Obama: l'idée que l'Occident est en guerre contre l'Islam est un «horrible mensonge»

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«L'idée selon laquelle l'Occident est en guerre avec l'Islam est un horrible mensonge. Quelle que soit notre religion, nous avons tous la responsabilité de rejeter cette idée», a déclaré M. Obama.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Agence France-Presse
WASHINGTON

Les États-Unis ont cherché jeudi à mobiliser la communauté internationale contre le «terrorisme» djihadiste, lors d'un sommet mondial à Washington qui n'a toutefois accouché d'aucune mesure concrète.

Le président Barack Obama et son secrétaire d'État John Kerry ont bouclé à Washington une gigantesque réunion de trois jours «contre l'extrémisme violent», en présence de représentants de plus de 60 gouvernements et organisations, dont le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, celui de la Ligue arabe Nabil al-Arabi, la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini, le ministre de l'Intérieur français Bernard Cazeneuve ou encore le chef du renseignement russe Alexandre Bortnikov.

Un rendez-vous préparé de longue date par la Maison-Blanche et qui était censé prendre toute sa résonance après les attentats islamistes de Paris et Copenhague et en pleine offensive militaire contre le groupe État islamique en Irak et en Syrie.

«Nous sommes ici aujourd'hui parce que nous sommes unis contre le fléau de l'extrémisme violent et du terrorisme», a lancé Barack Obama, exhortant les gouvernements alliés à rester «inébranlables dans le combat contre des organisations terroristes».

Mais, a prévenu le président américain, cette lutte «n'a rien à voir avec le fait d'être juif, chrétien ou musulman: nous sommes tous dans le même bateau et nous devons nous épauler pour sortir de cette crise».

M. Obama, comme le fait toute son administration depuis des mois, a bien pris soin de ne jamais parler de «lutte contre l'islamisme radical»: une précaution de langage destinée à ne pas stigmatiser l'islam, mais que l'opposition américaine républicaine lui reproche.

«Horrible mensonge»

Aux yeux du président démocrate, «l'idée selon laquelle l'Occident est en guerre avec l'islam est un horrible mensonge», tout comme l'est l'hypothèse que «nous serions engagés dans un choc des civilisations».

M. Obama avait marqué les débuts de sa présidence en 2009 par un discours resté fameux au Caire où il avait tendu la main au monde musulman.

Mais son adversaire politique, le sénateur républicain John McCain a rétorqué dans un tweet que «l'idée selon laquelle l'islam radical n'est pas en guerre avec l'Occident est un horrible mensonge».

Le chef de la diplomatie John Kerry a préféré inscrire la lutte contre le «terrorisme», notamment islamiste, dans le cours de l'histoire contemporaine: «Le 20e siècle s'est défini par la lutte contre la grande dépression économique, l'esclavage, le fascisme et le totalitarisme. C'est maintenant à notre tour (...) On nous demande aujourd'hui de mener une nouvelle guerre contre un nouvel ennemi», s'est-il exclamé, parlant du «combat fondamental de notre génération».

Pour son homologue jordanien, Nasser Judeh, il s'agit même de la «Troisième guerre mondiale (...) notre guerre en tant que musulmans (...) notre guerre collective en tant que communauté internationale».

De fait, a renchéri Ban Ki-moon, «l'émergence d'une nouvelle génération de groupes terroristes comme Daech (acronyme arabe de l'EI, Ndlr) et (le groupe islamiste nigérian) Boko Haram représente une grave menace pour la paix et la sécurité mondiale».

Outre que Washington s'alarme que ces organisations contrôlent de vastes pans de territoires, il estime que plus de 20 000 combattants étrangers de plus de 100 pays ont rejoint l'EI en quelques mois, dont 4.000 venus d'Europe. C'est «sans précédent», a relevé John Kerry et c'est autant que le nombre de jihadistes partis «se battre en Afghanistan dans les années 1980 (...) au cours d'une décennie». Bernard Cazeneuve a réaffirmé que «plus de 400 jeunes Français sont aujourd'hui présents dans la zone irako-syrienne» et que «près de 1400 Français sont impliqués, d'une façon ou d'une autre, dans les filières combattantes».

La conseillère à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, Susan Rice, a confirmé l'engagement de son pays à accélérer le partage de renseignements avec ses alliés sur les jihadistes étrangers.

Mais au-delà des appels au «rassemblement» de la communauté internationale, la réunion n'a produit aucune mesure concrète. Un «sommet sans contenu», a tonné le représentant républicain Michael McCaul. D'autres, anonymes, ont moqué un «colloque sans intérêt».

Le communiqué final de la Maison-Blanche a toutefois vanté «un plan d'action contre l'extrémisme violent» adopté par les participants et censé produire «des avancées concrètes (...) au cours d'un sommet qui se tiendra en marge de l'Assemblée générale de l'ONU» en septembre prochain.

«Il nous faudra peut-être des années voir des décennies pour réussir, mais nous l'emporterons», a assuré Mme Rice.

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