«Cette histoire a nui à la crédibilité de Paul Ryan auprès d'une partie de l'électorat», a déclaré Dennis Dresang, politologue à l'Université du Wisconsin-Madison, à la veille du débat entre les candidats à la vice-présidence des États-Unis.
Dennis Dresang ne s'attend pas à ce que la modératrice du face-à-face, la journaliste d'ABC Martha Raddatz, soulève ce sujet. Mais il ne serait pas surpris que Joe Biden le fasse.
«Chose certaine, si j'étais conseiller de Biden, je l'aviserais de procéder à un rappel subtil de l'exagération de Ryan et d'enchaîner sur les libertés que celui-ci prend aussi avec la vérité sur la santé, la fiscalité et le budget», a déclaré le politologue.
Bien sûr, Paul Ryan sera probablement prêt à toutes les éventualités. Élu à la Chambre des représentants en 1998, le politicien de 42 ans a une expérience des débats qui précède même sa première campagne électorale. Il s'est notamment glissé dans la peau d'Al Gore pour aider son mentor, Jack Kemp, à se préparer en prévision du débat entre les candidats à la vice-présidence lors de l'élection de 1996.
Devant le vice-président, Paul Ryan abattra tous ses atouts afin de conserver l'élan pris par Mitt Romney lors du premier débat présidentiel.
«Paul Ryan est un très bon débatteur. Il a une excellente maîtrise des faits et des arguments», a déclaré John McAdmas, politologue à l'Université Marquette de Milwaukee. «Mais le piège qui le guette est de paraître moins sympathique que Joe Biden. Le premier débat présidentiel a démontré combien il était important de paraître sympathique.»
Un exercice d'équilibriste
Bien connu pour ses opinions conservatrices en matière budgétaire et sociale, Paul Ryan devra également prendre garde à ne pas contredire Mitt Romney sur ses positions. Le candidat républicain a notamment déclaré lundi qu'il continue à s'opposer à l'avortement, sauf dans les cas de viol, d'inceste ou de danger pour la santé de la mère.
Or, en août dernier, Paul Ryan a affirmé que «la méthode de conception ne change pas la définition de la vie», d'où son opposition à l'avortement en toutes circonstances.
Joe Biden devrait également tenter d'exploiter les différences entre Mitt Romney et Paul Ryan sur les questions budgétaires. Le représentant du Wisconsin a donné son nom à un plan d'austérité qui prévoit notamment 6000 milliards de dollars de coupes en 10 ans.
«Dans mon esprit, la principale question est de savoir comment Paul Ryan parviendra à défendre ses propositions tout en les conciliant avec celles de Mitt Romney, a dit Dennis Dresang, de l'Université du Wisconsin-Madison. Ce sera un bel exercice d'équilibriste.»