L'EI chassé de Kobané

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Cette victoire annoncée à Kobané (Aïn al-Arab en arabe) fait suite à plus de quatre mois de violents combats menés par les forces kurdes avec le soutien prépondérant des frappes quotidiennes de la coalition internationale.

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Les manifestations pour un changement de régime en Syrie donnent lieu à de violentes répressions. Lisez notre dossier sur le sujet. »

Rita DAOU, Sara HUSSEIN
Agence France-Presse
BEYROUTH, Liban

Une atmosphère de liesse régnait lundi dans les régions kurdes syriennes après l'éviction du groupe djihadiste État islamique (EI) de la ville de Kobané, sa défaite la plus cuisante en Syrie.

Cet échec intervient le jour même où un responsable militaire en Irak annonçait que la province de Diyala, dans l'est du pays, était aussi libérée du groupe extrémiste.

«Kobané libéré, félicitations à l'Humanité, au Kurdistan et au peuple de Kobané», a tweeté dans l'après-midi Polat Can, un porte-parole des YPG (Unités de protection du peuple kurde), la milice qui défend la ville.

Plus tôt, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) avait affirmé que les Kurdes contrôlaient «totalement» Kobané, cette petite ville frontalière de la Turquie devenue le symbole de la résistance à l'organisation EI depuis que les djihadistes y ont lancé un vaste assaut le 16 septembre.

Dans les régions à majorité kurde en Syrie, des foules sont descendues dans les rues pour célébrer cette victoire, certains dansant, d'autres tirant en l'air en signe de joie, rapporte l'OSDH.

A Paris, quelque 300 personnes se sont rassemblées place de la République, déployant un immense drapeau aux couleurs kurdes sur fond de danse traditionnelle et feux d'artifice.

Djihadistes en fuite 

Les YPG «ont chassé tous les combattants de l'EI», a précisé l'OSDH qui dispose d'un large réseau en Syrie. «Les djihadistes se sont repliés dans les environs de Kobané», a précisé à l'AFP son directeur Rami Abdel Rahmane.

Le département d'État américain est resté prudent une bonne partie de la journée, estimant que «les forces anti-EI contrôlaient approximativement 70% du territoire à Kobané et près de Kobané».

Mais un peu plus tard, le commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom) a estimé que les forces kurdes avaient repris «à peu près 90% de la ville de Kobané».

«La guerre contre le groupe État islamique est loin d'être terminée, mais son échec à Kobané prive l'EI de l'un de ses objectifs stratégiques», s'est félicité Centcom.

L'épilogue de la bataille à Kobané (Aïn al-Arab en arabe) fait suite à plus de quatre mois de violents combats menés par les forces kurdes avec le soutien prépondérant des frappes quotidiennes de la coalition internationale.

Mustefa Ebdi, militant kurde de Kobané, a affirmé à l'AFP que «les combats ont cessé» à Kobané et que la bataille visait désormais à «libérer les environs de la ville», où l'EI contrôle encore plusieurs dizaines de villages.

A l'extrémité est de la ville, les forces kurdes avançaient «prudemment (...) par peur des mines et des voitures piégées», selon le militant.

Les combats ont fait plus de 1800 morts, dont plus de 1000 dans les rangs djihadistes depuis la mi-septembre, selon un nouveau bilan de l'OSDH.



Le revers à Kobané porte un coup d'arrêt à l'expansion territoriale que le groupe EI mène en Syrie depuis son apparition dans le conflit en 2013, estiment des experts.

«C'est un coup dur pour l'EI et ses projets» d'expansion, a souligné Mutlu Civiroglu, spécialiste de la question kurde basé à Washington. «Malgré toutes leurs armes sophistiquées et leurs combattants, ils n'ont pas pu prendre la ville».

Les forces kurdes, au départ sous-équipées, ont réussi à prendre l'avantage grâce à l'appui crucial de la coalition internationale dirigée par les États-Unis, qui a fait de Kobané une priorité depuis le début des frappes aériennes en Syrie le 23 septembre.

Dix-sept frappes y ont été encore menées entre dimanche soir et lundi matin sur des positions djihadistes, selon le Commandement de la coalition.

L'EI chassé de Diyala 

En Irak, les forces armées contrôlent désormais totalement toutes les villes, districts et cantons de la province de Diyala, dans l'est, a indiqué le général Abdelamir al-Zaïdi.

Grâce à sa campagne de frappes menée depuis août, la coalition estime avoir stoppé l'avancée du groupe EI dans ce pays, mais les djihadistes conservent pour l'instant l'essentiel de leurs positions, notamment Mossoul, la deuxième ville du pays.

Par ailleurs, le président syrien Bachar al-Assad a dénoncé dans un entretien à une revue américaine le plan des États-Unis d'entraîner ses ennemis rebelles pour combattre l'EI, estimant qu'il s'agissait d'une chimère.

Pour Assad, ces rebelles sont une force «illégale» et seront traités par l'armée comme les autres insurgés, qualifiés de «terroristes» depuis le début de la révolte en 2011 contre son régime.

Washington, qui soutient l'opposition syrienne depuis le début de la révolte il y a quatre ans, entend former au Qatar, en Arabie saoudite et en Turquie plus de 5000 rebelles triés sur le volet afin de combattre le groupe EI.

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