Le régime syrien avance face à l'EI après sa victoire à Palmyre

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Un soldat syrien fait le signe de la paix sur une rue ravagée par les combats à Palmyre.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

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Layal ABOU RAHAL
Agence France-Presse
Beyrouth

Les troupes du régime syrien ont encore gagné du terrain mardi face au groupe État islamique dans le centre de la Syrie après la reconquête de la ville antique de Palmyre désertée par ses habitants.

Les États-Unis ont estimé que l'éviction dimanche de l'EI de cette ville était une «bonne chose», tout en rappelant que le «plus grand espoir» du peuple syrien était que le régime de Bachar al-Assad cesse de le «tyranniser».

De même, la France a déclaré qu'il ne fallait «pas se plaindre» que l'EI ait été chassé de Palmyre par le régime, tout en estimant que cette victoire n'exonérait pas Damas de ses responsabilités dans le conflit qui déchire la Syrie depuis cinq ans.

Fort de son plus important succès face à l'EI, forgé avec les forces de l'allié russe et des milices prorégime, le pouvoir veut sécuriser Palmyre pour éviter une contre-offensive des djihadistes qui l'ont contrôlé pendant près de dix mois.

Mardi, de violents combats se poursuivaient entre forces prorégime et djihadistes aux environs d'Al-Qaryatayn, une localité à majorité sunnite située à 120 km à l'ouest de Palmyre tenue par l'EI, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Cherchant à renforcer ses positions dans la province centrale de Homs, l'armée s'est emparée avant l'aube de collines surplombant Al-Qaryatayn qui comptait une minorité chrétienne et avait été la cible en 2015 d'enlèvements menés par l'EI qui y avait aussi détruit un monastère.

Les troupes loyalistes veulent aussi reprendre Sokhné, à l'est de Palmyre et où se sont retranchés des djihadistes, selon une source militaire.

Étape essentielle

Si le régime s'emparait de Sokhné, il serait aux portes de la province pétrolière de Deir Ezzor (est), contrôlée en grande partie par l'EI.

Et au cas où il s'emparerait d'Al-Koum au nord de Palmyre, il arriverait à la lisière de Raqa, principal fief du groupe djihadiste.

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Le ministre syrien de la Défense, Fahed al-Freij, a qualifié la reprise de Palmyre, surnommée la «Perle du désert», comme une étape essentielle en vue de la «victoire finale» contre l'EI qui contrôle toujours de vastes territoires dans le pays.

Pour Thomas Pierret, spécialiste de la Syrie, l'EI «se battra avec beaucoup plus de détermination pour garder Raqa, sa capitale de fait, et Deir Ezzor, la plus grande ville qu'il contrôle en Syrie et sa porte vers l'Irak».

Dans Palmyre, les quartiers résidentiels ressemblaient à une ville fantôme, la quasi-totalité des habitants ayant fui les bombardements avant sa reprise par l'armée.

Le site vieux de 2000 ans porte les stigmates des ravages de l'EI, qui a détruit deux de ses plus beaux temples, son Arc de triomphe et des tours funéraires.

«Cinq ans seront nécessaires» pour réhabiliter les monuments endommagés ou détruits de cette cité antique classée au patrimoine mondial de l'Humanité, selon le chef des Antiquités syriennes, Maamoun Abdelkarim.

Une experte de l'UNESCO a toutefois mis en doute la capacité de rebâtir le site.

Crainte de pillages 

Archéologue syrien exilé en France, Cheikhmous Ali a lui dit craindre pour sa part des pillages de pièces archéologiques par les troupes du régime.

En attendant, ces dernières s'emploient à désamorcer les mines et bombes laissées par les djihadistes. Un premier groupe de démineurs russes est parti mardi matin pour Palmyre, selon un média russe.

Les forces prorégime concentrent leur combat contre le groupe djihadiste à la faveur d'une trêve avec les rebelles syriens entrée en vigueur il y a plus d'un mois et initiée par Russes et Américains.

Cette trêve a permis la tenue, du 14 au 24 mars, de négociations indirectes à Genève entre le régime et l'opposition qui doivent reprendre en avril, aux alentours du 9 ou du 10 selon l'ONU.

Dans une interview de l'agence officielle russe Ria-Novosti à paraître prochainement, le président Assad a assuré que «le soutien militaire russe (...) et les succès militaires de l'armée syrienne (...) allaient conduire à un règlement politique, et pas le contraire».

Déclenchée en 2011, la révolte en Syrie contre le régime Assad s'est muée en une guerre dévastatrice aux multiples intervenants, qui a fait plus de 270 000 morts et chassé la moitié de la population de ses foyers.

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