Attentats et raids aériens au Yémen après l'échec des pourparlers

L'EI a revendiqué une série d'attentats à Sanaa... (PHOTO MOHAMED AL-SAYAGHI, ARCHIVES REUTERS)

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L'EI a revendiqué une série d'attentats à Sanaa contre des mosquées chiites ayant fait plus de 30 morts à la veille du mois du ramadan, mercredi (sur la photo).

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

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Jamal AL-JABIRI, Fawaz AL-HAIDARI
Agence France-Presse
SANAA, ADEN

L'EI a revendiqué un nouvel attentat ayant fait deux morts samedi à Sanaa, capitale contrôlée par les rebelles chiites qui ont été visés dans le sud du Yémen par des raids de la coalition arabe, au lendemain de l'échec des pourparlers à Genève.

À l'issue de cinq jours de navettes à Genève entre les délégations rivales, l'émissaire de l'ONU a annoncé vendredi l'échec des efforts pour une trêve dans le conflit qui dure depuis fin mars. Il n'a pas annoncé de date pour une reprise des pourparlers entre les rebelles chiites Houthis et le gouvernement en exil.

Un cessez-le-feu «a besoin de plus de consultations, mais peut être conclu assez rapidement», a déclaré à Genève l'envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen, Ismail Ould Cheikh Ahmed.

À Sanaa, une voiture piégée a explosé à la fin de la prière de la mi-journée devant une mosquée fréquentée par des chiites, faisant deux morts 16 blessés selon une source médicale.

L'attentat, revendiqué aussitôt par le groupe État islamique (EI), selon le site américain de surveillance des groupes djihadistes SITE, s'est produit devant la mosquée Kobbat al-Mehdi dans la vieille ville de Sanaa.

Un photographe de l'AFP qui s'est rendu sur place a vu la carcasse de la voiture utilisée dans l'attentat et constaté des dégâts à l'entrée de la mosquée et dans une maison proche, dont les vitres ont volé en éclat.

L'EI avait déjà revendiqué une série d'attentats à Sanaa contre des mosquées chiites ayant fait plus de 30 morts mercredi, à la veille du mois de jeûne musulman du ramadan.

Ces cinq attentats simultanés avaient aussi visé la maison d'un responsable de la rébellion chiite qui contrôle la capitale yéménite.

Les Houthis pro-iraniens se sont emparés depuis juillet 2014 de vastes régions du Yémen. Depuis le 26 mars, une coalition arabe commandée par l'Arabie saoudite a lancé une campagne aérienne visant à empêcher ces insurgés de prendre le contrôle de tout le pays, voisin du royaume saoudien.

Raids sur Aden 

Quelques heures seulement après l'annonce de l'échec des consultations de Genève, l'aviation de la coalition a accentué ses raids contre les rebelles Houthis à Aden, la grande ville du sud du Yémen.

Elle a lancé samedi à l'aube quinze raids contre des positions des rebelles autour de cette ville portuaire objet d'âpres combats, a indiqué un responsable de l'armée yéménite.

Ces frappes se sont concentrées sur les entrées nord, est et ouest d'Aden, la deuxième ville du pays, a expliqué à l'AFP ce responsable fidèle au président en exil, Abd Rabbo Mansour Hadi.

«L'objectif est de desserrer l'étau des Houthis sur Aden et d'aider les Comités de résistance populaire (les combattants hostiles aux Houthis, NDLR) à regagner du terrain perdu», a-t-il déclaré.

Les rebelles ont bombardé, en représailles, des quartiers d'Aden, tuant quatre personnes et en blessant de nombreuses autres, a affirmé ce responsable.

Un hôpital public a confirmé le bilan de quatre morts.

Par ailleurs, le vice-gouverneur d'Aden, Nayef al-Bakri, a indiqué qu'un navire chargé d'une aide du Programme alimentaire mondial (PAM) n'avait pas pu accoster à Aden en raison des combats.

Le navire, chargé notamment de farine, a été dérouté vendredi vers Hodeïda (ouest), sur la mer Rouge.

Le vice-gouverneur a accusé les Houthis d'avoir intentionnellement empêché le navire d'entrer à Aden afin qu'il se rende à Hodeïda, dont ils contrôlent le port.

«Ils veulent priver de ces aides les habitants d'Aden qui résistent à leur présence», a-t-il dit.

La situation humanitaire est qualifiée de catastrophique à Aden. La population manque de vivres et des maladies, comme le paludisme, la typhoïde et la dengue, apparues avec la détérioration des conditions d'hygiène, ne peuvent être soignées, faute de médicaments.

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