Lutte contre l'EI: la Maison-Blanche examine ses options

Un drapeau du groupe État islamique a été... (PHOTO ALAA AL-MARJANI, ARCHIVES REUTERS)

Agrandir

Un drapeau du groupe État islamique a été peint sur un hôpital du district de Wahda, à l'est de Mossoul, endommagé lors des combats contre les forces armées irakiennes, en janvier dernier.

PHOTO ALAA AL-MARJANI, ARCHIVES REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Le groupe État islamique

International

Le groupe État islamique

Consultez notre dossier sur le groupe djihadiste État islamique. »

Laurent BARTHELEMY
Agence France-Presse
WASHINGTON

La Maison-Blanche a reçu lundi les options proposées par le Pentagone pour intensifier la lutte contre les djihadistes du groupe État islamique (EI) et imprimer sa marque sur une bataille commencée il y a deux ans et demi.

Le plan préparé par le secrétaire à la Défense Jim Mattis va maintenant être discuté par les principaux responsables de l'administration américaine.

Le Pentagone est resté très vague sur le contenu du document présenté par Jim Mattis et n'a donné aucune indication sur le calendrier des décisions à prendre.

Il s'agit simplement de fixer « un cadre pour une discussion à venir », a déclaré le porte-parole du Pentagone Jeff Davis.

Ce cadre pour « vaincre rapidement l'EI » est « large » et « global », a-t-il indiqué.

Il « n'est pas simplement militaire », et « ne concerne pas seulement l'Irak et la Syrie », a-t-il dit.

Pendant sa campagne, Donald Trump ne s'était pas privé de brocarder les généraux américains et la lenteur des progrès obtenus en Irak et en Syrie contre l'EI.

Le 28 janvier, huit jours après son investiture, il avait donné 30 jours au Pentagone pour préparer un nouveau plan accélérant la campagne contre l'EI.

Depuis deux ans et demi, les djihadistes ont perdu du terrain en Syrie et surtout en Irak. Mais ils n'ont pas encore été chassés de Mossoul, la ville irakienne d'où les djihadistes avaient symboliquement proclamé leur « califat », ni de Raqa dans l'est de la Syrie, leur capitale de facto.

Parmi les choix possibles, la nouvelle administration américaine peut augmenter le nombre de conseillers militaires américains en Syrie et en Irak, voire autoriser des soldats américains à participer directement aux combats contre les djihadistes.

Barack Obama s'était catégoriquement opposé à cette dernière option. Il a toutefois envoyé plus de 5000 soldats américains en Irak pour entraîner et conseiller les troupes irakiennes. Environ 500 conseillers militaires américains se trouvent en Syrie.

Reprendre Raqqa

Le général Joe Votel, le chef des forces américaines au Moyen-Orient, n'a pas exclu la semaine dernière lors d'une visite sur le terrain que les effectifs militaires américains puissent être renforcés en Syrie.

« Il se peut que nous soyons obligés de prendre sur nous une charge plus importante », a-t-il dit.

Car si la coalition peut s'appuyer en Irak sur les forces contrôlées par le gouvernement de Bagdad, la situation est beaucoup plus compliquée en Syrie.

Et la coalition n'a pas encore tranché la question de qui devra effectivement reprendre Raqqa.

La plus grande partie des gains enregistrés sur les djihadistes dans le pays ont été réalisés par des milices kurdes, qui se sont alliées avec des groupes arabes pour former les Forces démocratiques syriennes (FDS).

L'administration Trump pourrait décider d'apporter un soutien plus important aux FDS, notamment en leur fournissant des armes plus sophistiquées que les armes légères et les VUS blindés livrés jusqu'à présent.

« La seule force capable de reprendre Raqa rapidement, c'est la composante arabe des FDS », a encore rappelé lundi le porte-parole du Pentagone Jeff Davis.

Mais la Turquie, allié stratégique de Washington dans la région, estime que les FDS ne sont qu'un paravent pour les milices kurdes YPG, qu'Ankara considère comme un groupe terroriste.

La Turquie a proposé aux États-Unis de reprendre elle-même Raqqa avec ses alliés rebelles syriens.

De fait, l'administration Trump n'a pas à résoudre un problème seulement militaire mais aussi politique, consistant à déterminer qui contrôlera les zones reprises aux djihadistes à Raqqa et dans l'est de la Syrie.

« Tous ceux d'entre nous qui ont participé » aux conflits au Moyen-Orient « ces 15 dernières années savent que ce que (les militaires font) sur le terrain doit s'inscrire dans le contexte d'objectifs politiques, ou bien cela ne peut pas réussir », a averti la semaine dernière à Washington le général Joe Dunford, le chef d'état-major interarmées américain.

L'administration Trump comptait sur le réchauffement des relations américaines avec Moscou, acteur clef du conflit syrien, pour faciliter la résolution de ces questions politiques sur la Syrie de l'après-EI.

Mais ce réchauffement ne semble pas avoir progressé, et Donald Trump n'a toujours pas planifié de rencontre avec son homologue Vladimir Poutine.

Les décisions que Donald Trump s'apprête à prendre sur l'EI seront aussi un test de ses relations avec Jim Mattis, son ministre de la Défense, et de l'attelage qu'ils forment ensemble.

Autant Donald Trump n'hésite pas à multiplier les déclarations fracassantes - comme lorsqu'il voulait « bombarder à mort » les djihadistes ou « éliminer » leurs familles - autant l'ancien général Mattis s'est montré mesuré, et soucieux de respecter les alliances traditionnelles des États-Unis.




À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer