Syrie: le groupe État islamique chassé de la frontière turque

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Il s'agit d'un succès majeur pour Ankara, qui a lancé fin août une opération militaire dans le Nord syrien visant à la fois l'EI et les milices liées au parti kurde syrien PYD.

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Agence France-Presse
ISTANBUL

Le groupe djihadiste État islamique a été chassé des dernières positions qu'il tenait en Syrie, le long de la frontière turque, alors que le régime syrien assiégeait de nouveau les quartiers rebelles d'Alep.

Ces derniers développements interviennent tandis que sur le front diplomatique, Américains et Russes - qui soutiennent des camps opposés - ne parviennent pas à trouver un terrain d'entente.

«Depuis Azaz jusqu'à Jarablos, notre (bande frontalière) de 91 km a été totalement sécurisée. Toutes les organisations terroristes ont été chassées», a annoncé le premier ministre turc Binali Yildirim.

Un peu plus tôt, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) avait affirmé que l'EI avait «perdu tout contact avec le monde extérieur après avoir perdu les derniers villages frontaliers entre la rivière Sajour et (le village d')Al-Raï», dans le nord du pays.

Il s'agit d'un succès majeur pour Ankara, qui a lancé fin août une opération militaire dans le Nord syrien visant à la fois l'EI et les milices liées au parti kurde syrien PYD.

La perte de cette zone frontalière prive l'EI de points de passage pour les recrues et l'approvisionnement depuis la Turquie, même si l'organisation ultraradicale sunnite contrôle encore de larges pans de territoires en Syrie et en Irak.

Raids aériens massifs

Au sud d'Alep, «les forces armées (syriennes), en coopération avec leurs alliés, ont pris (dimanche) le contrôle total de la zone des académies militaires et nettoient les dernières poches de terroristes dans le secteur», a affirmé une source militaire citée par la télévision officielle.

Le régime syrien désigne comme «terroristes» tous les groupes qui luttent contre lui, qu'ils soient classés comme modérés, islamistes ou djihadistes.

Selon cette même source, cette prise de contrôle a permis de couper l'unique route d'approvisionnement entre le sud de la province d'Alep et les quartiers de la ville contrôlés par les rebelles, ouverte il y a un mois par les insurgés après leur prise du quartier de Ramoussa.

«Les quartiers est d'Alep sont de nouveau complètement assiégés», a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

Ce succès du régime été rendu possible grâce à des raids massifs de l'aviation russe sur les positions rebelles, selon l'Observatoire.

Ancienne capitale économique et deuxième ville du pays, Alep est divisée depuis quatre ans entre quartiers rebelles à l'est et prorégime à l'ouest et constitue un enjeu majeur du conflit complexe qui déchire la Syrie depuis 2011, dans lequel s'entrechoquent désormais acteurs locaux, régionaux et grandes puissances.

«Les Russes ont reculé»

À Alep, le régime a ainsi effacé sa défaite du 6 août. Ce jour-là, les rebelles, aidés du Front Fateh al-Cham (ex-Front al-Nosra ayant renoncé à son rattachement à Al-Qaïda), avaient chassé les forces loyalistes du sud de la ville et brisé le siège imposé depuis le 17 juillet à leurs quartiers.

Depuis cette date, l'armée syrienne, appuyée par les supplétifs des Forces de défense nationale (FND), des combattants chiites iraniens et du Hezbollah libanais, ainsi que par des frappes de l'aviation russe, n'ont eu de cesse de reprendre les positions perdues.

Ce nouvel épisode dans la bataille d'Alep survient alors que les États-Unis, qui appuient les rebelles, et la Russie, alliée du régime, n'ont pu se mettre d'accord pour réduire la violence qui a fait en cinq plus de 290 000 morts et jeté hors de chez elle plus de la moitié de la population.

Washington a accusé Moscou d'avoir «fait marche arrière» sur certains points dans ses négociations sur la Syrie, rendant impossible dans l'immédiat un accord de coopération entre les deux puissances.

«Les Russes ont reculé sur des points où nous pensions pourtant nous être mis d'accord, donc nous nous retournons vers nos capitales respectives pour consultation», a déclaré sous couvert d'anonymat un haut responsable du département d'État en marge du sommet du G20 à Hangzhou (Chine).

Le secrétaire d'État américain John Kerry a expliqué plus tard à la presse qu'il avait rencontré «pendant plusieurs heures» dimanche son homologue russe Sergueï Lavrov, sans parvenir à dissiper des divergences persistantes.

Les chefs de la diplomatie des deux États doivent se rencontrer à nouveau lundi matin, selon M. Kerry, ou même, selon le porte-parole du Kremlin, dès dimanche soir.

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