Washington intensifiera-t-il son action militaire contre l'EI au Moyen-Orient ?

Selon des spécialistes, le gouvernement américain serait plus... (photo hussein malla, archives associated press)

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Selon des spécialistes, le gouvernement américain serait plus porté à intensifier son action militaire contre l'EI s'il était clair que l'organisation extrémiste a joué un rôle central dans l'exécution de l'attentat d'Orlando.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

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S'il n'en tenait qu'à la candidate démocrate Hillary Clinton, les États-Unis intensifieraient rapidement leur action militaire contre le groupe armé État islamique (EI) au Moyen-Orient en guise de réplique à l'attaque meurtrière survenue à Orlando. Il est cependant loin d'être acquis que l'administration de Barack Obama ira dans cette direction.

L'EI a-t-il orchestré l'attaque d'Orlando ?

Selon Omar Lamrani, analyste militaire rattaché à l'institut Stratfor, le gouvernement américain serait plus porté à intensifier son action militaire contre l'EI s'il était clair que l'organisation extrémiste a joué un rôle central dans l'exécution de l'attentat. La France, dit-il, a notamment accru sa participation à l'offensive occidentale en cours en Irak et en Syrie après qu'il a été révélé que plusieurs des auteurs des attentats de Paris, en novembre dernier, avaient séjourné là-bas et étaient en lien avec les dirigeants de l'EI. Selon le FBI, le tireur d'Orlando, Omar Mateen, s'est autoradicalisé en ligne en s'inspirant de plusieurs organisations extrémistes, incluant le Hezbollah, qui est opposé à l'EI, avant de se réclamer de ce dernier groupe. Le président Obama a relevé hier qu'il n'y avait pas de « preuves claires » que l'attaque a pu être coordonnée de l'étranger.

Peut-on quand même tenir l'EI responsable de l'attentat ?

Lors de la création du califat en juin 2014 et dans les 18 mois qui ont suivi, l'EI a connu une série de succès militaires qui lui ont permis d'étendre rapidement son territoire et de recruter un nombre important de combattants étrangers. L'offensive militaire lancée sous l'égide des États-Unis a cependant freiné l'expansion de l'organisation extrémiste, qui a enregistré des pertes non négligeables au cours de la dernière année. Ce repli relatif, souligne Chris Harmer, analyste rattaché à l'Institute for the Study of War, a entraîné un changement de discours. L'EI presse aujourd'hui les aspirants djihadistes de demeurer dans leur pays d'origine pour orchestrer des attentats terroristes et a revendiqué dans cette veine plusieurs attaques survenues en Occident, incluant celle d'Omar Mateen.

De quelle manière les États-Unis pourraient-ils intensifier leur action militaire ?

Selon Chris Harmer, les autorités américaines disposent d'une marge de manoeuvre considérable sur le plan militaire s'ils décident d'agir en ce sens. À l'heure actuelle, dit-il, le rythme des sorties aériennes est 10 fois moins intense qu'à l'époque où l'armée américaine tentait de contrer les progrès d'Al-Qaïda en Irak, dans la seconde moitié des années 2000. Le spécialiste pense que l'armée pourrait aussi assurer que les opérations de bombardement fonctionnent 24 heures sur 24 et déployer un nombre accru de soldats des forces spéciales sur le terrain pour appuyer les forces locales qui luttent contre l'EI. L'absence de troupes au sol réduit les capacités de renseignement et augmente les risques de dommages collatéraux, prévient pour sa part Omar Lamrani, de l'institut Stratfor, qui voit mal comment l'administration Obama pourrait envisager politiquement d'accroître le déploiement de troupes sur le terrain en Irak après avoir insisté, à son arrivée au pouvoir, sur la nécessité de retirer les soldats déployés pour renverser Saddam Hussein en 2003.

L'offensive en cours va-t-elle entraîner la chute du califat ?

Chris Harmer pense que le califat déclaré par l'EI est condamné, à terme, à disparaître, mais que le scénario n'est pas sur le point de se concrétiser. L'organisation extrémiste a perdu des villes non négligeables, comme Tikrit ou Ramadi, en Irak, et Palmyre, en Syrie, mais il conserve son noyau dur dans la zone à dominante sunnite chevauchant les deux pays. « Tant que l'EI contrôlera Raqqa et Mossoul et pourra circuler entre les deux, le califat demeure solide », note l'analyste de l'Institute for the Study of War. Omar Lamrani, de l'institut Stratfor, ne croit pas non plus que l'EI sera définitivement défait sur le terrain dans un avenir rapproché. La poursuite de la guerre civile syrienne, dit-il, facilite la tâche de l'organisation, qui « prospère dans le chaos ». M. Harmer prédit que l'implosion progressive du califat s'accompagnera d'une montée des attaques terroristes à l'étranger. « L'EI était une organisation terroriste au départ qui s'est mutée en une sorte d'État. Elle va redevenir ultimement une "simple" organisation terroriste et multiplier les attentats dans le processus », dit-il.

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