Autriche: prison ferme pour un djihadiste en herbe de 14 ans

Ce collégien d'origine turque, qui fêtera ses 15... (PHOTO CHRISTIAN BRUNA, AFP)

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Ce collégien d'origine turque, qui fêtera ses 15 ans lundi, répondait de «participation à une entreprise terroriste», lors d'une audience d'une matinée devant le tribunal de Sankt-Pölten, à 70 km à l'ouest de Vienne.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Philippe SCHWAB
Agence France-Presse
SANKT-PÖLTEN, Autriche

La justice autrichienne a condamné mardi à deux ans de prison, dont huit mois fermes, un adolescent de 14 ans accusé d'avoir voulu faire exploser une bombe dans une gare de Vienne à l'automne pour le compte du groupe armé État islamique (EI), qu'il voulait ensuite rejoindre en Syrie.

Ce collégien d'origine turque, qui fêtera ses 15 ans lundi, répondait de «participation à une entreprise terroriste», lors d'une audience d'une matinée devant le tribunal de Sankt-Pölten, à 70 km à l'ouest de Vienne.

Il avait notamment pris contact avec des correspondants de l'EI à Vienne et cherché à fabriquer une bombe pour la faire exploser à la Westbahnhof, l'une des principales gares de la capitale autrichienne. Il voulait ensuite partir pour la Syrie.

Le jeune accusé, qui a reconnu les faits, s'exposait à une peine plafonnée à 5 ans de prison fermes en raison de son jeune âge.

Il avait été arrêté une première fois en octobre 2014 à Sankt-Pölten, après que son entourage eut alerté les autorités de sa radicalisation croissante.

Libéré, il avait enfreint aux conditions de son contrôle judiciaire. Réincarcéré en janvier, il totalise déjà 5 mois de détention.

Au cours de l'enquête, de nombreuses images extrêmement violentes de propagande du groupe armé État islamique ont été trouvées dans l'ordinateur, le téléphone et la console de jeux de l'adolescent.

Enfance sans père

Vêtu d'une veste à capuche grise, l'air encore presque enfantin, celui-ci a écouté en silence, lors de l'ouverture de l'audience, les remarques préliminaires du parquet et de son avocat, avant que le président n'ordonne le huis clos.

Le jeune accusé, un alévis, a commencé à épouser la cause du sunnisme radical début 2014. Selon son avocat, Me Rudolf Mayer, ce processus s'est engagé après qu'un professeur de religion eut vivement critiqué à l'école l'alévisme, une branche du chiisme.

Arrivé en Autriche en 2007, l'adolescent a «grandi sans père», a rappelé l'avocat.

Placé dans une école pour élèves en grande difficulté, où «ses perspectives professionnelles sont quasiment inexistantes», «il a recherché la reconnaissance, l'appartenance à un goupe», a-t-il fait valoir.

«Vous imaginez le pouvoir d'une propagande qui dit à des jeunes dont l'existence apparaît vide de sens "Tu peux faire quelque chose de bien, et tu auras pour cela de l'argent et des femmes"?», a plaidé l'avocat.

Me Mayer s'est déclaré «satisfait» du verdict, qui s'accompagne d'une mise à l'épreuve et d'une obligation de suivi.

Pénalement responsable

L'expertise psychiatrique a établi qu'en dépit d'un «manque de maturité», l'accusé était pénalement responsable de ses actes.

Arrêté une première fois le 28 octobre, l'adolescent avait été relâché au bout de deux semaines en raison de son jeune âge. Mi-janvier, il avait toutefois fugué en compagnie d'un ami de 12 ans, avec qui il voulait rejoindre la Syrie.

Les deux jeunes avaient disparu des radars pendant quatre jours avant d'être arrêtés dans un restaurant de Vienne le 16 janvier, après que la police eut été alertée par la mère du suspect.

L'avocat général a relevé que durant l'instruction, l'adolescent n'avait exprimé «aucun sentiment de culpabilité».

Me Mayer s'est toutefois montré «prudemment optimiste» quant à l'évolution de son client : «Il a commencé à développer son esprit critique, à réaliser qu'il n'avait qu'une vision très partielle des choses».

Plus de 200 personnes, dont des femmes et des mineurs, ont rejoint la Syrie et l'Irak depuis l'Autriche, selon les autorités. Quelque 70 suspects sont revenus dans le pays et plusieurs d'entre eux sont emprisonnés en attente d'un jugement.

Un tribunal de Vienne jugeait parallèlement, mardi, une adolescente de 16 ans, accusée elle aussi d'avoir voulu rejoindre l'IS en Syrie.

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