L'UNESCO dénonce un «crime de guerre» à Palmyre

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La dernière destruction annoncée dimanche est celle du temple de Baalshamin, le sanctuaire le plus important du site de Palmyre après celui de Bêl, selon le Musée du Louvre à Paris.

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Agence France-Presse
BEYROUTH, Liban

Les djihadistes du groupe État islamique (EI) ont fait exploser un des plus célèbres temples de la cité antique de Palmyre, en Syrie, un «crime de guerre» et une «perte considérable» pour l'humanité selon l'UNESCO, un «acte barbare» pour l'ONU.

Le temple de Baalshamin était le sanctuaire le plus important du site de Palmyre après celui de Bêl, selon le musée du Louvre à Paris.

Sa destruction, annoncée dimanche, est intervenue moins d'une semaine après la décapitation par les djihadistes de l'ancien chef des Antiquités de Palmyre, Khaled al-Assaad, 82 ans, une référence mondiale sur cette cité antique. Son meurtre «brutal» a été vivement condamné par la communauté internationale.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est dit lundi horrifié par les attaques «barbares» de l'EI et a fait part de son indignation après le meurtre par décapitation de M. al-Assaad.

«Ces actes de terreur barbares s'ajoutent à une longue liste de crimes commis depuis quatre ans en Syrie contre ses habitants et son héritage», a déclaré Ban dans un communiqué.

La directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova a affirmé que la destruction de Baalshamin est «un nouveau crime de guerre et une perte considérable pour le peuple syrien et l'humanité».

Selon elle, l'EI «tue des personnes et détruit des sites mais (...) ne parviendra pas à effacer cette grande culture de la mémoire mondiale».

«Malgré les obstacles et le fanatisme, la créativité humaine prévaudra, les édifices et les sites seront réhabilités et certains d'entre eux seront reconstruits», a-t-elle insisté.

Le chef de l'ONU a exhorté les pays du monde entier «à s'unir et à agir rapidement pour mettre fin à ces actes terroristes».

«Anéantir la diversité» 

La France a également condamné cette destruction, affirmant que celle-ci confirmait «la volonté du groupe terroriste d'anéantir la diversité culturelle plurimillénaire du Moyen-Orient».

Les djihadistes de l'EI, qui contrôlent Palmyre depuis mai, ont fait détoner dimanche des explosifs dans le temple de Baalshamin, classé au patrimoine mondial de l'humanité.

Le temple dédié à Baalshamin, le dieu du ciel phénicien, a été érigé en l'an 17 puis agrandi et embelli par l'empereur romain Hadrien en 130.

Selon l'UNESCO, la «cella» du temple, ou partie intérieure, a été sérieusement endommagée et les colonnes qui l'entouraient se sont effondrées.

«Nos plus sombres prédictions sont malheureusement en train de se réaliser», a déploré le directeur général des Antiquités et des musées de Syrie, Maamoun Abdelkarim, en annonçant dimanche soir la destruction du temple.

Après avoir pris Palmyre aux forces du régime syrien, l'EI avait miné la cité antique en juin et exécuté dans et à l'extérieur de la ville plus de 200 personnes, dont 20 abattues dans le théâtre antique.

Ils ont aussi «détruit en juillet la fameuse statue du Lion d'Athéna (...) et ont transformé le musée en tribunal et en prison», a souligné M. Abdelkarim.

Le groupe extrémiste sunnite, qui s'est emparé de la moitié de la Syrie et de vastes régions irakiennes où il multiplie les exactions, considère les oeuvres religieuses préislamiques, notamment les statues, comme de l'idolâtrie.

Il a déjà détruit plusieurs joyaux archéologiques en Irak dont le site assyrien de Nimroud. L'EI s'en est aussi pris à Hatra --une cité de la période romaine vieille de 2000 ans-- et au musée de Mossoul, dans le nord de l'Irak.

Nouvelles victimes civiles 

Plus de 300 sites historiques syriens, selon l'ONU, ont été endommagés, détruits ou pillés au cours du conflit qui a éclaté en 2011 et qui est devenu, au fil des ans, de plus en plus complexe, opposant désormais régime, rebelles, djihadistes et Kurdes.

Dans la Ghouta orientale, région près de Damas visée par des bombardements intenses de l'armée syrienne depuis plusieurs jours, au moins 12 civils, dont cinq enfants ont été tués lundi par des raids sur Douma et Hammouriyé, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Dimanche, au moins 31 civils, dont huit enfants avaient péri dans plusieurs localités de ce secteur tenu par les rebelles depuis près de trois ans, avait indiqué l'ONG.

Et 34 personnes avaient été tuées samedi dans les bombardements du régime sur le fief rebelle de Douma, principale ville de la Ghouta.

Selon le journal proche du régime al-Watan, «les hommes armés de la Ghouta font pleuvoir des obus sur Damas, l'armée riposte avec force». Une page Facebook qui compte le nombre de roquettes lancées chaque jour sur Damas a recensé 85 projectiles tirés dimanche.

Selon l'OSDH, le régime frappe Douma car les rebelles attaquent les positions de l'armée dans la localité mitoyenne de Harasta.

Les forces loyales au président Bachar al-Assad ont en outre largué des barils d'explosifs à Jabal al-Zawiya, dans le nord-ouest, tuant 14 personnes, dont 6 enfants, selon l'OSDH.

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