Les attentats de Paris et Bruxelles décidés par le haut commandement de l'EI

Le 13 novembre 2015, 90 personnes ont été... (Photo Kamil Zihnioglu, archives Associated Press)

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Le 13 novembre 2015, 90 personnes ont été tuées par trois djihadistes au Bataclan lors des attentats de Paris. L'intervention d'un policier de passage a permis de tuer l'un des assaillants et de confiner les deux autres à l'étage.

Photo Kamil Zihnioglu, archives Associated Press

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Le groupe État islamique

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Matthieu DEMEESTERE
Agence France-Presse
BRUXELLES

La cellule djihadiste à l'origine des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et du 22 mars 2016 à Bruxelles a pris ses ordres « très haut » dans le commandement de l'organisation État islamique, a affirmé mercredi le procureur fédéral belge Frédéric Van Leeuw dans un entretien à l'AFP.

« On sait que les ordres sont venus de la zone État islamique (...) ça remonte très haut dans le commandement de (l'organisation) État islamique », a déclaré le chef du parquet fédéral, en charge des enquêtes antiterroristes en Belgique.

Il n'a pas précisé si les commanditaires se trouvaient côté irakien ou syrien de la zone contrôlée par l'EI, soulignant que certains de ses dirigeants - comme son chef Abou Bakr al-Baghdadi - ont « bougé » d'une grande ville à l'autre, syrienne ou irakienne, au gré des frappes de la coalition menée par les États-Unis pour les neutraliser.

Pour M. Van Leeuw, l'identification du Belgo-marocain Oussama Atar comme étant l'un des commanditaires des attentats depuis la Syrie est « une hypothèse de travail parmi d'autres ».

« Il y a toute une série de vérifications à faire », a-t-il observé, insistant sur la difficulté à conduire des investigations dans cette zone.

Les attentats, qui ont fait 130 morts à Paris et 32 à Bruxelles, revendiqués par l'EI, ont été perpétrés par une seule et même cellule majoritairement franco-belge, « les logisticiens d'un dossier devenant les opérationnels du suivant » selon le procureur fédéral.

Et malgré d'« énormes progrès », l'enquête ouverte après les attaques du 13 novembre (à Paris), - dont « la plus grosse partie » est en Belgique d'où sont partis les commandos - « est loin d'être terminée », tant au niveau belge qu'au niveau français », souligne M. Van Leeuw.

« On est confrontés après le 13 novembre à un véritable puzzle », avec « certaines pièces encore à trouver » et « d'autres qu'on a, mais dont on ne sait où les placer ».

Huit suspects sont actuellement incarcérés en France dans le cadre de cette enquête, et six en Belgique, sur un total de 19 inculpés dans ce dernier pays, soupçonnés d'avoir été mêlés à des degrés divers à la préparation des attaques ou aux quatre mois de cavale de Salah Abdeslam, le seul survivant des commandos.

Quatre autres suspects ont aussi été écroués en Italie, au Maroc, en Algérie et en Turquie.

Des zones d'ombre, des suspects encore recherchés -

Selon le procureur fédéral, il est impossible encore d'anticiper une date de procès pour aucun des attentats. Il y a encore « pas mal de zones d'ombre dans le dossier du 22 mars (attaques à Bruxelles) » également, d'après lui.

Depuis des mois, les enquêteurs s'interrogent sur un mystérieux surnom, « Abou Ahmad », cité à plusieurs reprises dans les investigations sur la cellule à l'origine des attentats.

Cet homme est notamment suspecté d'avoir missionné deux des kamikazes du Stade de France et un autre tandem de potentiels assaillants, retardé dans son cheminement vers Paris à l'automne et arrêté en Autriche en décembre.

Il pourrait s'agir d'Oussama Atar qui est « le seul coordinateur depuis la Syrie à avoir été identifié en l'état des investigations », a dit mardi à l'AFP une source proche de l'enquête en France.

Ex-prisonnier des geôles américaines en Irak dans les années 2000, ce Belgo-Marocain était retourné en Belgique après sa libération en 2012.

Oussama Atar était ensuite reparti en zone irako-syrienne, mais sa trace avait été perdue par les services de renseignement il y a plusieurs mois.

« On doit un peu abandonner cette idée qu'il est possible de suivre des gens 24 heures sur 24, c'est totalement impossible, que ce soient les services belges ou les services français qui ont des plus gros moyens », a fait valoir Frédéric Van Leeuw.

Le mouvement de soutien politico-humanitaire dont avait bénéficié Oussama Atar lors de sa détention en Irak, et sa disparition des radars à son retour, avaient suscité un début de polémique en Belgique cet été quand les médias l'ont présenté pour la première fois comme un des suspects des attentats activement recherchés.

Enfin les enquêteurs cherchent encore la trace d'un des trois hommes que Salah Abdeslam a ramené d'Ulm (Allemagne) vers la Belgique le 3 octobre 2015.

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