Washington confirme la mort d'une humanitaire otage de l'EI

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Kayla Jean Mueller

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

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Andrew BEATTY
Agence France-Presse
Washington

L'humanitaire américaine Kayla Mueller, qui était retenue en otage par le groupe État islamique (EI), est morte, ont confirmé mardi sa famille et la Maison-Blanche, celle-ci niant qu'elle ait été tuée au cours d'un raid aérien de la coalition.

Dans le même temps, les Emirats arabes unis ont repris leur participation aux raids de la coalition internationale contre l'EI, après plus d'un mois de suspension consécutive à la capture d'un pilote jordanien en Syrie qui a été tué par le groupe djihadiste.

La mort de Kayla Mueller, 26 ans, avait été annoncée vendredi par l'EI, qui déclarait qu'elle avait été tuée par un raid aérien de la Jordanie, membre de la coalition dirigée par les États-Unis.

Sans détailler les circonstances de la mort de Kayla Mueller, la Maison-Blanche a réfuté ces assertions de l'EI. «Selon nos informations, il n'y a pas de preuves de la présence de civils dans la zone visée avant le raid aérien de la coalition» (mené le 6 février par la Jordanie), a déclaré le porte-parole de l'exécutif américain, Josh Earnest.

«Cela remet certainement en question les affirmations faites par le groupe EI», a-t-il ajouté.

Le président Barack Obama a assuré dans un communiqué «que les États-Unis retrouveront et traduiront en justice les terroristes responsables de la captivité et de la mort de Kayla».

M. Obama a par ailleurs répété que les États-Unis continueraient à refuser de verser des rançons. «Une fois que l'on commence à faire cela, non seulement nous finançons le massacre de personnes innocentes et renforçons leur organisation, mais nous transformons en réalité les Américains en cibles beaucoup plus intéressantes pour de futurs enlèvements», a-t-il expliqué dans un entretien à Buzzfeed, site internet d'informations.

La famille de la jeune femme, enlevée à Alep, dans le nord de la Syrie, en août 2013, a dit avoir «le coeur brisé» par l'annonce de sa mort. «Kayla était une travailleuse humanitaire dévouée et pleine de compassion», ont écrit ses parents.

Le président français François Hollande a exprimé sa «profonde indignation». Le Premier ministre britannique David Cameron s'est dit «profondément attristé».

Depuis l'été dernier, le groupe EI a décapité cinq otages occidentaux enlevés en Syrie, dont trois Américains: James Foley, Steven Sotloff et Peter Kassig.

Contacts a minima 

Plusieurs pays occidentaux et arabes participent aux raids de la coalition qui visent l'EI dans ses fiefs en Syrie et en Irak. La Jordanie, qui en fait partie, a récemment intensifié ses raids contre l'EI en représailles à l'assassinat d'un de ses pilotes, capturé et brûlé vif par le groupe djihadiste.

A un mois du quatrième anniversaire du conflit en Syrie, où la montée en puissance en 2013 de l'EI a éclipsé les combats entre rebelles syriens et forces gouvernementales, le président Bachar al-Assad a affirmé être tenu généralement informé des raids anti-djihadistes de la coalition même si les contacts sont a minima, les pays qui y participent excluant toute relation avec lui.

«Parfois, ils transmettent un message, un message général. Il n'y a pas de dialogue. Il y a, disons, information», a dit M. Assad dans un entretien à la BBC. Les messages transitent par des pays tiers, comme l'Irak, selon lui.

En réaction, les États-Unis ont tenu à souligner qu'il n'y avait pas de coordination contre l'EI entre Washington et Damas, sans nier que la Syrie puisse être «informée» de ces opérations, via l'Irak notamment.

«Nous ne nous coordonnons pas avec Assad ou avec son gouvernement», a réitéré la porte-parole du département d'État, Jennifer Psaki. Cependant, «nous n'allons évidemment pas parler des échanges diplomatiques privés avec le gouvernement d'Irak», qui «a des relations avec ses voisins», a-t-elle dit.

Dans son interview à la BBC, le président syrien a répété que son régime n'était pas responsable d'une attaque à l'arme chimique menée en août 2013 près de Damas, qui avait fait jusqu'à 1400 morts selon Washington.

Plus de 210 000 personnes ont été tuées en Syrie depuis 2011 et plus de 10 millions déplacées, dont près de quatre millions se sont réfugiées à l'étranger.

L'administration américaine a par ailleurs souligné que les étrangers volontaires pour faire le djihad en Syrie arrivaient à un rythme «sans précédent», chiffrant à 20 000 le nombre de ces étrangers actuellement sur place.

Cette évaluation figure dans un témoignage écrit préparé pour le Congrès par Nicolas Rasmussen, directeur du Centre national anti-terroriste (NCTC), qui synthétise toutes les informations sur la menace terroriste des agences de renseignement américaines.

«Nous estimons qu'au moins 3400 de ces combattants étrangers viennent de pays occidentaux, dont 150 Américains», a précisé M. Rasmussen.

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