L'EI publie une liste de 100 militaires américains à abattre

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Sur cette photo de 2008, des drapeaux américains flottent au vent en hommage aux soldats qui ont perdu la vie en Irak et Afghanistan.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Jenny Vaughan
Agence France-Presse
Washington

Le commandement des Marines américains a appelé dimanche ses personnels à la «vigilance» après la publication d'une liste de 100 militaires américains à abattre par un groupe se réclamant de l'État islamique (EI).

Selon le centre américain de surveillance des sites islamistes (SITE), le groupe qui se présente comme la «Division des pirates de l'État islamique» a mis en ligne les noms et adresses supposés de 100 membres de différents corps de l'armée américaine, ainsi que des photographies.

«La vigilance et la protection de la force restent une priorité pour les commandants et leurs personnels», a déclaré dans un communiqué le lieutenant-colonel John Waldwell, du corps des Marines.

«Il est recommandé aux Marines et membres de leurs familles de vérifier leurs profils en ligne afin de (...) limiter l'accès aux informations personnelles», a-t-il ajouté.

Même si la menace n'a pas encore été authentifiée, chacun des Marines visés recevra une visite individuelle, a-t-il précisé.

Le groupe de pirates a affirmé avoir piraté les informations sur des serveurs, bases de données et courriels du gouvernement et appelle les partisans de l'EI à organiser les attaques.

Toutefois, selon une source militaire citée par le New York Times, la plupart des informations publiées pouvaient être accessibles au public et les serveurs du gouvernement ne semblent pas avoir été piratés.

«Qu'est-ce que vous attendez?»

«Grâce à l'énorme quantité de données que nous avons obtenues de différents serveurs et bases de données, nous avons décidé de communiquer 100 adresses afin que nos frères résidant en Amérique puissent s'occuper de vous», écrit le groupe.

«Maintenant que nous vous avons facilité la tâche en vous donnant les adresses, tout ce que vous avez à faire est de franchir le dernier pas, alors qu'est-ce que vous attendez ?», lance-t-il à l'adresse des partisans du groupe jihadiste de l'EI, qui contrôle de vastes pans de territoires en Syrie et en Irak, et a revendiqué plusieurs attentats ces derniers mois à l'étranger, les derniers en Tunisie et au Yémen.

Interrogé par l'AFP, un responsable du département américain de la Défense a indiqué qu'une enquête était en cours. «Je ne peux pas confirmer la validité de l'information, mais nous la vérifions», a-t-il déclaré.

Selon le groupe, les 100 militaires ciblés ont participé à la guerre contre l'EI en Syrie, en Irak et au Yémen. Les États-Unis dirigent une coalition internationale qui mène des frappes en Syrie et en Irak contre les positions des jihadistes de l'EI.

Mais, selon des sources militaires citées par le New York Times, certains des personnels qui figurent sur la liste publiée n'ont pas été impliqués dans le conflit.

Ces derniers mois, plusieurs médias et institutions américaines ont été piratés par des pirates se réclamant de l'EI. En janvier, ils avaient ainsi brièvement pris le contrôle des comptes Twitter et YouTube du commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom), une intrusion embarrassante pour l'armée américaine en pleine guerre contre l'EI en Syrie et Irak.

Au début du mois, le FBI a lancé une enquête sur une série d'attaques contre des sites américains endommagés par l'apparition d'inscriptions et d'images à la gloire de l'EI.

Les cibles de ces attaques, allant d'un site dédié aux courses automobiles dans l'Ohio à un centre de bienfaisance dans le Missouri et une église au Canada, ont été altérées par l'apparition d'images du drapeau noir du groupe islamiste radical.

D'autres attaques du même genre ont été signalées dans les États du Montana, de New York, du Massachusetts et du Minnesota.

Le gouvernement américain, comme d'autres gouvernements occidentaux, a fait part de sa détermination à mieux combattre la propagande de l'EI sur l'internet et les réseaux sociaux.

Le FBI et le ministère de la Sécurité intérieure avaient appelé début mars les différentes forces de police américaines à être particulièrement vigilantes face aux efforts de recrutement de jeunes Occidentaux par l'EI, après l'arrestation d'un jeune de 17 ans en Virginie.

En Europe, où le phénomène inquiète les autorités depuis plusieurs mois, l'UE chiffre à entre 3000 et 5000 ses ressortissants partis rallier les mouvements jihadistes en Syrie et Irak, dont 30% sont revenus.

Une manoeuvre de diversion, selon l'Otan

Le commandant des troupes de l'Otan en Europe, Philip Breedlove, a estimé dimanche que la publication d'une liste de 100 militaires américains à abattre était une tentative de diversion de la part d'un «califat mis sous pression» sur le champ de bataille.

«Sur l'affaire de la publication par l'Isis (l'une des appellations de l'organisation Etat islamique, ndlr) de ces informations, ma question est: pourquoi devrions-nous nous attendre à moins, ou à quelque chose de différent?», a déclaré le général américain lors d'un débat organisé à Bruxelles par l'institut américain German Marshall Fund.

«Il s'agit juste d'un moyen sensationnaliste de plus. Nous avons vu ces derniers mois que, chaque fois qu'ils enregistrent une défaite sur le champ de bataille, ou qu'ils sont mis sous pression sur le champ de bataille, ils sortent un gros truc pour faire sensation», a-t-il ajouté.

«Ce califat est, je pense, mis sous une grande pression et donc ils essaient d'éloigner l'attention de ce qui se passe sur le champ de bataille en ayant recours à l'un de ces gros trucs», a poursuivi le général Breedlove.

«Je pense que nous sommes tous inquiets de lire ces informations», a toutefois estimé, lors du même débat, l'ancienne sous-secrétaire à la politique de Défense américaine Michèle Flournoy.

«Je pense que cela montre quels types de tactiques ils utiliseront et que nous devons nous y préparer, tant en termes de protection de nos personnels, mais aussi en faisant le travail très important avec les communautés dans nos pays pour faire en sorte que le processus de radicalisation ait moins de chances de réussir», a ajouté l'ex-numéro 3 du Pentagone, qui dirige à présent un centre d'études, le «Center for a New American Security».

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