La mission en Irak continue de provoquer des flammèches à Ottawa

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D'autres pays faisant partie de la coalition qui mène la lutte contre le groupe armé ÉI, dont les États-Unis et l'Australie, rendent publiques certaines informations au sujet de leur mission. Le Canada reste plus réticent en dévoiler les détails.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
OTTAWA

Le premier ministre Stephen Harper exploite la mission contre le groupe armé État islamique (ÉI) en Irak à des fins de «propagande», accuse le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair.

Le ton était incisif lors des échanges en Chambre à la période des questions, mercredi, alors que le chef conservateur est allé jusqu'à insinuer que les néo-démocrates regrettaient les pertes humaines essuyées par le camp adverse.

«Je sais que l'opposition trouve que c'est une chose terrible que nous nous attaquions aux djihadistes. Je sais qu'ils croient que c'est une chose terrible que certains de ces djihadistes aient été tués lorsque l'armée canadienne a tiré sur eux», a offert M. Harper en guise de réponse lorsque M. Mulcair lui a demandé des clarifications sur l'opération militaire en cours.

Ces railleries, combinées à la mise en ligne d'une vidéo à forte teneur patriotique sur la chaîne privée du premier ministre, ont fait sortir M. Mulcair de ses gonds.

«Moi, ce que je trouve terrible, c'est que Stephen Harper soit en train d'utiliser l'argent des contribuables pour faire de la propagande pour sa guerre sur sa fameuse chaîne 24/7. C'est une honte que M. Harper soit en train de faire ça», a-t-il dénoncé en point de presse.

Dans la vidéo en question, intitulée «Le Canada reste fort et libre», défilent des images d'avions de chasse et de soldats entrecoupées de discours du premier ministre dans lesquels ce dernier parle de la menace que représente le groupe ÉI.

«De notre point de vue, ce que le premier ministre est en train d'essayer de faire, c'est de changer de chaîne pour qu'on ne regarde pas le vrai problème ici parce que le vrai problème, tout le monde le reconnaît, c'est que Stephen Harper a menti aux Canadiens», a martelé le chef du NPD.

L'opposition a continué à taper sur le clou irakien, mercredi, accusant le gouvernement de maintenir un flou inacceptable sur la nature de la mission militaire dans laquelle le Canada est engagé.

Néo-démocrates et libéraux multiplient les salves contre les troupes de Stephen Harper depuis qu'il a été révélé que les forces armées se sont retrouvées sur la ligne de feu en accompagnant les forces irakiennes sur le terrain, au sol.

Ils accusent le premier ministre d'avoir induit la population en erreur en ayant présenté l'opération canadienne comme une mission de conseil et d'assistance.

Les conservateurs balaient ces accusations du revers de la main et parlent d'une simple «évolution» de la mission.

«Les militaires canadiens, qui obéissent aux ordres de leurs commandants, remplissent la mission que les Canadiens et le Parlement leur ont confiée», a lancé mardi le premier ministre Harper lors de la période des questions aux Communes.

«Devinez quoi? S'ils sont la cible de tirs, ils vont répliquer, et s'ils tuent quelques terroristes de l'ÉIIL (l'ancien nom du groupe État islamique), les Canadiens n'y verront rien de mal», a-t-il ensuite lâché, déclenchant un tonnerre d'applaudissements dans les banquettes conservatrices.

Mais il n'y a pas seulement la question de la nature de ce déploiement militaire qui chicote l'opposition officielle: il y a aussi celle de la facture, dont le gouvernement ne veut pas préciser le montant.

«La population canadienne, selon (le gouvernement), n'a pas le droit de le savoir tant que (la mission) ne sera pas terminée. Eh bien, ce n'est pas correct», a tonné mercredi Jack Harris, porte-parole du NPD en matière de défense.

Il a fait remarquer que d'autres pays faisant partie de la coalition qui mène la lutte contre le groupe armé ÉI, dont les États-Unis et l'Australie, rendent pourtant publiques ces informations.

«Est-ce que c'est ça, le respect qu'ils ont pour le Parlement? Absolument pas. C'est troublant et choquant», a déploré M. Harris, qui avait acheminé une question écrite au ministre de la Défense, Rob Nicholson, pour lui demander de dévoiler la facture de la mission.

Le chef libéral Justin Trudeau abonde dans le sens des néo-démocrates et accuse le gouvernement de manquer de transparence.

«Je trouve que ce gouvernement se devrait de parler ouvertement de combien c'est en train de coûter au Trésor public», a-t-il laissé tomber en point de presse au parlement, mercredi midi.

Le ministre Nicholson a déclaré mardi en Chambre que les montants associés au déploiement des forces canadiennes en Irak étaient déjà prévus dans le budget, et que tous les coûts supplémentaires y seraient indiqués.

Son attachée de presse, Johanna Quinney, a écrit mercredi dans un courriel envoyé à La Presse Canadienne qu'il y aurait «des coûts progressifs à cette mission comme pour n'importe quelle mission».

Elle n'a pas expliqué pour quelle raison le gouvernement refusait de dévoiler à combien se chiffraient les dépenses, se contentant de signaler que les «coûts réels» de l'opération seraient révélés par l'entremise des «mécanismes parlementaires existants».

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