Après Kobané, les Kurdes veulent chasser l'EI des villages voisins

Des Kurdes ont célébré la reprise de Kobané... (PHOTO ILYAS AKENGIN, AGENCE FRANCE-PRESSE)

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Des Kurdes ont célébré la reprise de Kobané à Diyarbakir, en Turquie.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Rita DAOU, Sara HUSSEIN
Agence France-Presse
Beyrouth

Les habitants kurdes se préparaient à rentrer dans la ville syrienne de Kobané après l'expulsion du groupe Etat islamique, la bataille se déplaçant mardi vers les villages environnants encore sous la coupe de l'organisation djihadiste.

La reprise de Kobané, que l'EI voulait conquérir pour asseoir son influence sur une large portion de la frontière syro-turque, intervient après plus de quatre mois de combats acharnés qui font de la ville en un symbole de la résistance contre le groupe extrémiste.

Largement soutenues par des frappes aériennes menées par les États-Unis et leurs alliés, les forces kurdes ont ainsi infligé  à l'EI sa plus importante défaite depuis son apparition dans le conflit syrien en 2013.

Mais les djihadistes sont toujours présents dans plusieurs dizaines de hameaux dans la région de Kobané, un des trois cantons kurdes de Syrie. Mardi, des responsables kurdes et des militants ont annoncé que la «bataille de la libération» de ces régions avait commencé.

200 000 déplacés

Près de 200 000 civils kurdes avaient fui la ville et ses environs pour la Turquie dans la foulée des combats qui ont fait plus de 1800 morts, dont plus de 1000 djihadistes, depuis le 16 septembre.

Au cours d'une bataille très médiatisée, l'EI était parvenu à prendre plus de 60% de la ville et semblait sur le point de s'en emparer face à des forces kurdes sous-équipées.

Mais, appuyées depuis le 23 septembre par les frappes aériennes de la coalition qui ont entravé la mobilité de l'EI, les forces kurdes ont repris du terrain lentement, jusqu'à l'éviction totale des djihadistes lundi matin.

«Les victoires contre les mercenaires de l'EI vont se poursuivre», a affirmé lundi soir la principale milice kurde, les Unités de protection du peuple kurde (YPG), qui a remercié la coalition internationale, mais aussi les combattants kurdes irakiens de leur soutien.

«Le devoir qui nous incombe n'est pas encore terminé, car il nous reste la bataille de libération du reste du canton de Kobané», ont affirmé les YPG. «Nous nous engageons à poursuivre cette campagne et promettons la victoire».

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), des combats étaient en cours mardi au sud-est et au sud-ouest de Kobané, les forces kurdes parvenant à reprendre un village voisin.

D'après un militant kurde de Kobané, Mustefa Ebdi, la coalition internationale a lancé des raids dans les environs de la ville lundi soir et mardi matin.

Destructions importantes

Après les célébrations dans la plupart des régions kurdes syriennes, les premiers résidents ont commencé à retourner en petit nombre à Kobané, qui comptait 50 000 habitants avant les combats et a subi d'importantes destructions.

«Les gens sont heureux, le moral est au plus haut», a affirmé Idriss Nassane, vice-adjoint aux Affaires étrangères du canton de Kobané, qui se trouvait mardi à l'intérieur de la ville.

Il a toutefois appelé les habitants à patienter avant de rentrer. «Les destructions sont énormes, au moins 50% de la ville est en ruines», a-t-il souligné. «Il n'y a pas les infrastructures de base, ni nourriture, ni médicaments, ni électricité, ni eau».

M. Nassane a affirmé que l'exécutif du canton appellerait à l'aide la communauté internationale pour la reconstruction, mais aussi pour l'armement afin de «continuer le combat».

Bien que l'EI ait résisté à quatre mois de bombardements aériens intenses, les analystes estiment que ce revers portera un coup de frein à son expansion notamment dans le nord syrien.

Les djihadistes contrôlent toutefois encore de larges pans de territoire en Syrie comme en Irak, où ils commettent des atrocités pour faire appliquer leur interprétation extrémiste de l'islam.

En Turquie voisine, le président Recep Tayyip Erdogan, dont le gouvernement qualifie de «terroriste» le PYD, parti qui chapeaute les YPG, a affirmé que son pays ne voulait pas que voit le jour en Syrie une zone kurde autonome comme celle qui existe en Irak.

«Nous ne voulons pas une (répétition) de la situation en Irak», a-t-il souligné, «sinon ce sera un nord de la Syrie comme un nord de l'Irak. Cette entité est source de gros ennuis à l'avenir».

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