Nouvel assaut des forces irakiennes à Mossoul

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Les forces irakiennes combattent aux abords de la vieille ville depuis des semaines, mais font face à une farouche résistance des djihadistes accusés d'utiliser les civils comme des boucliers humains.

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Le groupe État islamique

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Ahmad MOUSSA, Ammar KARIM
Agence France-Presse
ERBIL et Bagdad

Les forces irakiennes sont reparties lundi à l'assaut contre le groupe État islamique (EI) à Mossoul, où des frappes ont tué de nombreux civils, jetant une ombre sur l'offensive soutenue par la coalition internationale antidjihadistes.

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L'EI «a commencé à utiliser des citoyens comme boucliers humains et nous essayons de les viser avec des tireurs d'élite», a indiqué à l'AFP le porte-parole du Commandement des opérations conjointes, le général Yahya Rasool.

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Le chef des forces américaines au Moyen-Orient, Joseph Votel, a qualifié de « terrible tragédie » la mort de civils dans des bombardements aériens à Mossoul, qui font l'objet d'une enquête des autorités irakiennes et d'une autre de la coalition pilotée par Washington.

La Russie a indiqué lundi avoir demandé la tenue d'une réunion spéciale du Conseil de sécurité de l'ONU sur la situation dans la grande ville du nord de l'Irak et a affirmé « surveiller la situation de très près ».

Après la secousse provoquée par la découverte de victimes civiles dans des raids aériens ces derniers jours, les forces irakiennes ont annoncé lundi relancer l'offensive contre l'EI dans la vieille ville de Mossoul, dans l'ouest de la deuxième cité d'Irak.

C'est dans cet entrelacs de rues étroites et densément peuplées où sont encore pris au piège 400 000 civils selon l'ONU que la résistance des djihadistes se concentre depuis que les forces irakiennes ont lancé la bataille pour reprendre Mossoul-Ouest le 19 février.

Depuis cette date, plus de 200 000 civils ont fui les combats à Mossoul-Ouest, selon des chiffres officiels irakiens.

La partie orientale de Mossoul, coupée par le fleuve Tigre, avait été reprise en janvier après trois mois de combats.

« Boucliers humains »

« La police fédérale et la Force de réaction rapide [du ministère de l'Intérieur] ont commencé à avancer aujourd'hui sur l'axe sud-ouest de la vieille ville », a indiqué le commandant de la police fédérale, le général Raëd Chaker Jawdat, dans un communiqué.

La rue Farouk située à proximité de la mosquée Al-Nouri, en est l'un des principaux objectifs, a-t-il ajouté.

Cette mosquée a une valeur très symbolique pour l'EI. C'est là que son chef Abou Bakr al-Baghdadi a fait en juillet 2014 sa seule apparition publique après la proclamation par le groupe ultraradical d'un « califat » sur les territoires conquis en Irak et en Syrie voisine.

Les forces irakiennes combattent aux abords de la vieille ville depuis des semaines, mais font face à une farouche résistance des djihadistes accusés d'utiliser les civils comme des boucliers humains.

L'EI « a commencé à utiliser des citoyens comme boucliers humains et nous essayons de les viser avec des tireurs d'élite », a indiqué à l'AFP le porte-parole du Commandement des opérations conjointes, le général Yahya Rasool.

La semaine dernière, des responsables irakiens et des témoins ont affirmé que des dizaines voire des centaines de civils avaient trouvé la mort à proximité de la vieille ville, dans le quartier de Mossoul al-Jadida, dans des frappes aériennes.

Dimanche, des membres de la défense civile et des volontaires se sont affairés à retirer des corps des gravats dans ce quartier, où au moins six maisons ont été totalement détruites, a constaté un photographe de l'AFP.

« Tragédie »

Seules l'armée irakienne et la coalition internationale antidjihadistes - dont font partie, entre autres, la France et la Grande-Bretagne - mènent des frappes aériennes dans cette zone.

Une enquête est en cours pour vérifier qui de l'armée irakienne ou de la coalition a effectué ces frappes et dans quelles conditions.

La coalition a reconnu samedi avoir procédé à un raid aérien le 17 mars dans une zone de la ville où des pertes civiles ont été rapportées, sans préciser de quel secteur il s'agissait.

Paris a « déploré » lundi « les nombreuses pertes civiles que peuvent entraîner les combats dans lesquels la coalition » antidjihadistes est engagée en Irak, sans pour autant explicitement mentionner la responsabilité de la coalition.

Le ministre russe des Affaires étrangères, dont le pays ne fait pas partie de cette coalition, a affirmé de son côté que « la tragédie du 17 mars [...] avait vu plus de 200 civils mourir, selon certains calculs ».

« C'est inhabituel, de par l'ampleur et de par le fait que ce bombardement a duré plusieurs heures », a ajouté Sergueï Lavrov. « Ne pas parvenir à vérifier que l'on frappe les bonnes cibles pendant un laps de temps aussi long, c'est plutôt étrange de la part de l'armée américaine ».

La Russie, accusée de « crimes de guerre » par les Occidentaux lors du siège d'Alep, en Syrie, l'an dernier, notamment pour avoir bombardé des civils, « va poser des questions » sur Mossoul devant le Conseil de sécurité, dont elle a demandé une réunion spéciale, a prévenu M. Lavrov.




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