Cinq attentats coordonnés visent le Hamas et le Djihad islamique à Gaza

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Selon les témoins, des bombes avaient été placées sous trois voitures appartenant à des membres des brigades al-Qassam, la branche armée du Hamas, et deux à des membres des brigades Al-Qods, la branche armée du Djihad islamique.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Sakher ABOU EL OUN
Agence France-Presse
Gaza

Des attentats quasi-simultanés ont détruit dimanche les voitures de cinq membres des branches armées du Djihad islamique et du Hamas, confronté à la contestation grandissante de salafistes radicaux dans la bande de Gaza.

Ces attaques n'ont pas été revendiquées pour le moment, mais des groupes affirmant soutenir l'organisation djihadiste État islamique (EI) ont déjà dit être responsables de plusieurs attentats récents contre le Hamas.

La police du mouvement islamiste au pouvoir dans l'enclave palestinienne a indiqué dans la soirée avoir arrêté des suspects. Elle n'a donné aucune précision sur ces «suspects», mais promis que les «saboteurs» ne pourraient «pas échapper aux sanctions».

Ces attentats sont inédits à différents niveaux. C'est la première fois que le Djihad islamique, deuxième force à Gaza et allié du Hamas, est ainsi visé.

C'est aussi la première fois qu'une attaque coordonnée --les cinq bombes ont explosé en l'espace d'un quart d'heure dans le même quartier de Cheikh Radouane-- vise autant de membres des mouvements islamistes à Gaza.

Selon les témoins, des bombes avaient été placées sous trois voitures appartenant à des membres des brigades al-Qassam, la branche armée du Hamas, et deux à des membres des brigades Al-Qods, la branche armée du Djihad islamique.

Plusieurs attaques ont déjà visé des membres, parfois de haut rang, du Hamas, ainsi que plusieurs de ses bâtiments. La plus spectaculaire avait eu lieu début mai lorsqu'un groupe salafiste se faisant appeler les «Partisans de l'État islamique à Jérusalem» a revendiqué des tirs de mortier contre une base d'al-Qassam.

Chaque fois, le modus operandi semble indiquer qu'il s'agit de menaces et d'avertissements, les explosions survenant toujours de nuit ou à une heure où aucun passant ne se trouve aux alentours.

Dimanche matin, les explosions ont totalement détruit les véhicules dont les carcasses gisaient, carbonisées, devant les domiciles de leurs propriétaires, sans toutefois faire de victime. Seuls des «dégâts matériels» sont à déplorer, a assuré la police du Hamas qui indiquait en soirée interroger les suspects interpellés.

Nouvelles arrestations?

En juin, après plusieurs attaques contre ses forces ainsi que des intérêts étrangers, le Hamas avait arrêté des dizaines de personnes dans les milieux salafistes.

Une figure salafiste avait trouvé la mort dans un échange de tirs avec la police et les arrestations avaient provoqué une volée de communiqués menaçants de la part de la mouvance salafiste.

Le Hamas avait déjà durement réprimé en 2009 des mouvements salafistes radicaux allant jusqu'à détruire l'une de leurs mosquées.

Après l'attaque de dimanche, la police du Hamas, qui assure surveiller les groupes salafistes à Gaza, a promis la fermeté. Elle pourrait mener de nouvelles arrestations.

Pour les experts, le Hamas, fort de près de 30 000 hommes en armes, contrôle la situation.

Mais à Gaza, on s'inquiète du cocktail explosif que constituent la pauvreté et le chômage galopants, une reconstruction qui se fait toujours attendre un an après la dernière guerre, les attentats de l'EI dans le Sinaï égyptien voisin, les querelles intestines et l'enfermement dû au blocus israélien et à la fermeture de la frontière par l'Égypte.

Jusqu'ici, aucun groupe à Gaza n'a obtenu l'adoubement de l'EI. Mais l'attrait de cette organisation extrémiste qui multiplie les exactions en Syrie et en Irak et a désormais une branche dans le Sinaï se fait de plus en plus sentir parmi la jeunesse dans un territoire exigu où s'entassent 1,8 million de personnes, affirment les experts.

Et une grande partie des Gazaouis sont déçus par les partis traditionnels palestiniens.

Le Hamas et le Djihad islamique, principales forces dans la bande de Gaza, dénoncent régulièrement les mouvements djihadistes, et notamment l'EI.

«Le Hamas ne veut pas que Gaza devienne la Syrie ou l'Irak, car ce serait faire un cadeau à l'occupant israélien», affirmait encore récemment un cadre du mouvement islamiste à l'AFP.

Dans un communiqué commun, al-Qassam et al-Qods ont dénoncé dimanche «une tentative de s'en prendre à la résistance en faisant exploser les véhicules de ses combattants».

Des violences qui, ont assuré les deux mouvements qui ont mené il y a un la guerre contre Israël à Gaza, «ne servent que l'occupant et ses objectifs» et placent leurs auteurs «dans le camp des traîtres», sans toutefois pointer du doigt une organisation en particulier.

Pour le Hamas comme pour le Djihad islamique, les actes de l'EI, «salissent l'image de l'islam» et vont «à l'encontre de ses principes».

Autant de prises de position qui ont provoqué l'ire de Gazaouis ayant rejoint les rangs de l'organisation djihadiste.

Récemment, de jeunes Gazaouis devenus commandants au sein de l'EI ont diffusé une vidéo tournée dans le nord syrien dans laquelle ils appelaient à s'en prendre au Hamas à Gaza, leur promettant de les combattre.

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