L'ouest de Mossoul en ligne de mire des forces irakiennes

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Trois mois ont été nécessaires aux dizaines de milliers de combattants des forces irakiennes et kurdes, appuyés par l'aviation de la coalition internationale dirigée par Washington, pour encercler Mossoul puis reprendre l'est de la ville.

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Le groupe État islamique

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W.G. Dunlop
Agence France-Presse
Mossoul

Après avoir annoncé la «libération» de la partie est de Mossoul, les forces irakiennes préparent l'offensive sur l'autre rive du Tigre, en particulier sur la vieille ville où se sont rassemblés les djihadistes au milieu d'une population dense.

Dans l'attente de cette nouvelle phase, des opérations ont été menées jeudi pour supprimer les dernières poches du groupe État islamique (EI) dans le nord-est de la deuxième ville d'Irak.

Les forces irakiennes ont ainsi repris une zone du nord-est où sont notamment situés un palais présidentiel et un grand hôtel, ainsi que la localité de Talkif, à la périphérie, qu'elles assiégeaient depuis des semaines, selon le centre de commandement.

Ces forces sont menées par les unités d'élite du contre-terrorisme (CTS), en première ligne pour la reprise de la partie est, qui marque une étape majeure dans l'offensive d'envergure lancée le 17 octobre par Bagdad.

Trois mois ont été nécessaires aux dizaines de milliers de combattants des forces irakiennes et kurdes, appuyés par l'aviation de la coalition internationale dirigée par Washington, pour encercler Mossoul puis reprendre l'est de la ville.

Le premier ministre Haider al-Abadi avait déclaré autour du Nouvel An que trois mois supplémentaires seraient nécessaires pour débarrasser le pays de l'EI, qui s'était emparé de larges pans du territoire en 2014.

Les forces de sécurité s'attendent en effet à une féroce résistance dans la partie ouest de Mossoul, toujours contrôlée par le groupe ultraradical sunnite et où des centaines de milliers de civils sont pris au piège.

«Opération délicate»

«La coalition et les forces de sécurité irakiennes doivent s'attendre à ce que la partie ouest soit le combat le plus difficile à Mossoul», met en garde Patrick Martin, spécialiste de l'Irak à l'Institute for the Study of War à Washington.

Car «il s'agit d'une zone urbaine plus dense, avec des quartiers plus vieux et des rues plus étroites qui vont rendre les opérations délicates», selon lui.

Il rappelle en outre que «l'EI et les groupes insurgés sunnites ont aussi bénéficié d'un soutien historique dans les zones de l'ouest de Mossoul», une ville peuplée majoritairement de sunnites. Les forces fédérales pourraient ainsi rencontrer des habitants plus hostiles que dans la partie est.

Selon les estimations des Nations unies, quelque 750 000 personnes vivent toujours dans la partie ouest, qui inclut la vieille ville et des lieux stratégiques comme la mosquée où le leader de l'EI Abou Bakr al-Baghdadi avait proclamé un «califat» en juin 2014.

Le colonel John Dorrian, porte-parole de la coalition, prédit aussi une bataille difficile, mais souligne que les djihadistes ont été sérieusement affaiblis depuis octobre. La coalition a ainsi mené près de 10 000 frappes sur leurs positions de l'EI dans la région de Mossoul depuis cette date.

Peur pour les civils

«Ils ont perdu de nombreux combattants, beaucoup de ressources, d'engins explosifs improvisés et d'armes durant la première phase de cette bataille», a-t-il relevé. «La ville est à tous égards encerclée, de sorte qu'ils ne seront pas en mesure de se réapprovisionner.»

Les combats dans Mossoul sont rendus difficiles par la présence des habitants, qui étaient estimés à deux millions avant la prise de la ville par l'EI. Environ 150 000 personnes ont été déplacées par les combats depuis trois mois selon l'ONU.

«Beaucoup de familles ont échappé aux horreurs de Mossoul, mais au moins 300 000 enfants restent pris au piège dans l'ouest de la ville et craignent désormais la perspective d'un siège brutal», a averti Misty Buswell de l'ONG Save the Children. «Dans les rues étroites et densément peuplées de la vieille ville, les enfants et leurs familles courent un danger encore plus grand d'être pris entre deux feux», selon elle.

La perte de Mossoul affaiblirait fortement l'EI, qui a déjà perdu en 2016 près du quart (23 %) du territoire qu'il contrôlait en Irak et en Syrie, selon une étude publiée jeudi par le cabinet d'analyse IHS Markit. La superficie de son «califat» proclamé a ainsi fondu de 78 000 km2 à 60 400 km2.




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