Un concours iranien de caricatures pour dénoncer l'EI

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Le second prix est un portrait d'Abou Bakr al-Baghdadi, «calife» autoproclamé qui règne sur les territoires conquis par les djihadistes. Il porte une barbe faite de lames de couteau. À l'arrière-plan, du sang dégouline sur un mur recouvert d'étoiles de David.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Cyril JULIEN
Agence France-Presse
TÉHÉRAN

Parce qu'«aucun être humain ne peut fermer les yeux face aux crimes» de l'organisation État islamique, une quarantaine de dessinateurs ont participé à Téhéran à un concours de caricatures politiquement très orienté pour montrer «la vraie nature» des djihadistes.

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Le second prix est un portrait d'Abou Bakr al-Baghdadi.

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Le concours, lancé la semaine dernière, a rassemblé près 300 dessins de caricaturistes de presse venus de 43 pays (Brésil, Australie, Malaisie, Indonésie, Italie, Maroc...). La caricature de presse est une tradition en Iran, malgré de nombreuses restrictions et sujets «tabous» comme le guide suprême, les forces armées ou le clergé.

«Nous voulons montrer la vraie nature criminelle de DAECH», l'acronyme arabe de l'EI, affirme à l'AFP Massoud Shojaï-Tabatabaï, membre du comité d'organisation du concours, en marge de la cérémonie de remise des prix dimanche soir.

«Elle porte le nom de l'islam, mais n'a aucune relation avec cette religion, en voulant créer la division entre musulmans, entre les sunnites et les chiites. Nous voulons aussi dénoncer ses soutiens, les Occidentaux, les sionistes, les États-Unis».

L'Iran, principal allié régional du régime syrien qu'il défend bec et ongles, accuse l'Occident, la Turquie, Israël et certains pays arabes d'avoir «créé» l'Organisation radicale pour semer la discorde dans le monde musulman et détourner l'attention de la situation dans les territoires occupés et à Gaza.

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Le premier prix revient à une caricature du roi Salmane d'Arabie saoudite, mi-homme tout sourire, mi-serpent à sonnette.

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Les dirigeants arabes, américains et israéliens sont souvent brocardés. L'ex-secrétaire d'État américaine Hillary Clinton tricote ainsi un chandail siglé ISIS (acronyme anglais de l'EI) avec des points en forme de tête de mort. L'un des dessins primés représente aussi le premier ministre britannique David Cameron affublé d'une queue de renard.

Les médias, et leur présumée partialité face aux atrocités commises par les djihadistes, sont également dénoncés comme sur un dessin où un djihadiste tient à la main la tête d'une victime décapitée, mais pixelisée.

Serpent venimeux

Le premier prix revient à une caricature du roi Salmane d'Arabie saoudite, mi-homme tout sourire, mi-serpent à sonnette. «Les Arabes et les musulmans doivent connaître la cruauté de DAECH, qui tue des femmes et des enfants», dit l'auteur, Sharham Shirzadi, producteur de films d'animation à la télévision d'État. «Je montre le roi Salmane, qui a beaucoup de soutiens parmi les Occidentaux, comme il est en réalité. Un serpent venimeux qui sourit, mais qui peut tuer».

Le second prix est un portrait d'Abou Bakr al-Baghdadi, «calife» autoproclamé qui règne sur les territoires conquis par les djihadistes. Il porte une barbe faite de lames de couteau. À l'arrière-plan, du sang dégouline sur un mur recouvert d'étoiles de David.

«Nous, les dessinateurs, devons faire tout ce que nous pouvons pour informer», explique à l'AFP Behzad Bigdeli, un participant iranien. «Les caricatures ont plus d'impact que le texte, ou les photos qui peuvent faire beaucoup pour décrire l'horreur. Mais les caricatures ont un côté comique qui reste dans l'esprit des gens».

Le premier ministre britannique David Cameron affublé d'une... (ILLUSTRATION INTERNATIONAL DAESH CARTOON & CARICATURE CONTEST) - image 3.0

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Le premier ministre britannique David Cameron affublé d'une queue de renard.

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Joker, un dessinateur birman, dépeint un djihadiste dont la tête est décapitée par le trait rouge du crayon de l'auteur alors qu'il s'apprête à égorger sa victime.

Interrogé sur le caractère politique de la compétition, il admet que «chaque pays organise ses concours selon ses opinions politiques, c'est naturel. Mais le principal message, c'est de montrer les vrais crimes de DAECH».

Naji Bennaji, célèbre caricaturiste marocain invité, assure que «DAECH est un danger pour le monde, on l'a vu avec l'attentat de (l'hebdomadaire satirique français) Charlie Hebdo. Il faut se serrer les coudes».

«Je veux dire aux gens "méfiez-vous, ne donnez pas d'argent aux terroristes, donnez à la Palestine"», lance-t-il.

L'un de ses dessins représente un émir du Golfe étendant ses bras en forme de pompe à pétrole. L'un remplit de billets de banque un sac tenu par un djihadiste armé. L'autre ne déverse rien dans un sac tenu par trois enfants portant le keffieh palestinien.

M. Tabatabaï est également l'organisateur d'un concours de caricatures sur l'Holocauste, lancé fin janvier en réaction à la publication par Charlie Hebdo de caricatures du prophète Mahomet. Cette compétition, dénoncée par une partie de la communauté internationale qui craint une expression d'antisémitisme, est suspendue jusqu'à nouvel ordre pour des problèmes «de budget», a-t-il expliqué.

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