200 otages passeront Noël aux mains des pirates

De janvier à septembre, 352 attaques ont été... (Photo: Mohamed Dahir, Archives AFP)

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De janvier à septembre, 352 attaques ont été recensées dans le monde, dont 56% menées par des pirates somaliens. Les pirates n'hésitent pas à étendre leur zone d'opération au-delà des côtes somaliennes, jusque dans la mer Rouge et l'océan Indien.

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Dossier sur les actes de piraterie près de la Somalie »

Agence France-Presse
Bruxelles, Belgique

Les responsables de l'opération antipiraterie de l'UE, Atalante, ont qualifié de «tragédie humanitaire» le sort des 200 marins retenus actuellement en otage par les pirates somaliens, parfois pendant des mois.

Dans un message de soutien publié à l'approche des fêtes de fin d'année, Atalante regrette que le sort des membres d'équipage des navires marchands pris en otage «ne retienne pas souvent l'attention».

Selon ses données, «199 hommes et une femme sont actuellement détenus par les gangs de pirates en Somalie à la suite de la capture de leurs bateaux dans l'océan Indien».

Depuis le début de l'opération Atalante en décembre 2008, ce sont 2317 marins qui ont été pris en otage pour une durée moyenne de près de cinq mois, le record atteignant 19 mois.

«Au moins 60 d'entre eux sont morts à cause de leur captivité et beaucoup d'autres ont été torturés et victimes d'abus», selon l'organisation.

Atalante met en garde contre une nouvelle tactique récemment adoptée par les gangs. Ils «reçoivent le paiement d'une caution pour le navire et son équipage, mais gardent ensuite une partie des marins pour les échanger contre des pirates condamnés dans le pays d'origine» de l'équipage.

C'est actuellement le cas de sept Indiens et de quatre Sud-Coréens toujours retenus malgré la libération de leur navire.

«La piraterie dans l'océan Indien nous affecte tous, aggravant le coût de chaque baril de pétrole et conteneur qui passe dans la région», souligne Atalante, selon qui elle contraint aussi les marines du monde à déployer «entre 20 et 30 navires de guerre sur la zone».

Des responsables militaires européens se sont récemment inquiétés du manque de moyens mis par les pays de l'UE à la disposition d'Atalante, qui fonctionne avec un nombre très réduit de bateaux en cette fin d'année.

Libérés 11 mois plus tard

Le pétrolier italien Savina Caylyn a été libéré près de onze mois après avoir été détourné par des pirates somaliens, a annoncé mercredi le chef du gouvernement italien Mario Monti.

Dans un communiqué, M. Monti a «exprimé sa plus vive satisfaction à la suite de la libération de l'équipage et du navire italien Savina Caylyn pris en otage le 8 février 2011 par un groupe de pirates somaliens».

Le chef du gouvernement italien s'est en outre dit «proche des cinq marins italiens libérés et de leurs familles à la suite de la dure épreuve subie au cours de ces longs mois d'attente», selon le communiqué.

Le chef de la diplomatie italienne Giulio Terzi s'est félicité lui aussi de la libération du navire en soulignant avoir suivi «personnellement les dernières phases cruciales de l'opération».

Le ministre a souligné qu'«à la demande explicite des familles des otages, toute action militaire pouvant mettre en péril leur sécurité a été évitée». Il a aussi nié catégoriquement qu'une rançon ait été versée.

«Le gouvernement italien n'a jamais envisagé la possibilité de négociations directes avec les pirates et encore moins le paiement d'une rançon sachant que ceci est interdit par la législation» internationale pour éviter «de favoriser l'activité de piraterie», a indiqué le ministre.

Selon les sites internet des quotidiens italiens Corriere della Sera et La Repubblica, citant comme source le site Somalia Report, une rançon de 11,5 millions de dollars aurait été versée pour obtenir la libération du navire et de son équipage.

Le pétrolier italien de 105 000 tonnes avait été détourné début février par des pirates armés dans l'océan Indien lors d'une attaque qui n'avait pas fait de blessés parmi les 22 membres d'équipage, cinq Italiens et 17 Indiens.

L'attaque contre le navire de la société Fratelli D'Amato, de Naples (sud), s'était produite à environ 880 milles nautiques de la Somalie et 500 milles de l'Inde, selon la marine italienne.

Le commandant du pétrolier italien avait essayé d'échapper aux pirates en recourant à des manoeuvres de diversion, changeant de route et de vitesse, utilisant des canons à eau, mais face aux fusils d'assaut il avait dû renoncer et se rendre.

Il y a un mois, le navire italien Rosalia D'Amato et ses 21 membres d'équipage -quinze Philippins et six Italiens-, capturés le 21 avril par des pirates somaliens en mer d'Arabie, au large d'Oman, avaient été eux aussi libérés.

Parti du Brésil, le Rosalia D'Amato, un cargo de 225 mètres de long qui transportait du soja et faisait route vers l'Iran, avait été attaqué le 21 avril par des pirates arrivés à bord de deux bateaux, à environ 320 milles nautiques au sud d'Oman et 300 milles de l'île de Socotra.

À la mi-octobre, un navire italien capturé par des pirates au large des côtes de la Somalie, avait été libéré le lendemain lors d'une opération de l'OTAN menée par les marines américaine et britannique.

De janvier à septembre, 352 attaques ont été recensées dans le monde, dont 56% menées par des pirates somaliens. Les pirates n'hésitent pas à étendre leur zone d'opération au-delà des côtes somaliennes, jusque dans la mer Rouge et l'océan Indien, a annoncé récemment le Bureau maritime international (BMI).

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