Macabres découvertes en Irak: 470 corps exhumés à Tikrit

Le «massacre de Speicher» aurait fait jusqu'à 1700... (PHOTO ARCHIVES AP)

Agrandir

Le «massacre de Speicher» aurait fait jusqu'à 1700 morts, ce qui en fait l'un des actes les plus atroces commis par l'EI, selon les estimations.

PHOTO ARCHIVES AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Le groupe État islamique

International

Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Sur le même thème

Salam FARAJ
Agence France-Presse
BAGDAD

L'Irak a exhumé près de 500 corps dans les fosses communes de Tikrit où les djihadistes du groupe armé État islamique sont accusés d'avoir massacré des centaines de recrues, essentiellement chiites, au début de son offensive éclair il y a près d'un an.

«Nous avons exhumé les corps de 470 martyrs... (PHOTO ALI Al-SAADI, AFP) - image 1.0

Agrandir

«Nous avons exhumé les corps de 470 martyrs de Speicher», a déclaré devant la presse la ministre de la Santé, Adila Hammoud, en précisant que ce chiffre n'était pas définitif, car «le travail de fouille continue».

PHOTO ALI Al-SAADI, AFP

Près de deux mois après avoir repris Tikrit, les autorités ont annoncé jeudi que les corps avaient été découverts dans quatre fosses communes dans les environs de cette ville au nord de Bagdad.

«Nous avons exhumé les corps de 470 martyrs de Speicher», a déclaré devant la presse la ministre de la Santé, Adila Hammoud, en précisant que ce chiffre n'était pas définitif, car «le travail de fouille continue».

En juin 2014, des hommes armés appartenant ou liés à l'EI avaient enlevé des centaines de jeunes recrues rassemblées dans le camp militaire de Speicher, situé à la limite nord de Tikrit.

Ils les avaient ensuite exécutés un par un, selon des images de propagande diffusées par l'EI qui avaient provoqué l'effroi et la colère au sein de la communauté chiite. Ces images, couplées à l'appel de l'ayatollah Ali al-Sistani, plus haute autorité chiite en Irak, avaient grandement contribué à la mobilisation des milices auprès des forces gouvernementales contre les djihadistes.

Certains corps avaient été jetés dans le Tigre, fleuve qui traverse Tikrit, tandis que la plupart étaient enterrés dans des fosses communes aux alentours.

Les 470 dépouilles répertoriées «ont été exhumées sur quatre sites. L'un d'entre eux était plus important que les autres, avec 400 corps», a indiqué Ziad Ali Abbas, médecin en chef de la principale morgue de Bagdad. «Il y avait plusieurs couches de corps les unes sur les autres», a-t-il précisé.

Le «massacre de Speicher» aurait fait jusqu'à 1700 morts, ce qui en fait l'un des actes les plus atroces commis par l'EI, selon les estimations.

Poursuite de l'offensive à Ramadi

Sous la pression des familles des recrues portées disparues, les autorités irakiennes ont commencé à fouiller les sites après la reprise le 31 mars de Tikrit, le bastion de l'ancien dictateur Saddam Hussein.

Des experts étrangers, notamment de la Croix-Rouge Internationale, participent à l'identification des victimes, rendue possible notamment par les analyses ADN et les biens personnels retrouvés sur les dépouilles (documents, téléphones portables...). Les autorités prévoient de communiquer la semaine prochaine les premières listes de noms des victimes identifiées.

«C'est un travail compliqué en raison du nombre important» de disparus, a précisé la ministre Hammoud.

Le site principal du «massacre de Speicher» est devenu ces dernières semaines un lieu de pèlerinage où se recueillent les familles sans nouvelles depuis un an d'un fils, d'un père ou d'un proche. Une pierre tombale y a été érigée alors que la plupart de ces familles n'auront pas de corps à porter en terre.

Dans l'ouest de l'Irak, les forces irakiennes soutenues par des groupes paramilitaires chiites continuaient jeudi à tenter d'encercler les djihadistes à Ramadi, la capitale d'Al-Anbar, la plus grande province du pays.

À la suite de la prise de cette ville le 17 mai par l'EI, l'Irak et son allié américain avaient été contraints de changer leur stratégie, centrée sur la création d'une force sunnite anti-djihadistes, et d'appeler à la rescousse des milices chiites dans cette province largement sunnite, au risque de renforcer les tensions communautaires.

Dans le cadre de l'opération lancée mardi, quelque 4000 hommes - soldats, policiers, miliciens chiites, et membres de tribus sunnites - ont repris le contrôle de certains quartiers aux alentours de Ramadi, situé à une centaine de kilomètres à l'ouest de Bagdad.

En Syrie, le chef du Front al-Nosra, branche locale d'Al-Qaïda, a dénoncé mercredi soir les raids aériens américains et accusé les Américains de se coordonner avec le régime de Damas pour utiliser l'espace aérien syrien.

Interrogé par la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera, Abou Mohamed al-Jolani a toutefois assuré que sa mission était de faire chuter le régime de Damas et qu'il n'était pas prévu de lancer des attaques contre l'Occident depuis la Syrie.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer