La France déploie son porte-avions contre l'EI

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Une première vague de chasseurs - quatre Rafale et quatre Super Étendard modernisés - est rentrée à bon port, sans avoir largué de bombes, après cinq à six heures de mission.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Valérie LEROUX avec Dan DE LUCE au Koweït
Agence France-Presse
À BORD DU CHARLES-DE-GAULLE

La France a engagé lundi son porte-avions Charles de Gaulle dans les opérations de la coalition internationale contre le groupe Etat islamique (EI), à qui le nouveau chef du Pentagone a promis une «défaite irréversible».

Sept semaines après les attentats de Paris, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a réaffirmé la détermination de la France à combattre l'organisation extrémiste et à «arrêter la barbarie que celle-ci commet».

«Cette menace, le terrorisme jihadiste, voudrait atteindre nos ressortissants, nos intérêts, nos valeurs. En réponse, la France sera d'une fermeté totale», a-t-il dit à bord du Charles de Gaulle qui croise dans le nord du Golfe.

Une première vague de chasseurs -quatre Rafale et quatre Super Etendard modernisés- est rentrée à bon port, sans avoir largué de bombes, après cinq à six heures de mission.

«Il n'y a pas eu d'engagement. L'objectif de cette première journée, c'était de rentrer dans l'opération, de se familiariser avec le théâtre, les procédures», a expliqué le contre-amiral Eric Chaperon qui commande le groupe aéronaval.

Les appareils ont rejoint leurs objectifs en une heure et demie environ, soit deux fois moins que depuis la base émiratie d'Al-Dhafra, utilisée par la France.

Le Charles de Gaulle sera engagé pendant huit semaines dans le Golfe, au côté du porte-avions USS Carl Vinson, et poursuivra ensuite sa route vers l'Inde où se rendra mardi M. Le Drian.

Tous les ingrédients réunis

La campagne de bombardements vise à ralentir la progression de l'EI, en détruisant dépôts de munitions, véhicules et puits de pétrole, force de frappe financière des jihadistes.

Cette mobilisation internationale est «en train de repousser» l'EI, a affirmé Ashton Carter, le nouveau secrétaire américain à la Défense qui a effectué lundi sa première visite dans la région. «Nous allons lui infliger, sans doute, une défaite irréversible», a-t-il assuré sur une base américaine dans le désert koweïtien.

M. Carter, qui a discuté avec des généraux, des ambassadeurs et des responsables des renseignements américains, s'est félicité que «tous les ingrédients de la stratégie», une «combinaison d'efforts politiques et militaires», soient réunis.

Il a également insisté sur l'importance de combattre l'utilisation des réseaux sociaux par les jihadistes.

Depuis septembre 2014, les avions de combat français ont effectué une centaine de missions de reconnaissance et autant de missions de frappes en Irak, en appui des forces irakiennes et kurdes, selon l'entourage de M. Le Drian.

La France est, avec l'Australie, l'un des principaux contributeurs militaires de la coalition anti-EI, loin toutefois derrière les États-Unis.

Avec douze Rafale et neuf Super Étendard modernisés embarqués, le Charles de Gaulle renforce nettement le dispositif français, qui comptait jusqu'à présent neuf Rafale aux Émirats et six Mirage 2000D en Jordanie.

Véritable base aérienne flottante, il est accompagné d'un sous-marin nucléaire d'attaque, d'une frégate de défense anti-aérienne (Chevalier Paul) et d'une autre anti sous-marine (le bâtiment britannique Kent), ainsi que d'un pétrolier ravitailleur, soit quelque 2700 marins embarqués, dont 2000 pour le seul porte-avions.

1601 morts dans les raids en Syrie

Au total, quelque 3500 soldats français sont engagés dans l'opération française Chammal en Irak.

«L'appui aérien aux opérations défensives et offensives de nos alliés irakien et kurde a permis d'endiguer la dynamique de conquête territoriale de (l'EI) et de stabiliser les lignes de front», a estimé M. Le Drian.

Depuis août 2014, la coalition a mené plus de 2500 frappes en Irak et en Syrie contre des positions de l'EI qui s'est emparé de larges pans de territoire dans ces deux pays voisins.

En Syrie, les raids ont tué 1601 personnes depuis septembre, dont 1465 membres de l'EI et 73 de la branche syrienne d'Al-Qaïda, le Front Al-Nosra, et 62 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

Les chasseurs français n'interviennent pas en Syrie, Paris estimant qu'un tel engagement pourrait renforcer le régime face aux rebelles.

Parallèlement, les pays de la coalition, qui excluent l'envoi de combattants au sol, ont engagé des missions de conseil et d'entraînement auprès de l'armée irakienne afin de l'aider à se reconstituer après sa débandade au début de l'offensive jihadiste en juin 2014.

L'état-major américain espère que les forces irakiennes seront en mesure de lancer une offensive terrestre contre la ville stratégique de Mossoul (nord) en avril-mai, avant le ramadan et les grandes chaleurs de l'été.

Pour l'heure, quelque 800 soldats irakiens sont à l'offensive pour reprendre la ville d'Al-Baghdadi (ouest), voisine d'une base aérienne où sont stationnés des militaires américains, selon le général James Terry, commandant de la coalition.

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