Un jeune Australien raconte son djihad jusqu'au «martyre»

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Dans un manifeste de 4400 lignes publié en ligne, Abou Abdoullah al-Australi raconte comment «un écolier athée de la bourgeoise de Melbourne est devenu un soldat du Khilafah (Califat) prêt à sacrifier (sa) vie pour l'islam à Ramadi, en Irak».

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Madeleine COOREY
Agence France-Presse
SYDNEY

«Mon martyre approchant, je veux vous raconter mon histoire» : un adolescent australien présumé mort cette semaine dans une vague d'attentats-suicides en Irak a décrit sa funeste conversion, des bancs de l'école à l'enfer du djihad.

Dans un manifeste de 4400 lignes publié en ligne, Abou Abdoullah al-Australi raconte comment «un écolier athée de la bourgeoise de Melbourne est devenu un soldat du Khilafah (Califat) prêt à sacrifier (sa) vie pour l'islam à Ramadi, en Irak».

Derrière ce nom de guerre se cache vraisemblablement Jake Bilardi, 18 ans, un jeune homme frêle aux cheveux bouclés ébouriffés, reconnu par des amis et des fidèles d'une mosquée sur des photos le mettant en scène aux côtés de combattants du groupe armé État islamique (EI) en Irak.

Les autorités australiennes ne l'ont pas officiellement identifié, mais une autre photo tirée d'une vidéo de propagande qui émanerait de l'EI montre une voiture blanche avec le portrait en insertion du jeune homme au volant d'une voiture blanche, utilisée cette semaine dans une attaque suicide contre une unité de l'armée irakienne dans l'ouest de l'Irak.

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Une photo tirée d'une vidéo de propagande qui émanerait de l'EI montre une voiture blanche avec le portrait en insertion du jeune homme au volant.

IMAGE AFP/SITE INTELLIGENCE GROUP

«Malgré des hauts et des bas comme tout le monde, ma vie dans une banlieue ouvrière de Melbourne était très confortable», écrit-il dans un anglais très maîtrisé pour son âge.

Le document n'a pas été catégoriquement authentifié, mais pour Greg Barton, professeur en sciences sociales à l'Université Monash de Melbourne, il est probablement de la main de Jake Bilardi.

«Je crois que nous avons affaire à un gamin précoce, intelligent et idéaliste, qui était aussi solitaire et qui a fait son chemin tout seul», analyse-t-il.

L'adolescent situe le frémissement de sa conscience à l'époque où, élève de primaire, il prenait régulièrement son petit-déjeuner devant la télévision.

«Je regardais presque tous les matins l'émission "Sunrise" de Channel 7. On y débattait de questions comme "Encore une attaque en Amérique, devrions-nous nous méfier des musulmans en Australie?"».

«Je voyais les talibans comme un simple groupe d'hommes d'honneur désireux de protéger leur pays et leur peuple contre l'envahisseur, et même si je n'étais pas forcément en accord avec leur idéologie, leurs actes étaient à mes yeux complètement justifiés».

«Mensonges et trahisons» de l'Occident

C'est à l'entendre l'aîné de la fratrie, passionné de relations internationales, qui lui avait parlé d'Oussama ben Laden et d'Al-Qaïda. «Mais je sais qu'il n'est pas heureux que je sois ici (en Irak, NDLR), et je peux assurer que, non, il ne m'a pas "radicalisé"».

Il poursuit seul, isolé, sur l'internet, sa formation intellectuelle et politique, profitant de l'ordinateur portable offert par le gouvernement de l'État de Victoria à tous les élèves du secondaire.

Ses recherches, dit-il, révèlent «les mensonges et les trahisons» de l'Occident, particulièrement dans les conflits en Irak et en Afghanistan.

Lentement, dans l'ombre, l'adolescent développe «une haine et une opposition farouche au système représenté par l'Australie et la majorité des pays du monde». Une conversion totale, irréversible.

«De partisan modéré des groupes militants islamiques dans différents pays, je suis devenu convaincu que la révolution mondiale violente était la réponse aux maux du monde», explique l'adolescent.

Il évoque également un «plan B» s'il ne parvenait pas à rejoindre les djihadistes en Irak ou en Syrie, si les autorités australiennes faisaient échec à ses projets.

«Ce plan consistait à lancer une vague d'attentats à la bombe à Melbourne, en visant les consulats étrangers et des cibles politiques/militaires et des attaques à la grenade et au couteau dans des centres commerciaux et des cafés».

Le massacre devait se conclure par la mort de l'auteur dans un attentat-suicide à l'explosif «au milieu des kuffar (infidèles)».

Mais Jake Bilardi, parti en août 2014, n'a pas été arrêté par les autorités : son passeport n'a été annulé qu'en octobre.

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