Irak: vers une offensive terrestre majeure pour contrer l'EI

Des combattants chiites qui ont rejoint les rangs... (PHOTO ALAA AL-MARJANI, REUTERS)

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Des combattants chiites qui ont rejoint les rangs de l'armée irakienne pour combattre les djihadistes de l'État islamique s'entraînent dans le désert de Nadjaf, au sud de Bagdad, le 1er février.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Salam FARAJ
Agence France-Presse
BAGDAD

Une offensive terrestre d'envergure des forces irakiennes se dessine en Irak pour déloger le groupe État islamique des régions qu'il occupe au nord et à l'ouest de Bagdad, où deux attentats suicide ont fait près de 40 morts en trois jours.

La capitale irakienne est à l'abri d'une attaque majeure des djihadistes. Mais des attaques suicide, souvent le fait d'extrémistes sunnites dont des membres de l'EI, continuent de la secouer, comme celle qui a tué 14 personnes lundi dans un quartier chiite.

Samedi, un attentat semblable avait déjà tué 23 personnes sans qu'il ne remette en cause la levée le soir même du couvre-feu nocturne en vigueur pendant des années dans la capitale, mesure que les habitants avaient fêtée comme une «libération».

Après six mois de pilonnage aérien en Irak, d'abord en août par les États unis puis par d'autres membres de la coalition internationale, et quelques succès sur le terrain, significatifs bien que géographiquement limités, l'armée irakienne s'apprête à lancer une nouvelle offensive terrestre contre les djihadistes.

«Il y aura une contre-offensive terrestre majeure en Irak», a annoncé le coordinateur américain de la coalition, John Allen, à l'agence jordanienne Petra.

«Dans les prochaines semaines, quand les forces irakiennes commenceront la campagne terrestre pour reprendre l'Irak, la coalition fournira une puissance de feu importante en soutien [à l'opération]», a-t-il dit en balayant les accusations de retard dans la livraison d'armes et l'entraînement de l'armée irakienne.

Sur le terrain, les combattants kurdes peshmergas qui combattent l'EI dans le nord de l'Irak ont repris en fin de semaine dernière aux djihadistes «trois postes avancés sur la rive gauche du Tigre au nord de Mossoul», a rapporté le commandement américain interarmées qui dirige les raids de la coalition.

L'assaut près de cette ville, considérée comme cruciale pour une éventuelle contre-offensive des forces irakiennes et kurdes, a été soutenu par quatre raids de la coalition, a-t-il précisé, en assurant que les peshmergas sont «prêts à reprendre encore du terrain [...] dans les environs de Mossoul».

Plus de 2000 frappes 

L'EI a profité de la guerre en Syrie et de l'instabilité en Irak pour s'emparer de pans entiers de territoire dans ces deux pays, où il commet des atrocités (décapitations, crucifixions, viols, etc.) dénoncées comme des crimes contre l'Humanité par l'ONU.

Selon le secrétaire d'État américain John Kerry, la coalition a mené depuis août plus de 2000 frappes en Irak et en Syrie, aidant à reprendre «un cinquième du territoire» à l'EI, privant les insurgés «de l'utilisation de plus de 200 infrastructures gazières» et mettant «sous pression leurs finances».

Membre de la coalition, la Jordanie a intensifié ses raids depuis l'annonce le 3 février de l'exécution par l'EI d'un de ses pilotes, brûlé vif après avoir été capturé fin décembre dans le Nord syrien, quand son F-16 s'est écrasé.

D'abord uniquement impliquée en Syrie, la Jordanie bombarde désormais les djihadistes en Irak. Le royaume est le premier pays arabe de la coalition à frapper en Irak, en tout cas officiellement.

Quinze morts près de Damas 

En Syrie, le chef de la diplomatie Walid Mouallem a affirmé que son pays s'opposerait à toute éventuelle offensive terrestre de troupes étrangères contre l'EI. «Nous ne permettrons aucune violation de la souveraineté syrienne», a-t-il dit.

Le régime syrien, dont une partie du territoire échappe à son contrôle, lutte depuis près de quatre ans contre une rébellion qui veut sa chute. Mais le conflit a été éclipsé par la montée en puissance de l'EI.

Le président Bachar al-Assad doit s'exprimer mardi matin dans un entretien à la BBC.

Lundi, au moins 15 personnes ont péri dans des raids du régime à Douma, bastion des rebelles près de Damas, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Dans les territoires du Nord syrien contrôlés par l'EI, les forces kurdes et rebelles, fortes de leur victoire à Kobané fin janvier, ont entrepris de reconquérir Tall Abyad, une autre ville frontalière de la Turquie que les djihadistes utilisent pour pénétrer en Syrie, a rapporté l'OSDH.

Enfin, l'incertitude demeure sur le sort de l'otage américaine Kayla Jean Mueller. L'EI affirme qu'elle a été tuée dans un «raid jordanien» sur Raqa, son fief en Syrie, mais Washington dit ne disposer d'aucune preuve.

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