Attentat suicide de l'EI à Bagdad: au moins 119 morts

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Selon des sources médicales et des responsables de la sécurité, au moins 119 personnes ont été tuées et 180 autres ont été blessées.

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Ammar Karim
Associated Press
BAGDAD

Un kamikaze du groupe djihadiste État islamique (EI) a fait exploser sa voiture piégée dimanche dans un quartier commerçant de Bagdad, tuant au moins 119 personnes, le bilan le plus lourd dans un seul attentat dans la capitale irakienne cette année.

L'attaque a frappé avant l'aube une rue bondée du quartier commerçant de Karrada, où de nombreux habitants faisaient leurs courses avant la fête marquant la fin du mois sacré musulman du ramadan, prévue en début de semaine prochaine.

Selon des responsables de sécurité, au moins 119 personnes ont été tuées et plus de 180 blessées dans l'attentat survenu une semaine après la perte par l'EI de son fief de Fallouja, à 50 km à l'ouest de Bagdad.

Le premier ministre Haider Al-Abadi s'est rendu sur les lieux du drame et a promis de «punir» les responsables de l'attaque, selon son bureau, qui a ensuite annoncé trois jours de deuil national en hommage aux victimes.

La puissante déflagration a provoqué des incendies dans plusieurs immeubles et échoppes et les pompiers tentaient toujours, 12 heures après l'attentat, d'éteindre les flammes.

Des hommes ont dégagé les corps de deux victimes de l'un des bâtiments en feu dans la rue jonchée de gravats et de débris.

Hussein Ali, un ancien soldat de 24 ans, a affirmé que six employés dans un magasin appartenant à sa famille avaient été tués et leurs corps carbonisés.

«Je vais de nouveau rejoindre le champ de bataille. Au moins là-bas je connais l'ennemi et je peux le combattre. Mais ici, je ne sais pas contre qui je dois lutter», a-t-il dit à l'AFP.

Sécurité inefficace

Dans un communiqué diffusé par SITE, le centre américain de surveillance de sites djihadistes, l'EI, une organisation radicale sunnite, a affirmé qu'un kamikaze irakien avait fait exploser une voiture piégée près d'un rassemblement de chiites, une communauté musulmane majoritaire en Irak considérée comme hérétique par l'EI.

L'envoyé de l'ONU pour l'Irak Jan Kubich a condamné un «acte lâche et odieux aux proportions inégalées».

Selon des responsables, une autre explosion s'est produite dans le quartier Al-Chaab dans le nord de Bagdad faisant un mort et quatre blessés, mais son origine était sujette à controverse.

Malgré ses revers militaires sur le terrain face aux troupes gouvernementales, l'EI a réussi à commettre des attentats sanglants au milieu de rassemblements civils.

Une vidéo postée sur les réseaux sociaux montre des hommes -en colère semble-t-il contre l'incapacité du gouvernement à empêcher le carnage à Karrada- lancer des pierres sur un convoi présenté comme celui de M. Abadi.

A l'étranger, le président français François Hollande a dénoncé comme «l'oeuvre de criminels abjects» l'attentat et redit sa «détermination absolue à les combattre partout».

De son côté, le porte-parole du Conseil national de sécurité américain Ned Price a assuré que l'attaque «ne fait que renforcer notre détermination à soutenir les forces de sécurité irakiennes» face à l'EI.

La dernière attaque majeure de l'EI à Bagdad remonte au 17 mai: un double attentat contre deux quartiers avait fait près de 50 morts.

Ces attaques témoignent de l'échec du pouvoir à mettre en place des mesures de sécurité efficaces à Bagdad, en dépit de l'aide de la coalition internationale dirigée par les États-Unis, qui entraîne les forces irakiennes dans le cadre de la lutte antidjihadistes.

Beaucoup mettent en doute l'efficacité des détecteurs d'explosifs, des barrages autour de la capitale, du contrôle des papiers d'identité et de la fouille des véhicules.

Capable de frapper

La nouvelle attaque est survenue après la perte par l'EI de son fief de Fallouja, tombé le 26 juin aux mains des troupes progouvernementales soutenues par la coalition internationale, après une offensive de plusieurs semaines.

L'EI s'est emparé en 2014 de larges pans du territoire, mais il a depuis perdu du terrain au profit des forces gouvernementales.

La seule grande ville d'Irak que le groupe djihadiste contrôle encore est celle de Mossoul (nord) et plusieurs offensives ont été lancées ou sont en préparation pour tenter de la reprendre.

Vendredi, le Pentagone a annoncé la mort de deux chefs militaires de l'EI, dont «le ministre de la guerre adjoint du groupe», tués le 25 juin dans une frappe de la coalition près de Mossoul.

En juin, le directeur de la CIA John Brennan a affirmé que l'EI, malgré ses revers, gardait toutes ses capacités à commettre des attentats «terroristes».

Ce groupe djihadiste redoutable, qui occupe également de vastes régions en Syrie, est responsable de terribles exactions et de multiples attentats meurtriers dans le monde.

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