Syrie: une offensive lancée à Raqqa, fief de l'EI

Les FDS, qui comptent 30 000 combattants, ont... (Photo AFP)

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Les FDS, qui comptent 30 000 combattants, ont été promus par Washington comme un allié clé contre l'EI, mais cette alliance est compliquée par l'opposition féroce aux YPG des Turcs, allié des Américains au sein de l'OTAN.

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Le groupe État islamique

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Delil SOULEIMAN, Sarah BENHAIDA
Agence France-Presse
Aïn Issa et Mossoul

La force arabo-kurde soutenue par les États-Unis a lancé dimanche une grande offensive pour reprendre Raqqa, «capitale» du groupe État islamique (EI) en Syrie, accroissant la pression sur les djihadistes déjà acculés à Mossoul en Irak.

Distantes de près de 400 km, Mossoul et Raqqa sont les deux dernières grandes villes contrôlées par l'EI, qui a perdu une grande partie des territoires conquis en 2014 en Syrie et en Irak.

«La grande bataille pour la libération de Raqqa et de sa province a commencé», a annoncé la porte-parole de l'offensive Jihan Cheikh Ahmad, à Aïn Issa, une localité située à une cinquantaine de km au nord de Raqqa.

«La bataille ne sera pas facile (...) mais il faut (...) entraver la capacité du groupe (EI) à mener des attaques terroristes contre les États-Unis, nos alliés et nos partenaires», a déclaré le secrétaire à la Défense américain Ashton Carter.

Baptisée «Colère de l'Euphrate», l'offensive a débuté samedi soir sous la houlette des Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance anti-EI dominée par les Kurdes, mais qui comprend aussi des combattants arabes et turkmènes.

Depuis, cette force s'est emparée de 10 villages et de plusieurs hameaux de cette région du nord de la Syrie, a indiqué à l'AFP en fin d'après-midi Mme Ahmad, jointe par téléphone de Beyrouth.

Un correspondant de l'AFP a vu des dizaines de combattants se diriger à bord de véhicules vers le front depuis Aïn Issa, la position des FDS la plus proche de Raqqa.

Sur une colline désertique à un kilomètre d'Aïn Issa, il a pu voir au moins un soldat portant un écusson américain sur son casque avec des combattants des FDS, près d'un véhicule tout terrain transportant du matériel militaire.

«Raqqa sera libérée grâce à ses enfants (...) arabes, kurdes et turkmènes, des héros combattant sous la bannière des FDS, avec la participation active des Unités de protection du peuple kurde (YPG) et des Unités de protection de la femme (YPJ), en coordination avec la coalition internationale», a déclaré la porte-parole de l'offensive.

«Nous vaincrons»

«Nous vaincrons comme à Kobané, Tall Abyad, Hassaké, al-Hol, Chaddadé et Minbej», a renchéri Mme Ahmad, en référence aux villes perdues par l'EI en Syrie au cours des derniers mois.

Elle a précisé à l'AFP que les FDS ont avancé de 10 km à partir de deux axes partant du nord de Raqqa depuis les localités d'Aïn Issa et de Suluk.

À Raqqa, l'EI défendra son bastion car il sait que sa perte signifie sa fin en Syrie, a prévenu Talal Sello, porte-parole des FDS basé à Hassaké (nord-est).

En fin de soirée, les forces kurdes des YPG on démenti à l'AFP une annonce faite par l'EI qui affirmait avoir tué 14 de leurs combattants dans un attentat la voiture piégée près de Suluk. «Cette information est fausse et vise à porter atteinte à l'image des YPG, qui n'ont pas perdu de combattants», disent les YPG dans un communiqué.  L'Observatoire syrien des droits de l'Homme avait auparavant fait état d'un attentat mais qui n'avait pas fait de mort.

La reconquête se déroulera en «deux étapes: libérer la province de Raqqa pour isoler la ville, puis contrôler la ville», selon M. Sello.

La coalition internationale «a fourni une première livraison d'arsenal et d'équipements, dont des armes antichars», a précisé M. Sello. Tandis que «près de 50 conseillers et experts américains sont présents dans le centre d'opérations», selon une source du commandement des FDS.

Forte résistance à Mossoul

Les FDS, qui comptent 30 000 combattants, ont été promus par Washington comme un allié clé contre l'EI, mais cette alliance est compliquée par l'opposition féroce aux YPG des Turcs, allié des Américains au sein de l'OTAN.

M. Sello a affirmé que les FDS se sont mises d'accord avec les États-Unis sur le fait «qu'il n'y aura aucun rôle turc ou des rebelles qui leur sont alliés dans l'offensive» de Raqqa.

Les États-Unis sont en «contact étroit» avec la Turquie pour coordonner l'offensive sur la ville de Raqqa, a toutefois affirmé dimanche à Amman Brett McGurk, émissaire américain auprès de la coalition internationale anti-EI.

En août, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait indiqué que l'opération lancée par son armée pour chasser de la frontière syro-turque l'EI mais aussi les combattants kurdes, allait s'étendre à Raqqa, située à une centaine de km de la frontière turque.

Dans ce contexte, «la question (de la reprise de Raqqa) est loin d'être réglée. Qui appuie qui? Qui fait quoi? Tout cela n'est pas très clair», a commenté une source sécuritaire en France, un pays qui fait partie de la coalition.

Ankara veut également jouer un rôle dans la bataille de Mossoul, qui entre lundi dans sa quatrième semaine.

Les forces d'élite irakiennes combattent rue après rue les djihadistes dans les quartiers est de la ville, où «la résistance est très forte», a déclaré à l'AFP le lieutenant-général des forces d'élite (CTS) irakiennes, Abdelghani al-Assadi.

D'autres unités se rapprochent de la ville par le nord et le sud.

Ces combats poussent un nombre croissant de civils à fuir.

«Nous avons marché plusieurs kilomètres, avec seulement les vêtements que nous avions sur nous, et nous avons agité des drapeaux blancs tout au long du chemin», raconte Abou Sara, un habitant de Mossoul de 34 ans.

Avec 1,5 million d'habitants, la deuxième ville d'Irak est beaucoup plus importante que Raqqa, qui comptait avant le début du conflit en 2011 environ 240 000 habitants et après la guerre de nombreux djihadistes étrangers et leurs familles s'y sont installés.

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