Le Japon vérifie une vidéo annonçant l'exécution d'un otage

Les otages Kenji Goto (à droite) et Haruna Yukawa.... (IMAGE AFP/TIRÉE D'UNE VIDÉO)

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Les otages Kenji Goto (à droite) et Haruna Yukawa.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

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Agence France-Presse
TOKYO

Le gouvernement japonais vérifie une vidéo annonçant l'exécution d'un des deux Nippons otages du groupe État islamique (EI) en Syrie, a-t-il annoncé dans la nuit de samedi à dimanche, condamnant fermement de tels actes.

«Des images présentant [le premier otage] Kenji Goto portant une photo de Haruna Yukawa [le deuxième otage] apparemment tué ont été postées sur l'internet [...], nous rassemblons les informations afférentes», a déclaré le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, lors d'un point de presse un peu après minuit.

Selon ce document, M. Yukawa aurait été exécuté par ses ravisseurs djihadistes.

«L'image montrant M. Yukawa apparemment assassiné est en cours d'examen, nous devons encore l'analyser», a précisé ensuite le ministre de la Défense, Gen Nakatani.

«Les services de renseignement travaillent à l'authentification de cette vidéo», a renchéri dans un communiqué le porte-parole adjoint du Conseil américain de sécurité nationale (NSC), Patrick Ventrell, en réitérant «le plein soutien des États-Unis envers le Japon».

«Nous condamnons fortement les actes de l'EI et exigeons la libération immédiate de tous les otages restants», a-t-il ajouté.

«Nous condamnons de tels actes», a déclaré le premier ministre, Shinzo Abe, en réponse aux journalistes à l'issue d'une réunion de crise tenue en urgence. Il a juré de répondre fermement.

«Nous allons continuer de combattre le terrorisme, avec la communauté internationale», a-t-il également déclaré à l'ouverture de ce conciliabule peu après 1 h à Tokyo (samedi 11 h, heure de l'Est), selon les images diffusées à la télévision.

M. Abe a une nouvelle fois demandé la libération immédiate du ou des otages restants.

L'authenticité du nouveau document combinant photo et message sonore n'est pas établie. Selon un expert de la chaîne publique NHK et d'autres spécialistes, il présenterait diverses étrangetés (mise en scène inhabituelle, absence de «logo» du groupe État islamique, pas de références religieuses).

Cette vidéo était en outre contestée sur les réseaux sociaux par des internautes soutenant l'EI.

Ce nouveau développement est intervenu près de 36 heures après l'expiration de l'ultimatum de 72 heures posé mardi dernier par les islamistes de l'EI qui menaçaient d'exécuter les deux Japonais à moins de recevoir une rançon de 200 millions de dollars.

M. Abe avait déjà présidé une réunion de crise dans la journée de samedi, et téléphoné en fin d'après-midi au roi Abdallah II de Jordanie pour lui demander à nouveau son aide, selon un communiqué officiel.

Relations turques, expérience française

Le gouvernement, qui subit aussi la pression des dirigeants étrangers pour ne rien lâcher, a réaffirmé sa détermination à «ne pas céder aux menaces terroristes», ainsi que son engagement à agir contre le terrorisme, même si le Japon ne peut fournir que des soutiens non militaires à la communauté internationale, du fait de l'interdiction constitutionnelle de passer à l'offensive.

Le premier ministre a souligné vouloir continuer à «accumuler des informations avec l'aide des autres pays».

«J'ai l'espoir qu'il [Kenji Goto] revienne, grâce à des discussions en coulisses», avait confié aux médias nippons un ex-guide du journaliste Kenji Goto, avant que ce dernier ne disparaisse fin octobre dans la zone de Syrie contrôlée par l'EI.

«Nous n'écartons aucune hypothèse, nous rassemblons et contrôlons toutes les informations», avait pour sa part déclaré dans la soirée de vendredi [samedi matin au Japon] Yasuhide Nakayama, un adjoint du ministre des Affaires étrangères dépêché en Jordanie pour gérer directement les contacts sur place. «Ma mission est de ramener les deux hommes, je ne renoncerai pas», avait-il ajouté.

Les spécialistes de l'islam et médias insistent sur le rôle clef que pourrait surtout jouer la Turquie, et peut-être aussi la France, qui est parvenue à faire libérer l'an dernier quatre journalistes enlevés par l'EI.

«Le premier ministre Abe a visité plusieurs fois la Turquie, certes pour des motifs avant tout économiques relatifs notamment à l'énergie nucléaire, mais ce pays, qui a une frontière avec la Syrie et est un point de passage, peut être un intermédiaire important», explique le professeur Masanori Naito, de l'Université Doshisha.

Conscient que l'expérience de Paris peut aussi être utile, le chef de la diplomatie nippone, Fumio Kishida, avait rapidement requis la coopération de la diplomatie française.

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