Les forces irakiennes reprennent une sinistre prison près de Mossoul

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«L'accent est mis sur la libération des zones libérées et le désamorçage (des bombes) dans les maisons piégées», a expliqué à l'AFP le colonel Abdel Amir al-Mohammedawi, des Forces d'intervention rapide, unité d'élite du ministère de l'Intérieur.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Consultez notre dossier sur le groupe djihadiste État islamique. »

Tony GAMAL-GABRIEL, Delil SOULEIMAN
Agence France-Presse
Mossoul et Minbej

Le groupe État islamique a subi un double échec en Irak mercredi, à Mossoul, avec la perte d'une prison tristement célèbre, où les djihadistes auraient exécuté des centaines de personnes, et la fuite annoncée de son chef,  Abou Bakr al-Baghdadi.

Selon un responsable de la Défense américain, Abou Bakr al-Baghdadi n'est en effet plus à Mossoul, où il avait fait sa seule apparition publique en juillet 2014, peu après la prise de la deuxième ville du pays par ses hommes de l'EI.

«Il a probablement quitté Mossoul avant que Mossoul et Tal Afar ne soient isolées par les forces irakiennes», selon ce responsable, en référence à un autre bastion de l'EI, à l'ouest.

Le chef de l'EI «n'exerce probablement aucune influence tactique sur la manière dont la bataille est menée» contre les forces irakiennes à Mossoul. «Il a probablement donné de grandes orientations stratégiques» à ses chefs militaires sur place et les a laissés mener le combat, a-t-il ajouté, sous couvert d'anonymat.

Abou Bakr al-Baghdadi est traqué par le commandement américain des forces spéciales (Socom) et les agences de renseignement américaines, comme l'avait été avant lui le chef d'Al-Qaïda Oussama Ben Laden. 

Nouveaux quartiers repris

Sur le terrain, la prison de Badouch, située au nord-ouest de la ville, a été reconquise par les forces de la 9e division blindée et un groupe paramilitaire, a annoncé l'armée, sans indiquer si des détenus s'y trouvaient toujours.

C'est dans cette prison qu'en juin 2014 les djihadistes avaient exécuté 600 détenus, principalement des chiites, les forçant à s'agenouiller près d'un ravin avant de les y pousser et de brûler leurs corps, selon Human Right Watch.

Une députée yézidie, Vian Dakhil, avait affirmé la même année que dans cette prison les djihadistes détenaient plus de 500 femmes de cette minorité religieuse qu'ils considèrent comme hérétique.

L'armée a par ailleurs annoncé mercredi la reprise de deux nouveaux quartiers de Mossoul dans le cadre de l'offensive lancée le 19 février sur l'ouest du dernier grand bastion de l'EI dans le pays.

Ces quartiers s'ajoutent à ceux repris depuis dimanche, où les militaires se sont concentrés sur «le désamorçage» des bombes «dans les maisons piégées», a expliqué à l'AFP le colonel Abdel Amir al-Mohammedawi, des Forces d'intervention rapide, unité d'élite du ministère de l'Intérieur.

Mossoul est aujourd'hui l'une des villes les plus minées au monde, a alerté mercredi l'ONG Handicap international.

«Étape importante» 

«La libération du centre-ville est une première et très importante étape pour entamer la libération de la vieille ville», a précisé le colonel Mohammedawi, en référence à une zone proche du centre que les forces irakiennes ont reprise ces derniers jours.

Ce secteur abrite des bâtiments administratifs, notamment celui de la province de Ninive, ainsi que le musée de Mossoul, où les djihadistes avaient mis en scène la destruction de trésors archéologiques, provoquant un tollé international.

Les organisations humanitaires craignent pour les 750 000 habitants de Mossoul-ouest, dont la majeure partie est restée sur place et manque de nourriture et de soins. Quelque 50 000 d'entre eux ont été déplacés par les combats, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Les combattants djihadistes ne seraient plus de leur côté que «2500 dans l'ouest de Mossoul», selon le responsable américain.

Lancée le 17 octobre, l'opération pour reprendre Mossoul a déjà permis la «libération» de la moitié est de la ville fin janvier. 

Des canons des Marines 

Acculés en Irak, les djihadistes sont également sur le recul en Syrie voisine.

Ils font face à trois forces rivales: les troupes turques et leurs alliés rebelles syriens dans le nord, les forces gouvernementales syriennes appuyées par la Russie, et une alliance arabo-kurde soutenue par les États-Unis autour de leur fief de Raqa.

Les États-Unis ont par ailleurs déployé une batterie d'artillerie des Marines avec des canons de 155 mm pour appuyer l'offensive sur Raqa.

L'envoi de ces canons marque une implication accrue des militaires américains en Syrie, qui sont environ 500 soldats. L'administration Trump est en train d'examiner le plan pour vaincre l'EI demandé par le président américain au Pentagone.

Selon la presse américaine, ce plan prévoit l'envoi d'artillerie mais aussi de forces spéciales supplémentaires et d'hélicoptères d'attaque.

Mardi soir, les forces gouvernementales ont repris aux djihadistes la station de pompage d'al-Khafsa qui alimente Alep en eau courante.

Située près du fleuve Euphrate, cette station avait été mise hors service par l'EI après la reprise d'Alep par le régime en décembre, laissant les habitants de la deuxième ville de Syrie sans eau courante.

Repli 

Selon le même responsable américain, le groupe État Islamique prévoit de se replier sur la vallée de l'Euphrate, après la perte de Mossoul et celle de Raqa, en Syrie.

«Je ne pense pas que (les djihadistes) aient renoncé» à tenir des territoires dans le cadre d'un «califat», a encore ajouté le responsable américain.

«Ils font des plans pour continuer à fonctionner comme un pseudo-État centré sur la vallée de l'Euphrate», à l'est de la Syrie et l'ouest de l'Irak, après la chute de Mossoul et de Raqa, a-t-il poursuivi.

Selon ce dernier, les djihadistes ont perdu «65% du terrain» qu'ils contrôlaient à leur expansion maximum en 2014. Au total, «près de la moitié des combattants» dont disposait le groupe État islamique à son apogée ont été tués, selon le responsable de la Défense.

Le Pentagone estime qu'ils ne disposent plus désormais qu'au maximum de 15 000 hommes.




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