, y affrontera une opposition aussi fragmentée qu'elle l'était à la veille des caucus de l'Iowa.

«John Kasich, gouverneur de l'Ohio, peut aussi se féliciter de sa deuxième place. Mais son avance sur les Ted Cruz, Jeb Bush et Marco Rubio est trop courte pour inciter l'un d'entre eux à abandonner la course.»


Donald Trump a remporté mardi la primaire républicaine... (PHOTO DAVID GOLDMAN, AP) - image 7.0

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Donald Trump a remporté mardi la primaire républicaine du New Hampshire.

PHOTO DAVID GOLDMAN, AP

Sa modération générale et son appui à certains aspects clés de la loi sur la santé de Barack Obama pourraient en outre lui causer des ennuis dans les États plus conservateurs, dont ceux qui tiendront des scrutins le 1er mars, à l'occasion du Super Mardi.

La primaire du New Hampshire aura été désastreuse pour Marco Rubio. Le jeune sénateur de la Floride avait besoin de finir en deuxième position après sa troisième place lors des caucus de l'Iowa. Sa contre-performance lors du débat de samedi soir lui aura coûté des votes.

Mais il restera dans la course, ce qui ne sera peut-être pas le cas de Chris Christie, Carly Fiorina et Ben Carson.

Donald Trump peut-il continuer sur sa lancée et remporter l'investiture républicaine? Sa victoire au New Hampshire ne lui garantit certes pas l'investiture républicaine en fin de course. Mais elle le rapproche dangereusement de cet objectif.

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