Les djihadistes consolident leur emprise en Syrie et en Irak

Sur cette photo diffusée le 20 mai par... (PHOTO AP/SITE WEB DE L'ÉTAT ISLAMIQUE)

Agrandir

Sur cette photo diffusée le 20 mai par le portail web du groupe armé État islamique, des djihadistes sont en plein combat contre des membres des forces du régime syrien, entre Homs et Palmyre.

PHOTO AP/SITE WEB DE L'ÉTAT ISLAMIQUE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Le groupe État islamique

International

Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Agence France-Presse
DAMAS

Les djihadistes du groupe État islamique (EI) ont pris au régime syrien le dernier poste-frontière avec l'Irak, consolidant leur emprise sur une vaste zone transfrontalière après la conquête de Palmyre, dont les trésors archéologiques sont menacés.

L'EI contrôle désormais la moitié de la Syrie, ravagée depuis plus de quatre ans par une guerre civile, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Cette organisation ultraradicale sunnite a réussi à prendre dimanche Ramadi, chef-lieu de la province irakienne d'Al-Anbar, puis jeudi Palmyre, dans le désert syrien frontalier de l'Irak, avant de progresser vers le sud syrien pour s'emparer du poste-frontière d'Al-Tanaf d'où se sont retirés les soldats.

Désormais, les trois points de passage avec l'Irak échappent au régime de Bachar al-Assad: comme Al-Tanaf, celui de Boukamal est aux mains de l'EI, tandis que le poste de Yaaroubié, plus au nord, est contrôlé par les forces kurdes.

L'EI renforce ainsi son emprise sur une large bande territoriale transfrontalière qui lui permet d'étendre son «califat» proclamé en juin 2014, malgré les frappes quotidiennes menées par une coalition internationale dirigée par les États-Unis depuis plus de neuf mois.

Responsable d'atrocités et accusé de crimes contre l'Humanité, ce groupe fort de dizaines de milliers d'hommes a profité de la guerre civile en Syrie pour y prendre des territoires dès 2013 et de l'instabilité en Irak pour étendre sa base.

Cette dernière percée de l'EI a provoqué l'exode de plusieurs dizaines de milliers de civils dans les deux pays. L'ONU a fait état vendredi d'au moins 55 000 personnes ayant fui Ramadi depuis la mi-mai.

«Menacer la Syrie profonde»

«Le fait que l'EI contrôle la moitié du territoire syrien (plus de 95 000 km2) signifie que le régime n'en détient plus que 22 %», le reste étant aux mains d'autres groupes rebelles, a déclaré à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. L'opposition en exil estime également que le régime contrôle désormais «moins du quart» du pays.

«Même si l'EI s'est emparé de régions peu peuplées, cela signifie qu'il contrôle désormais une étendue géographique très importante qui lui permettra de menacer la Syrie profonde comme Homs et Damas», deux bastions du régime, selon M. Abdel Rahmane.

Véritable carrefour routier, Palmyre est située dans la province de Homs frontalière de celle d'Al-Anbar en Irak. Alors que l'EI a détruit plusieurs trésors archéologiques en Irak, la communauté internationale craint qu'il ne fasse de même à Palmyre, cité vieille de plus de 2000 ans, réputée pour ses colonnades torsadées romaines, ses temples et tours funéraires.

Le directeur des Antiquités en Syrie, Maamoune Abdelkarim, a exhorté le monde à se «mobiliser» pour sauver les trésors.

L'Unesco a lancé un appel à l'aide à l'ONU, avertissant que «toute destruction» à Palmyre, inscrite au patrimoine mondial de l'humanité, «serait une énorme perte». La Ligue arabe s'est aussi alarmée de la «grave menace» pesant sur «l'un des sites les plus importants du patrimoine mondial».

La bataille déclenchée le 13 mai a fait près de 500 morts. Des dizaines de victimes dont des civils ont été décapitées ou fusillées par l'EI, a indiqué l'OSDH.

Outre cette région, l'EI contrôle la majeure partie des provinces de Deir Ezzor et Raqa (nord), et a une forte présence dans les provinces de Hassaké (nord-est), d'Alep (nord), de Homs et de Hama (centre).

Il est aussi maître de la quasi-totalité des champs pétroliers et gaziers de Syrie, qui lui assurent une importante source de revenus.

Un prêtre enlevé

Ailleurs en Syrie, les djihadistes d'Al-Qaïda et leurs alliés rebelles ont pris un hôpital de Jisr al-Choughour (nord-ouest) où étaient assiégés 150 soldats et leurs familles depuis près d'un mois, selon l'OSDH. «Des dizaines de soldats ont pris la fuite, d'autres ont été tués ou capturés».

En outre, le père Jacques Mourad, prêtre de l'Église syriaque catholique du diocèse de Homs, a été enlevé jeudi dans son monastère avec un de ses collaborateurs par des hommes armés, selon l'Oeuvre d'Orient.

Tout en répétant que M. Assad et son régime n'avaient pas de place dans l'avenir de la Syrie, le président français François Hollande a appelé à de nouvelles négociations à Genève en vue d'une «solution politique».

De l'autre côté de la frontière, l'EI a poursuivi son offensive en prenant des positions gouvernementales à l'est de Ramadi.

La contre-offensive des forces de sécurité, aidées de milices chiites, pour reprendre Ramadi doit être lancée «dans les prochains jours», a indiqué vendredi un porte-parole d'une force paramilitaire.

La perte de cette capitale de la plus grande province d'Irak est un coup sévère pour Bagdad et son allié américain, qui a reconnu devoir réexaminer sa stratégie, même si Barack Obama a estimé qu'il s'agissait d'un «revers tactique».

Des djihadistes de l'EI s'approchent de Palmyre



L'assaut à Ramadi se fait attendre

La bataille déclenchée le 13 mai a fait près de 500 morts et poussé une partie des habitants à la fuite, selon l'OSDH. Parmi les victimes, des dizaines dont des civils ont été décapitées ou fusillées par l'EI selon l'OSDH.

Selon un militant originaire de Palmyre en contact avec ses proches, les djihadistes fouillent les maisons à la recherche de personnes prorégime et empêchent les habitants de sortir. L'électricité est coupée.

Outre cette région, l'EI contrôle la majeure partie des provinces de Deir Ezzor et Raqqa (nord), et a une forte présence dans les provinces de Hassaké (nord-est), d'Alep (nord), de Homs et de Hama (centre). Il est aussi maître de la quasi-totalité des champs pétroliers et gaziers de Syrie, qui lui assurent une importante source de revenus.

Ailleurs en Syrie, où le régime combat les insurgés depuis la répression en 2011 d'une révolte pacifique, les djihadistes d'Al-Qaïda et leurs alliés rebelles ont pris vendredi un hôpital de la ville de Jisr al-Choughour (nord-ouest) où étaient assiégés 150 soldats et leurs familles depuis près d'un mois, selon l'OSDH.

«Des dizaines de soldats ont pris la fuite, d'autres ont été tués sur place et à l'extérieur de l'établissement, ou ont été capturés», précise l'Observatoire.

De l'autre côté de la frontière, l'EI a poursuivi son offensive en prenant des positions gouvernementales à l'est de Ramadi, alors que la contre-offensive des forces de sécurité, aidées de milices chiites, pour reprendre Ramadi se fait attendre.

La perte de Ramadi est un coup sévère pour le gouvernement irakien et l'allié américain qui a reconnu devoir réexaminer sa stratégie en Irak.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer