Journée meurtrière en Irak: 46 morts dans trois attaques

Un kamikaze est entré dans une tente funéraire... (Photo Ahmed Saad, REUTERS)

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Un kamikaze est entré dans une tente funéraire du quartier chiite d'al-Chaab, dans le nord de Bagdad, et s'est fait exploser au moment de la distribution du déjeuner.

Photo Ahmed Saad, REUTERS

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

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W.G. Dunlop
Agence France-Presse
BAGDAD

Au moins 46 personnes ont péri samedi en Irak dans plusieurs attaques, dont un attentat suicide revendiqué par le groupe Etat islamique (EI) à Bagdad, le plus meurtrier depuis des mois dans la capitale.

Ces violences interviennent au moment où les forces irakiennes s'apprêtent à lancer l'offensive pour reprendre aux djihadistes de l'EI leur place forte de Mossoul, deuxième ville d'Irak, située dans le nord du pays.

À Bagdad, un kamikaze s'est fait exploser dans une tente dans le quartier d'al-Chaab (nord) où des musulmans chiites recevaient des condoléances, tuant au moins 34 personnes et en blessant 36 autres, selon des sources médicales et des services de sécurité.

Dans un communiqué publié par son agence de propagande Amaq, le groupe radical sunnite a revendiqué l'attentat.

Selon un témoin, le kamikaze est entré dans la tente et s'est fait exploser au moment de la distribution du déjeuner. «J'ai vu 20 martyrs étendus sur le sol», a-t-il déclaré.

Sur les lieux de l'attaque, le sol était couvert de sang et jonché de débris et de morceaux de chaises en plastique, a constaté un photographe de l'AFP.

L'EI considère les chiites, majoritaires en Irak, comme «hérétiques» et lance fréquemment des attaques contre cette communauté, à Bagdad comme dans d'autres régions.

L'attaque de samedi est la plus sanglante dans la capitale irakienne depuis début juillet, lorsqu'un attentat suicide, revendiqué par l'EI, avait ciblé un quartier commerçant, faisant plus de 300 morts.

Des mesures destinées à renforcer la sécurité à Bagdad avaient été alors annoncées mais les attentats n'ont pas cessé.

Samedi également, douze personnes ont été tuées dans deux attaques au nord de la capitale, selon la police, mais elles n'avaient pas été revendiquées dans l'immédiat.

À Malha, une zone située à l'est de la ville de Tikrit, des kamikazes ont attaqué un poste de police, faisant huit morts et onze blessés, ont affirmé des responsables.

Et à Ichaqi, deux hommes ont tué par balles la femme et les trois enfants d'un chef d'une tribu locale, avant de se faire exploser alors qu'ils étaient cernés par les forces irakiennes.

Proposition turque

Les forces irakiennes, soutenues par la coalition internationale anti-djihadistes dirigée par Washington, ont regagné une grande partie du territoire conquis par l'EI en 2014.

Leur objectif est actuellement Mossoul mais cette opération, dont l'annonce est attendue pour les prochains jours, s'annonce comme la plus complexe dans la lutte contre le groupe extrémiste en Irak.

Mossoul est située tout proche de la région autonome du Kurdistan, dont les forces prennent une part active à la lutte contre l'EI.

«Tous les préparatifs pour la bataille en vue de libérer Mossoul ont été achevés», a affirmé samedi sur Twitter le leader du Kurdistan irakien Massoud Barzani. «Il est temps que la libération de Mossoul commence».

La Turquie, dont des centaines de militaires entraînent dans une base de la région des volontaires sunnites pour la bataille de Mossoul, semble toutefois tenue à l'écart des préparatifs par Bagdad.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé que son pays présenterait samedi à Lausanne -- où se tient une réunion internationale sur la Syrie -- une proposition de participation à l'offensive.

Il avait menacé vendredi de recourir à un «plan B» si l'armée turque n'était pas associée à l'opération.

Selon les Nations unies, l'offensive est susceptible de déclencher une crise humanitaire de grande ampleur compte tenu du nombre important de civils pris au piège dans la ville.

L'ONU estime qu'un million de personnes pourraient être déplacées par les combats.

La reprise de Mossoul ne marquerait toutefois pas la fin de la guerre contre l'EI, qui contrôle toujours d'importants pans du territoire irakien et détient encore une grande force de frappe, comme l'a montré l'attentat de samedi à Bagdad.

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