Les exactions de l'EI qualifiées de «génocides» par Washington

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Dave Clark
Agence France-Presse
Washington

Les États-Unis estiment que les massacres perpétrés par le groupe État islamique contre les minorités chrétienne, yézidi et chiite sont des génocides, une charge avant tout symbolique qui n'oblige pas Washington à engager d'action devant la justice internationale contre les djihadistes.

«L'EI affirme lui-même qu'il commet des génocides, des faits confirmés par son idéologie et par ses actions, par ce qu'il dit, par ce qu'il croit et ce qu'il fait», a insisté jeudi le secrétaire d'État américain John Kerry.

«L'EI est aussi responsable de crimes contre l'humanité et de nettoyage ethnique contre ces mêmes groupes, et dans certains cas contre d'autres musulmans sunnites, contre les Kurdes et d'autres minorités», a-t-il ajouté.

Un génocide est un crime selon les règlements internationaux, mais cette proclamation effectuée jeudi par John Kerry n'oblige pas juridiquement Washington à engager des poursuites, selon des responsables américains.

Le centre Simon Wiesenthal, qui recense les génocides, s'est en tout cas réjoui de cette annonce: «Nous renouvelons notre appel aux autorités américaines pour qu'elles mettent les yézidis et les chrétiens au sommet de la liste dans les demandes d'immigration dans notre pays», a-t-il indiqué.

Un responsable du département d'État a cependant noté, sous condition d'anonymat, que l'annonce faite par M. Kerry jeudi ne changerait pas le statut des demandes des réfugiés en provenance de Syrie. Mais il a souligné que ceux-ci bénéficiaient déjà d'un traitement de faveur, car les atrocités du groupe EI sont connues depuis longtemps.

M. Kerry a aussi dit que les États-Unis faisaient leur maximum en menant une coalition de 66 pays pour «affaiblir et détruire» l'organisation EI grâce notamment à de nombreuses frappes aériennes.

Il a aussi affirmé que les crimes commis par les djihadistes devraient être un jour jugés par un tribunal international et que Washington ferait tout son possible pour appuyer enquêtes et poursuites, sans autre détail.

Le groupe EI recrute des islamistes extrémistes parmi les communautés sunnites et a commis des tueries de masse contre les chiites, les chrétiens et les yézidis.

En mars de l'année dernière, les enquêteurs des Nations unies avaient déjà mis en garde sur le fait que l'EI essayait d'anéantir les yézidis, une minorité religieuse qui puise les origines de sa foi dans le mazdéisme iranien et le culte de Mithra.

«Assad, criminel de guerre»

«Mon but aujourd'hui est d'affirmer que selon moi l'EI est responsable de génocides contre des groupes dans les zones qu'il contrôle, notamment les yézidis, les chrétiens et les musulmans chiites», a encore dit M. Kerry. «Pour ces communautés il s'agit d'enjeux existentiels, donc nous devons garder en tête qu'après tout la meilleure réponse à un génocide est une réaffirmation du droit fondamental à survivre».

Le secrétaire d'État a effectué cette annonce après que le Congrès a déjà voté de son côté pour déclarer que les massacres commis par l'EI constituaient des génocides.

«Et maintenant?», s'est interrogé le représentant Chris Smith, qui préside la commission responsable des droits de l'homme à la Chambre des représentants. Il plaide pour que Washington pousse pour la création d'un tribunal international spécial, comme ceux mis en place pour juger les génocides au Rwanda et en Yougoslavie.

«Un tribunal pour la Syrie jugerait non seulement les génocidaires de l'EI, mais aussi toutes les parties, notamment le criminel de guerre Bachar al-Assad, pour les faits horribles dont ils sont coupables», a-t-il lancé.

John Kerry a précisé que grâce à l'appui aérien de la coalition internationale les forces locales avaient réussi à reprendre 40% des territoires contrôlés par l'EI en Irak, et 20% en Syrie.

«Nous avons affaibli leur direction, attaqué leurs sources de revenus et perturbé leurs lignes d'approvisionnement. Et actuellement nous sommes engagés dans une initiative diplomatique destinée à essayer de mettre fin à la guerre en Syrie», a-t-il repris.

Selon lui, la brutale campagne de Bachar al-Assad pour s'accrocher au pouvoir a nourri le chaos qui a permis au groupe EI de prendre le contrôle de vastes pans de territoire.

L'intensité du conflit et les meurtres de journalistes, de travailleurs humanitaires et de toutes les personnes suspectées d'être des «espions» par l'EI rendent très difficile un recensement précis des exactions. Mais le groupe lui-même a diffusé des vidéos dans lesquelles les djihadistes commettent des massacres.

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