Les États-Unis promettent de terrasser la «tumeur» de l'EI

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

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Laurent BARTHELEMY, Nicolas REVISE, Shahzad ABDUL
Agence France-Presse
Andrews Air Force Base et Washington

Les États-Unis et leurs alliés de la coalition contre le groupe État islamique se sont engagés mercredi à terrasser la «tumeur» djihadiste en Syrie et en Irak et à combattre les «métastases» des attentats islamistes dans le monde.

Car si l'EI a reculé en Irak et en Syrie, elle a revendiqué ou a inspiré de terribles attaques ces dernières semaines à Nice, Istanbul, Bagdad, Orlando ou Dacca qui ont fait des centaines de victimes.

Dans ce contexte, le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a réuni près de Washington une trentaine de ses homologues étrangers, dont le Français Jean-Yves Le Drian et le Britannique Michael Fallon.

Le patron du Pentagone a promis de «détruire la tumeur mère de l'EI en Irak et en Syrie» et de «combattre les métastases de l'EI partout où elles se déclarent dans le monde», en allusion aux attentats qui se multiplient en Europe.

Le principal groupe d'opposition syrien a toutefois appelé la coalition à la «suspension immédiate des opérations militaires» contre l'EI en Syrie après des informations faisant état de dizaines de morts parmi les civils dans des bombardements.

S'exprimant depuis Washington, M. Le Drian a expliqué que les djihadistes répandaient à travers le globe une «idéologie de l'acte individuel, comme à Nice ou à Orlando, qui donne à certains déséquilibrés des destins validés» a posteriori par l'EI.

Le groupe extrémiste a menacé mercredi d'intensifier ses attaques contre la France dans une vidéo postée sur des réseaux sociaux, sur laquelle apparaissent deux djihadistes francophones qui félicitent l'auteur de la tuerie de Nice.

De son côté, le secrétaire d'État John Kerry, qui accueillait une conférence des donateurs pour l'Irak, a concédé que «le combat contre Daech est évidemment loin d'être terminé» en dépit des «progrès» réalisés.

Jeudi, il réunira à son tour ses homologues de pays membres de la coalition anti-EI mise sur pied à l'été 2014. Pilotée par les États-Unis, elle a mené en deux ans quelque 14.000 frappes en Syrie et en Irak.

Le chef de la diplomatie américaine a vanté «l'élan» contre les djihadistes mais a reconnu que «les actes de terrorisme restaient un danger quotidien permanent».

«Cent complots de l'EI depuis 2014» 

De fait, il y a eu plus de «100 complots terroristes liés à l'EI contre l'Occident depuis 2014», s'est alarmé dans un rapport le président de la commission de la Sécurité intérieure du Congrès américain, Michael McCaul.

Ce qui fait dire à l'expert du centre Atlantic Council Michael Weiss que si le groupe «a perdu sa capacité à conserver de grands pans de territoire» il n'a «pas perdu sa capacité à mener des attaques opportunistes».

Selon Washington, l'EI a perdu en Irak et en Syrie respectivement près de 50% et de 20% à 30% des territoires conquis à son apogée en 2014.

En Irak, après la reconquête du bastion sunnite de Fallouja par les forces gouvernementales, la coalition a Mossoul en ligne de mire.

À cet effet, M. Fallon a annoncé que Londres allait «doubler» le nombre de ses soldats en Irak: 500 militaires pour «entraîner les forces irakiennes et des peshmergas» kurdes.

Sans donner de détails ni de calendrier, M. Carter a fait état d'«engagements» entre alliés pour que «l'EI perde le contrôle des villes de Mossoul et de Raqa», la «capitale» des djihadistes en Syrie.

Mais l'expert Weiss doute que ces deux bastions soient «repris» avant le départ de l'administration Obama en janvier.

En Syrie, où la guerre a fait plus de 280 000 morts et des millions de réfugiés et de déplacés, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG basée à Londres, avait annoncé mardi que près de 60 civils, dont des enfants, avaient péri dans des raids de la coalition près d'un village tenu par l'EI dans la province d'Alep.

Les États-Unis «vont enquêter sur ces informations», a dit Ashton Carter.

John Kerry était à Moscou il y a quelques jours, où il s'est mis d'accord avec la Russie sur des «mesure concrètes» de coopération pour tenter de sauver la trêve.

La coalition a aussi parlé de l'après-EI.

En particulier en Irak, pour qui les pays donateurs (États-Unis, Japon, Canada, Allemagne, Pays-Bas et Koweït) ont «sécurisé plus de deux milliards de dollars de promesses» de dons, a annoncé John Kerry.

Bagdad a en effet besoin d'argent pour que des réfugiés retournent dans les zones reconquises et pour reconstruire le pays. Son ministre des Affaires étrangères Ibrahim al-Jaafari avait invoqué mardi l'esprit du plan Marshall.

Washington avait aussi annoncé l'envoi de centaines de soldats supplémentaires en Irak. Les États-Unis y compteront alors plus de 4600 militaires, dont ils s'étaient retirés militairement fin 2011.

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