Des preuves de l'utilisation d'armes chimiques par l'EI

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Des soldats irakiens exhibent le drapeau noir du groupe État islamique alors qu'ils viennent de reprendre une position tenue par les djihadistes dans le village de Kharbardan, dans la province de Ninive, dans le nord de l'Irak, le 9 avril.

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Agence France-Presse
ERBIL, Irak

Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a déclaré mardi qu'il existait des «preuves» sur l'emploi d'armes chimiques par le groupe État islamique (EI) en Irak.

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Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian visite un camp d'Erbil, où les Irakiens ayant fui Mossoul après sa prise par l'EI ont trouvé refuge, le 12 avril. 

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«DAECH (acronyme arabe de l'EI) use de tous les moyens. Nous avons ici la preuve d'emploi d'armes chimiques contre les civils et les forces locales», a déclaré M. Le Drian devant les militaires français formant les peshmergas à Erbil (nord de l'Irak).

L'emploi d'armes chimiques est de «plus en plus fréquent», a souligné un officier des forces spéciales françaises qui accompagnent et encadrent les peshmergas sur la ligne de front, sans plus de précisions.

Après avoir eu recours au chlore (à usage également industriel), l'EI utilise désormais du gaz moutarde, de l'ypérite, une substance héritée de la Première Guerre mondiale, a-t-on ajouté de source militaire française. «On a bien vu la progression de l'un puis de l'autre», selon cette source.

«Les Kurdes ont encore à l'esprit les gazages de Saddam Hussein. DAECH joue là-dessus et cherche à maintenir les peshmergas dans la crainte» pour affaiblir leur détermination, a ajouté un autre militaire français sous couvert de l'anonymat.

Les soldats français, qui les forment au tir de canon de 20 mm et à la lutte contre les EEI (engins explosifs improvisés), leur apprennent aussi à «dédramatiser» cette menace chimique et à ne pas céder à la panique à la moindre alerte.

En février, le coordinateur du renseignement américain James Clapper et le directeur de la CIA John Brennan avaient pour la première fois accusé ouvertement l'EI d'avoir utilisé des armes chimiques en Irak et en Syrie, et notamment du gaz moutarde.

M. Le Drian s'est rendu près de la ligne de front dans le secteur d'Erbil, à une vingtaine de kilomètres de Mossoul, fief des djihadistes en Irak. La veille à Bagdad, un général irakien lui avait remis symboliquement une prise de guerre, un drapeau de l'EI, saisi à Ramadi, ville récemment libérée.

Dans la matinée, le ministre français a discuté avec le président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, de la campagne militaire en cours. «On a travaillé à l'élaboration de la suite de la reconquête du territoire sur DAECH», a-t-il dit à la presse.

M. Le Drian a aussi annoncé à M. Barzani de nouvelles livraisons françaises de munitions, uniformes et équipements de vision nocturne en juin. Depuis 2014, la France a livré plusieurs dizaines de canons de 20 mm et mitrailleuses de 12,7 aux peshmergas.

L'EI s'est emparé de la majorité du camp de Yarmouk

L'EI a pris le contrôle de la majorité du camp palestinien de Yarmouk dans le sud de Damas, après y avoir chassé son rival Al-Qaïda, a affirmé mardi à l'AFP le dirigeant de l'OLP à Damas.

«DAECH a commencé vendredi à attaquer les positions de son ancien allié à Yarmouk, le Front al-Nosra (branche syrienne d'Al-Qaïda) et s'est emparé de 60 % du camp», a déclaré Anouar Abdel Hadi.

«Une partie des combattants d'Al-Nosra ont rejoint les rangs de DAECH. L'EI a assiégé les dernières positions d'Al-Nosra et a exigé qu'il évacue le camp», a-t-il ajouté.

Il a précisé que «les affrontements avaient fait des morts, surtout dans les rangs d'Al-Nosra, en plus d'au moins trois civils».

De violents combats faisaient toujours rage dans le camp mardi, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Aamaq, l'agence de presse liée à l'EI, a rapporté également que le groupe ultra-radical s'était emparé de la majeure partie du camp.

Yarmouk est un grand quartier du sud de la capitale syrienne. Plus de 160 000 personnes y vivaient avant le début du conflit en 2011.

Il ne reste plus que 6000 civils dans le camp. L'EI possède 3000 combattants à Yarmouk et dans le quartier limitrophe de Hajar al-Aswad, tandis qu'Al-Nosra n'en compte que 300.

Depuis avril 2015, Al-Nosra et l'EI contrôlaient 70 % du camp, selon le responsable de l'OLP, tandis que les organisations palestiniennes et les forces gouvernementales sont présentes dans le nord du camp.

«L'EI a lancé cette offensive après ses défaites à Palmyre at à al-Qaryatayn pour prouver qu'il est toujours fort et capable de combattre», a-t-il dit en condamnant l'attaque.

Un accord qui prévoyait l'évacuation de 4000 personnes, dont 2000 djihadistes appartenant à l'EI et à Al-Nosra, de Yarmouk et des quartiers limitrophes avait échoué fin décembre.

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