La Russie réaffirme viser l'EI en Syrie, les États-Unis doutent toujours

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Des frappes russes ont eu lieu à Talbiseh, le 30 septembre.

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Rana MOUSSAOUI
Agence France-Presse
BEYROUTH

La Russie a réaffirmé samedi cibler le groupe État islamique (EI) en Syrie, faisant état de 60 frappes en trois jours, mais les États-Unis ont réitéré leurs critiques envers Moscou, qui chercherait en priorité à défendre le régime.

Selon le ministère russe de la Défense, une série de frappes ces dernières 24 heures ont détruit un poste de commandement et un bunker de l'EI près de Raqa (nord-est), la «capitale» de l'organisation djihadiste qui contrôle près de la moitié du territoire syrien.

Les avions russes ont aussi détruit un entrepôt de munitions et visé un camp d'entraînement de l'EI dans la province d'Idleb (nord-ouest), selon le ministère.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui a encore affirmé que l'EI n'était pas présent dans la province d'Idleb, a de son côté fait état de frappes russes avant l'aube aux environs de Raqa.

D'après l'OSDH, six civils, dont une femme et ses quatre filles, ont été tués samedi dans des raids aériens sur le secteur de Jabal al-Zawiya, dans la province d'Idleb. Ils auraient été menés par des avions russes, selon l'ONG. La ville d'Al-Qaryataïne, contrôlée par l'EI dans la province de Homs (centre), aurait également été touchée par des tirs russes.

La veille, des raids russes avaient touché un hôpital de campagne dans un village de la province de Lattaquié (ouest), bastion du régime, d'après l'OSDH. L'établissement a été endommagé, mais aucune victime n'est à déplorer, a expliqué à l'AFP un porte-parole de l'ONG Médecins sans frontières, qui gérait cette structure il y a un an, mais l'a depuis cédée à des groupes médicaux locaux.

Du début mercredi de l'intervention russe en Syrie à vendredi, l'aviation russe a effectué «plus de 60 frappes visant plus de 50 sites d'infrastructures» de l'EI, a affirmé un haut responsable de l'état-major russe, le général Andreï Kartapolov, assurant que cela avait semé la «panique» chez les djihadistes et qu'«environ 600» d'entre eux avaient abandonné leurs positions.

Le général Kartapolov a prévenu que Moscou allait «intensifier» ses frappes en Syrie.

«Le problème, c'est Assad»

Déclenché en 2011 par une révolte populaire brutalement réprimée, le conflit déjà très complexe a pris un nouveau tournant avec l'implication des Russes, alliés d'un régime qui a perdu les deux-tiers du territoire syrien dans les combats.

Pour le président américain Barack Obama, une coopération avec Moscou sur le dossier syrien reste possible à condition que les Russes cessent de considérer le président Bachar al-Assad comme un rempart face à l'EI et reconnaissent le besoin d'un changement de régime.

«Le problème ici, c'est Assad et la violence qu'il inflige au peuple syrien, et ça doit s'arrêter», a affirmé vendredi le président américain Barack Obama.

Selon des sources syriennes et l'OSDH, la Russie vise l'EI, mais aussi et surtout le Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, et ses alliés rebelles islamistes.

Al-Nosra et ses alliés ont infligé au régime ses revers les plus significatifs cette année alors que l'EI a concentré l'essentiel de ses opérations contre des groupes rebelles rivaux, à l'exception de la ville de Palmyre (centre) prise au gouvernement en mai.

«Catastrophe assurée»

Samedi, le général Kartapolov a répété que la Russie ne visait que des «terroristes» en Syrie. Mais comme le pouvoir syrien, le Kremlin qualifie de «terroriste» tout groupe combattant le régime d'Assad.

Pour les Occidentaux, les raids russes devraient épargner les groupes rebelles qu'ils soutiennent, mais les Russes «ne font pas la différence», a déploré M. Obama. «De leur point de vue, ce sont tous des terroristes. C'est une catastrophe assurée».

Le premier ministre britannique David Cameron a tenu le même discours samedi, déplorant que les Russes ne fassent qu'aider «Assad le boucher».

D'après les renseignements britanniques, seules 5 % des frappes russes en Syrie ont visé l'EI, la majorité des raids ayant «tué des civils» et visé l'opposition modérée.

Une coalition dirigée par les États-Unis -et à laquelle la Russie ne participe pas- mène, elle, depuis septembre 2014 des frappes contre l'EI en Syrie, sans parvenir à venir à bout du groupe djihadiste.

Depuis le début du conflit en mars 2011, plus de 240 000 personnes sont mortes et quatre millions ont quitté la Syrie, occasionnant une crise migratoire majeure.

Le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto a jugé à ce sujet que pour réduire l'afflux de migrants en Europe, il faudrait faire la paix et pour cela coopérer avec la Russie.

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