L'EI «en train d'être stoppé», mais le combat va durer «des années»

Un peshmerga - combattant kurde - tire au... (PHOTO AHMED JADALLAH, ARCHIVES REUTERS)

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Un peshmerga - combattant kurde - tire au mortier en direction de Zummar, ville irakienne contrôlée par l'EI, près de Mossoul, le 15 septembre.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Alix RIJCKAERT
Agence France-Presse
Bruxelles

L'organisation État islamique «est en train d'être stoppée» en Irak et en Syrie, a affirmé mercredi la coalition conduite par les États-Unis, qui ont salué les frappes iraniennes «positives» contre les djihadistes dans ce combat qui pourrait durer «des années».

Grâce au «millier» de frappes menées depuis le mois d'août, «la dynamique de l'EI a été stoppée», a déclaré le secrétaire d'État américain John Kerry.

«Ils ont dû changer leurs tactiques, cela contrarie leurs actions», a-t-il ajouté, après avoir réuni ses homologues d'une soixantaine de pays participant à la coalition contre ce groupe ultra-violent en Irak et en Syrie.

Dans leur déclaration finale, les participants affirment que les frappes aériennes commencent «à montrer des résultats», tout en reconnaissant qu'il faut faire plus pour tarir les revenus de l'EI, notamment pétroliers, et «endiguer le flot de combattants terroristes étrangers».

«Nous n'avons constaté aucun changement», a au contraire déclaré le président syrien Bachar al-Assad. «On ne peut pas mettre fin au terrorisme par des frappes aériennes. Des forces terrestres qui connaissent la géographie et agissent en même temps sont indispensables», a déclaré M. Assad dans une interview à l'hebdomadaire français Paris-Match.

Cette réunion de la coalition était la première à ce niveau depuis le début des frappes américaines en Irak le 8 août. Onze pays arabes et la Turquie, tous ennemis déclarés de M. Assad, y ont participé, ainsi que le Premier ministre irakien, Haider al-Abadi.

Elle a commencé quelques heures après que le Pentagone eut annoncé que l'Iran avait mené des raids aériens contre l'EI dans l'est de l'Irak ces derniers jours.

Téhéran, qui n'a pas confirmé, est un allié de circonstance inattendu, et les États-Unis ont réaffirmé leur refus catégorique de toute coordination militaire avec l'Iran.

Le Pentagone a précisé mercredi que les frappes aériennes iraniennes avaient visé des djihadistes de l'EI dans une zone de l'est de l'Irak où les avions américains n'opèrent pas.

«C'était dans la province orientale de Diyala», a dit un porte-parole du Pentagone, Steven Warren. «Nous ne sommes pas actifs là-bas».

Commentant l'annonce de frappes iraniennes, M. Kerry a estimé que «cela a un effet qui, au final, est positif».

Téhéran équipe déjà les milices chiites en Irak ainsi que des unités de l'armée irakienne avec des fusils et des lance-roquettes. L'Iran a également mis à la disposition de l'Irak des avions de combat Soukhoï Su-25.

Les États-Unis sont le moteur de la coalition internationale contre l'EI, qui a proclamé en juin un «califat» à cheval sur la Syrie et l'Irak, où il disposerait de 30 000 combattants, et a décapité plusieurs otages occidentaux.

«Des bottes sur le terrain» 

«Nous allons mener cette campagne aussi longtemps que nécessaire pour gagner», a déclaré M. Kerry à Bruxelles. «Notre engagement durera certainement des années».

«Cela représente un effort à très très long terme, il y aura des revers et des progrès», a estimé un haut responsable américain présent dans la capitale belge.

«Les terroristes de Daech sont un fléau. Tout doit être fait pour l'éradiquer», a lancé le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius. «L'action militaire de la coalition commence à porter ses fruits, notamment en Irak, mais il reste beaucoup à faire», a-t-il estimé.

En Irak, les États-Unis ont reçu l'aide d'avions français, australiens, britanniques, canadiens, danois, belges et néerlandais. Par ailleurs, depuis le 23 septembre, les Américains frappent des positions de l'EI en Syrie, avec la participation de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, de la Jordanie et de Bahreïn.

«La solution nécessite des bottes sur le terrain, les bombardements sans un appui terrestre ne permettent pas d'en finir avec EI», a toutefois averti le ministre espagnol José Manuel Garcia Margallo.

Jusqu'ici, M. Abadi et les pays occidentaux ont exclu toute intervention étrangère au sol.

La coalition veut aussi contrer la «propagande» de l'EI sur les réseaux sociaux. «Il faut agir sur le terreau sur lequel prospère l'idéologie» djihadiste, a souligné le ministre allemand, Frank-Walter Steinmeier.

Les ministres de la Justice des pays de l'Union européenne se réunissent jeudi à Bruxelles pour examiner notamment comment améliorer la lutte contre le djihadisme.

L'EI a commis de nombreux viols, enlèvements, meurtres de masse et crucifixions de civils dans les régions sous son contrôle, et les revendique même activement sur les réseaux sociaux.

Les djihadistes de l'EI ont installé des camps d'entraînement dans l'est de la Libye et l'armée américaine les surveille de près, a déclaré le général David Rodriguez, chef du commandement de l'armée américaine pour l'Afrique.

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