Marco Rubio le robot

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Pour la première fois dans un débat, Marco Rubio a eu l'air désarçonné. S'en remettra-t-il? Les électeurs du New Hampshire auront un mot important à dire à ce sujet mardi.

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Richard Hétu

collaboration spéciale

La Presse

(New York) Tout allait bien pour Marco Rubio. Sa troisième place inattendue lors des caucus de l'Iowa, lundi dernier, lui avait valu l'attention favorable des médias. Il venait de se positionner comme solution de rechange crédible à Ted Cruz et Donald Trump, deux candidats à la présidence qui effraient l'establishment républicain. Et sa cote de popularité était en hausse au New Hampshire, où aura lieu demain la deuxième étape du marathon des primaires.

Mais quelque chose s'est passé samedi soir qui a assombri ce beau tableau. Le jeune sénateur de la Floride a trébuché de façon spectaculaire lors du huitième débat républicain, présenté à Manchester, la plus grande ville du New Hampshire. Au cours des affrontements précédents, le politicien télégénique avait toujours bien paru, réussissant à réciter avec aplomb des phrases souvent tirées de son discours de campagne.

De là à dire que Marco Rubio est un robot programmé, il n'y avait qu'un pas. Et Chris Christie, l'un de ses rivaux, l'a franchi sans hésitation samedi soir. L'attaque n'aidera peut-être pas le gouverneur du New Jersey, qui est à la traîne dans les sondages au New Hampshire. Mais elle pourrait coller à la peau de Marco Rubio et aider certains de ses concurrents, dont Jeb Bush, qui mettent en doute son aptitude à assumer la présidence.

Chris Christie a lancé sa première attaque contre Marco Rubio en lui reprochant son supposé manque d'expérience. «Vous n'avez jamais été impliqué dans une décision importante où vous étiez responsable», a-t-il déclaré.

Le sénateur de Floride a répliqué en faisant valoir que Barack Obama avait réussi à imposer son idéologie malgré son manque d'expérience au moment d'être élu à la Maison-Blanche. «Il faut se débarrasser une fois pour toutes de ce mythe selon lequel Barack Obama ne sait pas ce qu'il fait. Il sait parfaitement ce qu'il fait. Il est en train de changer le pays», a-t-il dit en laissant entendre qu'il réussirait à imposer son idéologie conservatrice aux États-Unis.

***

Le hic, c'est que Marco Rubio a répété la même phrase à trois autres reprises au cours du débat. Après la première fois, Chris Christie a déclaré au sénateur de 44 ans, sur un ton condescendant: «Tu vois, Marco, quand tu es gouverneur d'un État, les discours mémorisés de 30 secondes qui mentionnent à la fin la grandeur de l'Amérique ne règlent aucun problème.»

Après avoir entendu la phrase de Rubio sur Obama une autre fois, Christie est intervenu avec cette remarque cinglante: «Le voilà! Le voilà, le discours mémorisé de 25 secondes. Le voilà, tout le monde!»

Pour la première fois dans un débat, Marco Rubio a eu l'air désarçonné. Se remettra-t-il de ce faux pas? Les électeurs du New Hampshire auront un mot important à dire à ce sujet demain. Selon la moyenne des sondages compilés par le site RealClearPolitics, Donald Trump mène la course dans cet État avec 31 % des intentions de vote, contre 16% pour Marco Rubio, 12% pour John Kasich et Ted Cruz, et 9 % pour Jeb Bush.

Une troisième place au New Hampshire nuirait sans doute au sénateur de la Floride. Elle le priverait de l'élan dont il a besoin pour remporter les primaires de la Caroline-du-Sud, prochaine étape de la course à l'investiture républicaine, le 20 février. L'entourage de Rubio estime qu'une victoire dans cet État-clé serait à sa portée après le retrait éventuel de candidats jugés modérés, à savoir Jeb Bush, John Kasich ou Chris Christie.

Bien sûr, le mot «modéré» est relatif en ce qui a trait à Marco Rubio. Adversaire farouche du mariage entre personnes du même sexe, il est également opposé à l'avortement, même en cas de viol ou d'inceste, ce dont se sont alarmés Bush et Christie, samedi soir.

«Pour moi, la question de la vie n'est pas une question politique», s'est défendu Marco Rubio lors du débat. «C'est une question de droits de la personne. Elle met en opposition deux droits. D'un côté, il y a le droit de la femme à disposer de son corps. Et de l'autre côté, il y a le droit de l'enfant à naître. En tant que décideur politique, j'ai choisi de privilégier la vie.»

Cette fois-là, aucun des rivaux de Marco Rubio ne l'a accusé de reprendre mot pour mot un extrait de son discours de campagne.

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