D'autres frappes britanniques en Syrie à prévoir

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Le ministre britannique de la Défense Michael Fallon.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Jessica BERTHEREAU
Agence France-Presse
LONDRES

Londres pourrait rapidement mener de nouvelles frappes contre le groupe armé État islamique (EI) en Syrie a annoncé mardi le ministre britannique de la Défense, alors que la légalité d'une première attaque qui a tué trois djihadistes était mise en cause.

La photo de deux des victimes, les jeunes... (PHOTO ARCHIVES AFP/CENTRE MÉDIATIQUE AL HAYAT) - image 1.0

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La photo de deux des victimes, les jeunes Britanniques Ruhul Amin (à droite) et Reyaad Khan (à gauche), s'étalaient mardi en «une» de la plupart des quotidiens britanniques. L'identité de la troisième victime n'a pas été révélée.

PHOTO ARCHIVES AFP/CENTRE MÉDIATIQUE AL HAYAT

«Nous n'hésiterons pas à mener une action similaire» à celle du 21 août, où un drone de la Royal Air Force a frappé dans la région de Raqqa, a déclaré Michael Fallon mardi sur la radio BBC 4.

«C'étaient des terroristes qui avaient prévu une série d'attaques dans les rues de notre pays, certaines impliquant des événements publics», a-t-il justifié, pour tenter de tuer dans l'oeuf toute polémique.

La frappe du 21 août a été révélée lundi devant le Parlement par le premier ministre David Cameron, prenant le pays par surprise.

La photo de deux des victimes, les jeunes Britanniques Ruhul Amin et Reyaad Khan, s'étalaient mardi en «une» de la plupart des quotidiens britanniques. L'identité de la troisième victime n'a pas été révélée.

Selon le quotidien Daily Telegraph, citant des sources gouvernementales non identifiées, Khan aurait entre autres fomenté un attentat le jour de la commémoration de la victoire sur le Japon, le 15 août, à laquelle assistait la reine Élisabeth II.

M. Cameron a affirmé aux députés que la décision de frapper avait été prise en accord avec le procureur général du pays, le conseiller juridique en chef auprès du gouvernement.

Mais pour l'ancien procureur général Dominic Grieve, cette décision «extrême» pourrait être attaquée en justice.

«La Convention européenne des droits de l'homme et la loi (britannique) sur les droits de l'homme garantissent le droit à la vie et le Royaume-Uni ne devrait pas interférer avec ces principes à la légère», a-t-il déclaré sur la BBC.

«Nous n'avons pas la permission (du Parlement) de mener des opérations militaires en Syrie», a admis M. Fallon. Mais «le premier ministre a été très clair lors du débat organisé l'an dernier (concernant des frappes en Irak, NDLR) sur le fait que si l'intérêt national était en jeu, nous n'hésiterions pas à agir avant de demander la permission».

«Erreur stratégique»

À l'avenir, David Cameron compte bien obtenir la permission des députés pour mener des frappes en Syrie de même ampleur que celles réalisées en Irak, bien qu'il n'ait pour l'instant évoqué aucune date pour un tel débat.

Selon M. Fallon, les députés doivent «repenser à l'absurdité» qui consiste à pouvoir frapper l'EI sur les territoires qu'elle contrôle en Irak, mais pas sur ceux qu'elle contrôle en Syrie.

«Depuis le départ, cela ne fait aucun sens d'avoir seulement l'autorisation d'attaquer des cibles en Irak», a abondé auprès de l'AFP Olivier Guitta, directeur général du cabinet de conseil GlobalStrat. «C'est une erreur stratégique fondamentale».

Mais M. Cameron pourrait devoir compter sur la résistance du pacifiste Jeremy Corbyn, favori pour prendre la tête du Parti travailliste ce week-end.

Si les tabloïds britanniques semblaient plutôt saluer la frappe du 21 août, le Sun titrant «Wham! Bam! Thank You Cam!», l'ONG Amnistie internationale a dénoncé un Royaume-Uni qui a rejoint les États-Unis dans la pratique des «exécutions sommaires depuis les airs».

«Si nous laissons ces actions devenir la norme, nous pourrions voir des pays du monde entier exécuter depuis les airs ceux qu'ils perçoivent comme leurs ennemis, sur la base du secret et d'informations impossibles à contester», a mis en garde prévenu la directrice de l'organisation Kate Allen dans un communiqué.

Pour Elizabeth Quintana, directrice des questions militaires au Royal United Services Institute (RUSI), le gouvernement devait fournir «plus de détails et d'assurances sur la manière dont ce type d'opérations auront lieu».

Car si de «nombreux experts juridiques disent que compte tenu des preuves fournies par le premier ministre la frappe elle-même est justifiable», elle reste «très controversée, notamment parce qu'aux yeux du public elle rappelle les opérations de la CIA au Pakistan», a-t-elle dit à l'AFP.

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