L'EI lance un nouvel ultimatum à la Jordanie

Des proches du pilote gardé en otage par... (PHOTO KHALIL MAZRAAWI, ARCHIVES AFP)

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Des proches du pilote gardé en otage par les djihadistes de l'EI, dont son père (à droite), manifestent devant le tribunal royal d'Amman pour réclamer que la Jordanie obtienne sa libération, le 28 janvier.

PHOTO KHALIL MAZRAAWI, ARCHIVES AFP

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Mussa HATTAR
Agence France-Presse
AMMAN

Le groupe armé État islamique a, dans un nouvel enregistrement, menacé de tuer jeudi en fin de journée un pilote jordanien si Amman ne relâchait pas une djihadiste irakienne en échange de la libération d'un Japonais retenu également en otage.

Ce nouvel ultimatum a pris la forme d'un enregistrement diffusé via des comptes Twitter liés au groupe djihadiste qui a exécuté de nombreux otages notamment occidentaux enlevés en Syrie. Il est formulé en anglais par une voix qui est très probablement celle de l'otage japonais Kenji Goto selon Tokyo.

Mercredi, la Jordanie s'est dite prête à libérer la prisonnière irakienne Sajida al-Rishawi condamnée à mort pour sa participation à des attentats en 2005 à Amman, mais a souhaité que l'EI relâche également son pilote.

Le groupe ultraradical a précisé que l'ultimatum expirait à l'heure où le soleil se couche à Mossoul, son fief dans le nord de l'Irak, soit entre 14 h 30 et 15 h GMT (9 h 30 et 10 h, heure de Montréal). Il exige, selon le centre américain de surveillance des sites islamistes (SITE), que Sajida al-Rishawi soit transférée à la frontière syro-turque.

Au poste-frontière turc d'Akçakale, face à la ville syrienne de Tall Abyad aux mains de l'EI, une cinquantaine de journalistes, dont une dizaine de Japonais, patientaient dans l'éventualité d'un échange.

Aucun déploiement exceptionnel de forces de l'ordre turques n'était visible, mais il y avait une présence remarquée de policiers et d'agents en civil. La frontière n'est pas fermée.

Amman sous pression

Maaz al-Kassasbeh a été capturé le 24 décembre après l'écrasement de son F-16 en Syrie où il menait un raid sur des positions de l'EI dans le cadre de la coalition internationale antidjihadistes. Le journaliste Kenji Goto a été enlevé fin octobre ou début novembre en Syrie aussi.

À Amman, les forces armées ont dit examiner l'authenticité du nouvel enregistrement. «Notre priorité c'est Maaz», a réaffirmé leur porte-parole, alors que l'EI n'a pas évoqué une possible libération de l'otage jordanien.

«Nous allons faire de notre mieux pour obtenir la libération au plus vite du ressortissant nippon», a déclaré le premier ministre Shinzo Abe, en réitérant avoir demandé dans ces «circonstances difficiles» la coopération du gouvernement jordanien.

Si Tokyo se satisfaisait de récupérer Kenji Goto en échange de l'Irakienne, comme le propose l'EI, cette option est difficile à accepter pour le gouvernement et l'opinion publique en Jordanie, pour qui la libération de Maaz al-Kassasbeh constitue la priorité.

Le Japon, l'un des principaux créanciers de Jordanie à qui il a fourni des aides de 335,5 millions de dollars depuis 2007, tente cependant de persuader Amman de l'aider à sauver M. Goto.

Les Japonais sont en effet déjà choqués par l'exécution d'un autre otage nippon, Haruna Yukawa, dans un enregistrement diffusé par l'EI le 24 janvier. Il avait été capturé en août en Syrie, avant que M. Goto ne parte à sa recherche et soit enlevé à son tour.

Pour les experts, la Jordanie est écartelée et sous forte pression : l'allié japonais souhaite la libération de son ressortissant, l'allié américain refuse de céder aux djihadistes et son opinion publique veut la libération du pilote.

Deux journalistes arrêtés

Après l'exécution du premier otage japonais, l'EI avait à nouveau menacé mardi d'exécuter le second otage japonais ainsi que le pilote jordanien si la djihadiste irakienne n'était pas libérée.

Après de folles rumeurs sur la libération de Sajida al-Rishawi, deux journalistes jordaniens ont été arrêtés pour avoir annoncé à tort qu'elle avait été relâchée la veille, témoignant de la nervosité des autorités.

L'EI, dont les actes suscitent une vague d'indignation internationale, est monté en puissance à la faveur de la guerre en Syrie et contrôle de vastes pans de territoire dans ce pays et en Irak voisin.

Accusé de crimes contre l'humanité, le groupe djihadiste est la cible de frappes de la coalition dirigée par les États-Unis, à laquelle participe la Jordanie. Le Japon affirme sans cesse sa détermination à combattre le terrorisme même si Tokyo ne peut agir que par des moyens non militaires.

Des preuves de vie exigées

La Jordanie a affirmé jeudi qu'elle ne libérerait pas la djihadiste irakienne tant que le royaume ne recevrait pas de preuve de vie de son pilote.

«Notre position, dès le départ, était de garantir la sécurité et la libération de notre pilote pour pouvoir libérer la prisonnière Sajida al-Rishawi», a dit le porte-parole du gouvernement Mohammad Al-Momeni, affirmant que l'Irakienne se trouvait toujours en prison.

«Nous avons demandé des preuves que le pilote Maaz al-Kassasbeh était toujours en vie, mais nous n'avons rien reçu jusqu'à présent», a dit M. Momeni à des journalistes, peu avant la fin du nouvel un ultimatum de l'EI.

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