Le Sinaï, foyer potentiel pour les djihadistes de Syrie et d'Irak

Un policier égyptien dans une tour d'observation à... (Photo Amir Cohen, archives REUTERS)

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Un policier égyptien dans une tour d'observation à la frontière entre le Sinaï et Israël.

Photo Amir Cohen, archives REUTERS

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Le groupe État islamique

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Agence France-Presse
Le Caire

Après leur défaite en Syrie et en Irak, les djihadistes cherchent potentiellement à créer «un nouveau foyer terroriste» dans le Sinaï, dans l'est de l'Égypte, a assuré jeudi l'armée égyptienne engagée dans une opération d'envergure dans cette péninsule.

Cette déclaration intervient alors que les forces armées ont lancé la semaine dernière une vaste campagne baptisée «Sinaï 2018» visant notamment la branche égyptienne du groupe État islamique (EI) qui multiplie les attaques contre les forces de sécurité dans le Sinaï.

Cette opération militaire survient à quelques semaines de l'élection présidentielle prévue le 26 mars à laquelle le chef de l'État Abdel Fatah al-Sissi est candidat à sa propre succession.

Selon des renseignements des forces de sécurité, les djihadistes auraient planifié «la création d'un nouveau foyer terroriste dans un autre lieu qui serait potentiellement la péninsule du Sinaï», a déclaré le porte-parole de l'armée Tamer el-Refaï, lors d'une conférence de presse.

Après une montée en puissance fulgurante en 2014 et la conquête de vastes territoires en Irak et en Syrie, les djihadistes de l'EI ont vu leur «califat» autoproclamé se réduire comme peau de chagrin sous le coup de multiples offensives.

«Les menaces sur l'État égyptien (viennent) de toutes les directions», a insisté M. el-Refaï, soulignant l'attention particulière portée sur la frontière occidentale avec la Libye, un pays en proie à l'instabilité politique et sécuritaire.

Cinquante-trois djihadistes ont été tués depuis le début de cette opération, a affirmé M. el-Refaï. Cinq djihadistes et plus de 600 personnes, criminels recherchés ou suspectés de soutien aux extrémistes, ont été arrêtés. Certains d'entre eux sont de nationalité «arabe ou d'autres États», a ajouté le porte-parole sans donner plus de précisions.

Durant cette conférence de presse à la communication particulièrement verrouillée, les responsables des forces de sécurité ont tenu à insister sur leur engagement auprès des civils.

Les services de santé sont assurés, a assuré un responsable militaire. La région du Sinaï bouclée par l'armée n'est en revanche pas accessible aux journalistes.

Fin novembre, le président égyptien avait donné trois mois à son chef d'état-major et son ministre de l'Intérieur pour rétablir la sécurité et la stabilité dans le Sinaï.

Cette injonction avait été lancée quelques jours après une attaque contre une mosquée dans le nord de la péninsule qui avait fait plus de 300 morts. Cet attentat, le plus meurtrier de l'histoire récente de l'Égypte, n'a pas été revendiqué.




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