L'offensive sur Mossoul gagne du terrain

Des familles déplacées marchent en direction d'un point... (PHOTO AFP)

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Des familles déplacées marchent en direction d'un point de contrôle près de Mossoul, le 22 octobre, alors qu'une épaisse fumée noire rend l'air difficilement respirable. Ils sont noirs d'encre, blancs ou jaunâtres : ces nuages de fumée proviennent de puits de pétrole, de tas de pneus ou de tranchées remplies de matières inflammables auxquels le groupe État islamique (EI) a mis le feu.

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Le groupe État islamique

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Sarah BENHAIDA, Ammar KARIM
Agence France-Presse
QARAQOSH et BAGDAD

Les forces d'élite irakiennes se rapprochaient mardi de l'est de Mossoul avec le soutien de la coalition internationale, dont les responsables se réunissent à Paris pour accentuer la lutte contre le groupe État islamique (EI).

La Turquie, de plus en plus impliquée dans le conflit irakien, a par ailleurs averti qu'elle pourrait lancer une opération terrestre dans le nord de l'Irak pour éliminer toute «menace» contre ses intérêts.

Huit jours après le début de l'offensive sur Mossoul, les unités d'élite du contre-terrorisme (CTS) irakien continuaient à progresser dans la banlieue est du dernier bastion de l'EI dans le pays.

«Sur notre front, nous sommes désormais à cinq ou six kilomètres de Mossoul», a affirmé le général Abdelghani al-Assadi, le commandant du CTS, à l'AFP. «Nous devons maintenant nous coordonner avec les forces des autres fronts pour lancer» un assaut «coordonné» sur Mossoul, a-t-il ajouté depuis la ville de Bartala.

Au nord-est, les peshmergas kurdes sont également proches de la ville mais sur le front sud les forces fédérales ont encore du chemin à parcourir avant d'atteindre sa banlieue.



Parallèlement, la situation devrait évoluer à l'ouest de Mossoul, un front jusqu'à présent calme. Les unités paramilitaires chiites de la mobilisation populaire (Hachd al-Chaabi) ont en effet reçu l'ordre de couper l'accès entre Mossoul et la Syrie.

«Notre mission est d'empêcher la fuite (de l'EI) vers la Syrie et d'isoler totalement Mossoul de la Syrie», a expliqué Jawad al-Tulaibawi, porte-parole de Asaib Ahl al-Haq, une puissante milice chiite, à l'AFP. «Nous nous attendons à une bataille violente et difficile».

Ces milices, qui ont joué un rôle clé dans les précédentes batailles contre l'EI, veulent également libérer la ville de Tal Afar, à l'ouest de Mossoul, qui était majoritairement peuplée de chiites avant sa conquête par l'organisation extrémiste sunnite en 2014.

La participation du Hachd al-Chaabi à l'offensive de Mossoul est source de tensions. Les dirigeants irakiens kurdes et arabes sunnites s'y opposent, tout comme Ankara, qui a déployé des soldats à l'est de Mossoul malgré les demandes répétées de Bagdad pour le retrait des troupes turques.

Des responsables irakiens et américains ont rapporté que des chefs de l'EI avaient déjà cherché à quitter Mossoul pour la Syrie. Mais des sources françaises ont au contraire fait état d'un mouvement inverse avec l'arrivée de «quelques centaines» de djihadistes en renfort dans la ville irakienne.

L'après-Mossoul en débat

Les progrès de l'offensive sur Mossoul doivent être analysés à la loupe par les ministres de la Défense de 13 pays participant à la coalition, dont les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, le Canada et l'Australie, rassemblés à Paris pour une cinquième réunion depuis le début de l'opération antijihadiste.

Faisant écho à de hauts gradés américains, les ministres devraient convenir que l'opération suit «le calendrier prévu, peut-être même en avance», selon un responsable.

Mais «on ne sait pas comment Daech va réagir» lorsque les forces irakiennes approcheront de la ville, a indiqué lundi l'entourage du ministre français de la Défense. «Il y a différentes hypothèses, qui vont d'une tentative de fuite généralisée pour se disperser vers de nouveaux théâtres, à une lutte à mort dans Mossoul pour infliger le maximum de pertes aux Irakiens et aux peshmergas kurdes».

Les estimations occidentales font état de 5000 à 6000 combattants de l'EI dans Mossoul.

Les pays de la coalition veulent aussi préparer les étapes ultérieures de la lutte pour éliminer définitivement l'EI, notamment en Syrie, où les djihadistes contrôlent encore notamment la ville de Raqa, dans le nord-est.

«Il faut limiter le risque de fuite massive depuis Mossoul vers Raqqa», a insisté l'entourage du ministre français Jean-Yves Le Drian.

Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter avait plaidé dimanche pour qu'une opération soit menée pour isoler Raqqa simultanément à l'offensive en cours contre Mossoul. Il y aurait 3000 à 4000 combattants de l'EI à Raqa, selon des estimations.

Mais la situation militaire est encore plus complexe en Syrie qu'en Irak avec un territoire extrêmement morcelé et l'implication de multiples acteurs syriens et internationaux, dont la Russie et l'Iran, alliés du régime de Damas.

Dans les deux pays, la Turquie affirme de plus en plus son intention de jouer un rôle clé dans la résolution des crises. Son chef de la diplomatie, Mevlüt Cavusoglu, a ainsi affirmé mardi qu'elle pourrait lancer une opération terrestre dans le nord de l'Irak pour éliminer toute «menace» contre ses intérêts. Plusieurs centaines de soldats turcs sont déployés sur la base de Bachiqa.

Le représentant en France des Kurdes de Syrie, Khaled Issa, a accusé mardi le régime turc d'«attaquer massivement» les combattants kurdes pour les empêcher de reprendre Raqa, accusant Ankara de «complicité» avec les djihadistes.

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