Irak: l'EI frappe une semaine après l'appel de son chef à continuer le combat

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Parmi les morts figurent deux soldats des forces régulières et trois membres du Hachd al-Chaabi, les supplétifs paramilitaires qui ont aidé l'armée à chasser le groupe ultraradical État islamique (EI).

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Crise dans le monde arabe

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Agence France-Presse
Ramadi

Le groupe État islamique (EI) a frappé en Irak mercredi, une semaine après l'appel de son leader à poursuivre le djihad, en tuant 11 personnes lors d'un attentat suicide à la voiture piégée, selon la police.

La déflagration, qui s'est produite à 9h00 locales (2h00 du matin à Montréal), a visé un poste de contrôle à une des entrées de la ville de Qaïm, à 340 km à l'ouest de Bagdad.

L'attentat a fait 11 morts, dont cinq membres des forces de sécurité, et 16 blessés, dont 11 civils, a indiqué à l'AFP le capitaine de police Mahmoud Jassem.

Parmi les morts figurent deux soldats des forces régulières et trois membres du Hachd al-Chaabi, les supplétifs paramilitaires qui ont aidé l'armée dans sa lutte pour chasser l'EI de l'Irak.

Dans un communiqué, l'EI a revendiqué cette attaque faisant état d'une cinquantaine de morts et blessés.

Selon un rapport des services de sécurité irakiens, le véhicule a été piégé dans une zone désertique à la lisière de la Syrie, où les djihadistes possèdent encore les moyens de fabriquer ce type d'engin.

Il a passé deux barrages, mais au troisième, les soldats et le Hachd al-Chaabi ont ouvert le feu en sa direction. Cependant, lancé à grande vitesse, le véhicule a explosé devant le barrage faisant des victimes.

Pour l'expert des mouvements djihadistes Hicham al-Hachemi, l'EI a choisi cet objectif, car c'est un site stratégique entre la Syrie et l'Irak et une région où se trouvent non seulement l'armée irakienne et les supplétifs du Hachd, mais également les forces américaines et françaises, membres de la coalition internationale antidjihadistes.

Cette attaque, «c'est pour dire à tous: "nous avons toujours le bras assez long et nous pouvons agir rapidement et frapper où bon nous semble"», a-t-il expliqué à l'AFP.

Un responsable du Hachd a pour sa part affirmé à l'AFP qu'il s'agissait «d'une réaction des terroristes aux opérations militaires visant Daech (acronyme arabe de l'EI) dans la zone désertique près de la frontière avec la Syrie».

Dans le dernier enregistrement sonore qui lui est attribué et qui a été diffusé la semaine dernière, Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l'EI, a affirmé que «l'État du califat se maintiendra si Dieu le veut (...), fera triompher la religion, combattra ses ennemis».

Les États-Unis ont offert 25 millions de dollars pour la capture du chef de l'EI qui avait proclamé en 2014 un «califat» sur des pans entiers de Syrie et sur près d'un tiers de l'Irak.

Les forces gouvernementales ont repris à l'EI Al-Qaïm en novembre 2017.

Un mois plus tard, le premier ministre irakien Haider al-Abadi annonçait la fin de la guerre contre le groupe djihadiste, mais, selon les experts, des djihadistes se cachent toujours le long de cette frontière poreuse et dans l'immense désert irakien.

Selon Hicham al-Hachemi, il reste environ 2000 djihadistes de l'EI en activité, quasi-exclusivement irakiens, avec seulement une centaine d'étrangers, répartis dans quatre régions et dont l'objectif «est de se venger de ceux qui les ont chassés».

Malgré ses importants revers en Irak et en Syrie, l'EI a commis en juillet des attaques meurtrières coordonnées dans le sud de la Syrie qui ont fait plus de 250 morts.




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