Pénuries en tout genre pour les Irakiens assiégés dans l'ouest de Mossoul

Deux déplacées de Mossoul combattent le froid.... (Photo Ahmed Jadallah, archives REUTERS)

Agrandir

Deux déplacées de Mossoul combattent le froid.

Photo Ahmed Jadallah, archives REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Le groupe État islamique

International

Le groupe État islamique

Consultez notre dossier sur le groupe djihadiste État islamique. »

Marisol RIFAI, Jean-Marc MOJON
Agence France-Presse
Erbil et Bagdad

Pénuries d'eau et d'électricité, manque de nourriture et hausse des prix: pour les centaines de milliers d'Irakiens assiégés dans la partie occidentale de Mossoul aux mains du groupe Etat islamique (EI), les conditions se détériorent rapidement et le pire est à craindre.

«Nous essayons de faire des provisions, mais il ne nous reste que très peu de produits alimentaires à la maison», raconte à l'AFP Oum Samir, une mère de famille habitant le quartier de Ras al-Jadda dans l'ouest de la deuxième ville d'Irak.

Après avoir repris aux djihadistes en janvier la partie orientale de Mossoul, les forces irakiennes se préparent maintenant à lancer l'assaut pour reconquérir la partie ouest de la cité septentrionale.

L'étau se resserre autour des djihadistes encerclés dans leur dernier grand fief d'Irak, mais aussi autour des quelque 750 000 habitants qui se serrent davantage la ceinture, car ils manquent pratiquement de tout.

Avec la destruction de tous les ponts liant les deux rives du fleuve Tigre, la bataille pour la reconquête de la partie orientale risque d'être la plus acharnée depuis le début, le 17 octobre, de l'offensive pour reprendre la ville aux djihadistes.

«Nous ne mangeons qu'une fois par jour», se désole Oum Samir, contactée par téléphone par l'AFP comme d'autres habitants du secteur qui ont tous refusé de donner leur nom de famille.

Étalages presque vides

«Les étalages des magasins sont presque vides et quand on trouve quelque chose c'est hors de prix!», dit-elle en donnant les exemples d'un kilo d'oignons à 15 000 dinars (environ 12 dollars) et de 30 oeufs à 50 dollars.

Même le sucre est impossible à trouver dans un pays où le thé est consommé en grande quantité et avec beaucoup de sucre. «Les gens sont tellement désespérés qu'ils utilisent des substituts de sucre pour diabétiques pour l'ajouter au thé», poursuit cette femme.

Abou Mohammed, qui habite dans le quartier d'al-Chafa, affirme que les commandants djihadistes dans la ville, pour la plupart des étrangers, ne souffrent pas des pénuries et parviennent à se procurer des vivres.

«Par contre, les combattants de l'EI sont dans la même situation que les habitants», dit-il.

Mais outre les pénuries, Abou Mohammed raconte la terreur croissante exercée par les djihadistes sur les habitants, avant l'offensive prévue des forces gouvernementales aidées de l'aviation de la coalition internationale dirigée par les États-Unis.

Toujours ciblés par des raids de cette coalition, les membres de l'EI qui contrôlent Mossoul depuis juin 2014 deviennent de plus en plus paranoïaques.

«Ils prennent d'assaut les maisons à la recherche de téléphones portables. Si tu en as un, tu es condamné à une mort immédiate», confie-t-il.

Brûler des vêtements

Certains habitants qui avaient caché leurs téléphones portables depuis 2014 ont fini par les détruire de peur des représailles.

D'autres ont dû quitter leurs maisons à cause des préparatifs des djihadistes pour faire face à l'offensive gouvernementale, notamment le long du Tigre.

Ces derniers ont même fait des trous dans les murs des maisons pour se faufiler de l'une à l'autre sans être repérés du ciel.

D'autres maisons sont carrément saisies par les djihadistes. Ce qui laisse aux habitants le choix d'abandonner leur demeure ou d'y rester et de risquer de devenir une cible militaire.

«Nous sommes extrêmement préoccupés par la rapide détérioration des conditions dans l'ouest de Mossoul», a déclaré la coordinatrice des opérations humanitaires de l'ONU en Irak, Lise Grande. «Les familles font face à de graves problèmes, la moitié des magasins sont fermés».

Abdel Karim al-Obeidi, chef d'une organisation de la société civile à Mossoul, a appelé le gouvernement à larguer des vivres et des médicaments par voie aérienne.

L'eau, l'électricité et le carburant manquent cruellement. Les habitants racontent brûler leurs propres meubles pour rester au chaud dans une ville où les températures sont tombées au-dessous de zéro ces dernières semaines.

Habitant le quartier Tammouz 17, Abou Zeid, un père de famille, a dû rassembler de vieux vêtements et des bricoles pour s'en servir comme carburant. «Nous avons des valises remplies d'anciens vêtements au sous-sol. Nous passerons beaucoup de temps là une fois la bataille lancée».




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer