La Turquie engage la guerre contre les djihadistes

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Peu avant 4 h (21 h, heure de Montréal), trois chasseurs F-16 de l'armée de l'air turque ont bombardé en territoire syrien trois objectifs tenus par les djihadistes.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Ambre TOSUNOGLU
Agence France-Presse
BEYLERBEYI

La Turquie s'est résolument engagée dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI) en menant vendredi deux séries de frappes aériennes contre des positions jihadistes en Syrie, alors que la police a mené un vaste coup de filet antiterroriste dans tout le pays.

Des soldats turcs patrouillent près de la frontière... (PHOTO AP) - image 1.0

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Des soldats turcs patrouillent près de la frontière syrienne, le 24 juillet.

PHOTO AP

L'aviation turque a aussi frappé des positions du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en Irak, selon un porte-parole du PKK et des médias turcs.

Quatre jours après l'attentat suicide meurtrier attribué à l'EI qui a visé la ville frontalière de Suruç (sud), des chasseurs F16 de l'armée de l'air turque ont bombardé au petit matin et en fin de soirée des cibles de l'organisation djihadiste en territoire syrien.

«L'opération menée contre l'EI a rempli son objectif et ne s'arrêtera pas», a affirmé à la mi-journée devant la presse le premier ministre Ahmet Davutoglu.

«Ce qui s'est passé depuis quelques jours montre que la situation n'est plus sous contrôle», a renchéri le président et homme fort du pays, Recep Tayyip Erdogan, «ce n'est pas une opération d'une nuit, elle continuera avec détermination».

Des avions turcs ont aussi bombardé des positions militaires du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans l'Irak voisin vendredi soir, a annoncé un porte-parole du PKK.

«A environ 23H00 ce soir (vendredi), des avions militaires turcs ont commencé à bombarder nos positions près de la frontière, avec l'accompagnement d'importants tirs d'artillerie», a précisé à l'AFP ce porte-parole, Bakhtiar Dogan.

Le PKK s'est attaqué à plusieurs reprises ces derniers jours aux forces de sécurité turques en représailles à l'attentat de Suruç, qui visait des militants prokurdes.

Ces premiers raids aériens de la Turquie marquent un tournant dans la politique syrienne du régime islamo-conservateur turc, longtemps accusé par ses alliés de fermer les yeux, voire de soutenir les organisations radicales en guerre contre le régime de Damas.

Ils ont été ordonnés en représailles à l'attaque menée jeudi par un groupe de combattants jihadistes contre un poste avancé de l'armée turque près de Kilis. Un sous-officier turc a été tué et deux autres soldats blessés.

Accord sur Incirlik 

Le premier raid turc, vendredi matin, a visé trois bâtiments situés jusqu'à 14 km à l'intérieur de la Syrie, dans les districts d'El Tabiye, El Zahiriye et Burgi, a rapporté l'agence progouvernementale Anatolie.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), il a fait 9 morts dans les rangs jihadistes.

Aucun détail n'était immédiatement disponible vendredi soir sur les cibles et le bilan de la deuxième vague de frappes.

Depuis l'attentat de Suruç, Ankara a clairement intensifié sa lutte contre le groupe jihadiste.

M. Erdogan a confirmé vendredi que son pays avait enfin autorisé les États-Unis à mener des raids aériens contre des cibles djihadistes en Syrie ou en Irak depuis plusieurs de leurs bases, dont celle d'Incirlik (sud). «Elles seront utilisées dans un certain cadre», a-t-il précisé, sans toutefois livrer de détails.

Le ministère des Affaires étrangères turc a précisé dans un communiqué que des «aéronefs avec pilote ou sans pilote» y seraient déployés et que la Turquie «participerait aussi à ces opérations» contre les l'EI.

«L'ouverture de la base suggère que la Turquie ne va peut-être pas jouer un rôle éminent, même si c'est possible, mais un rôle de soutien plus actif», a commenté Aron Stein, expert au Atlantic Council Rafic Hariri Center de Beyrouth.

La Turquie était jusque-là restée l'arme au pied face à l'EI. Elle avait refusé d'intervenir militairement en soutien aux milices kurdes de Syrie, par crainte de voir se constituer une région autonome qui lui serait hostile dans le nord de ce pays.

297 arrestations 

Sur leur propre sol, les autorités turques ont également mené vendredi dans tout le pays un coup de filet inédit contre des membres présumés de l'EI.

La Turquie constitue le principal point de passage des recrues djihadistes vers la Syrie.

Cette opération antiterroriste a également visé l'extrême gauche et, surtout, les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui ont revendiqué le meurtre de deux policiers en riposte à l'attentat de Suruç.

Selon M. Davutoglu, 297 personnes soupçonnées d'appartenir à un «groupe terroriste» ont été arrêtées dans 16 provinces du pays, dont 37 ressortissants étrangers.

Parmi elles figure Halis Bayancuk, également connu sous le nom d'Abou Hanzala, présenté par l'agence Anatolie, comme un responsable du groupe Etat islamique (EI) à Istanbul.

Une militante marxiste a également été tuée par la police à Istanbul, selon les médias.

L'attentat suicide de Suruç, qui a fait 32 morts et une centaine de blessés parmi des militants de la cause kurde, a ravivé la colère de la communauté kurde de Turquie, qui a accusé de duplicité le gouvernement turc.

Plusieurs attaques attribuées à des militants proches du PKK ont visé les forces de sécurité turques dans le sud-est du pays. Vendredi soir, sept policiers ont été blessés dans l'attaque de leur commissariat à Diyarbakir et un policier a été enlevé près de Mardin, selon les médias locaux.

Comme presque chaque jour depuis lundi, une manifestation contre l'EI et la politique syrienne de M. Erdogan a été violemment dispersée par la police vendredi soir à Istanbul.

Des milliers de personnes sont attendues dimanche après-midi dans la plus grande ville de Turquie pour une «marche pour la paix», à l'appel du principal parti kurde de Turquie.

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