Menace djihadiste: la France en première ligne

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Des djihadistes du groupe État islamique

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Michel MOUTOT
Agence France-Presse
PARIS

La multiplication par l'organisation État islamique de vidéos mettant en vedette des djihadistes français confirme la gravité de la menace qui pèse sur la France, confrontée à un phénomène que rien ne semble pouvoir endiguer.

Jeudi, une enquête a été ouverte à Paris par la justice après la diffusion d'une nouvelle vidéo postée la veille par le groupe État islamique (EI), dans laquelle trois djihadistes appellent en français leurs «frères musulmans» à les rejoindre et menacent leur pays d'origine d'attentats.

«La vidéo est depuis mercredi soir en analyse par les experts de la DGSI», la Direction générale du renseignement intérieur, a confié à l'AFP une source proche du dossier.

Ils vont tenter de mettre un nom sur les visages de trois jeunes hommes barbus, en treillis, armés de kalachnikovs qui, sous les pseudonymes de Abu Osama al-Faranci («père d'Osama, le Français»), Abu Maryam al-Faranci, et Abu Salman al-Faranci, appellent les musulmans de France à émigrer «dans le Califat, la terre d'islam».

Plus inquiétant, ils demandent à ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas les rejoindre dans les régions de Syrie et d'Irak tombées aux mains de l'EI à passer à l'action sur le sol français, à «tuer des mécréants» par tous les moyens possibles, à semer l'angoisse et la peur dans la société française.

La vidéo de sept minutes, filmée, montée et produite pour atteindre une qualité professionnelle, se termine par un gros plan sur un feu dans lequel les djihadistes, certains le visage découvert et d'autres portant cagoules, brûlent leurs passeports français, symbole de leur refus de revenir en arrière.

Pour parvenir à mettre un nom sur ces visages et derrière ces pseudonymes, les experts vont faire appel à une technique mêlant l'utilisation de logiciels, notamment de reconnaissance faciale, et enquêtes classiques des services de renseignement.

Doutes sur l'identité d'un bourreau

Deux Français, Maxime Hauchard et Mickaël Dos Santos, avaient été identifiés en début de semaine par la justice française comme faisant partie des bourreaux de plusieurs Syriens présentés comme des soldats du régime de Damas et d'un Américain, membre du personnel humanitaire.

Certains experts des mouvements djihadistes doutent de l'identité du second, estimant notamment qu'il s'exprime trop bien en arabe pour être un converti d'origine portugaise.

Jeudi soir, des sources proches du dossier ont toutefois indiqué que les services spécialisés français restaient sur leur position selon laquelle des «indices précis et concordants» avaient permis d'identifier Mickaël Dos Santos.

Outre l'analyse des photographies, une de ces sources a insisté sur le fait qu'il a été reconnu par des proches, dont sa mère.

Pourtant celle-ci a affirmé dans une interview à la chaîne d'informations BFMTV diffusée vendredi qu'elle ne reconnaissait pas son fils et assure l'avoir dit à la DGSI mercredi et jeudi.

Avec plus d'un millier de personnes concernées, près de 400 jeunes Français dans les rangs de mouvements djihadistes en Syrie ou en Irak, 118 de retour en France et 51 tués dans des combats ou des attentats-suicide, la France est, avec la Belgique, au premier rang des pays occidentaux pour le nombre de volontaires ayant rejoint l'EI.

Aucun autre pays n'a dit avoir identifié les autres combattants à visage découvert dans la dernière vidéo de l'EI.

Par ailleurs, l'EI a revendiqué jeudi un attentat-suicide commis la veille à Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan irakien généralement épargnée par les violences. Le kamikaze avait lancé son véhicule contre le principal point de contrôle établi sur la route menant au siège du gouvernement, tuant quatre personnes, dont deux policiers, et faisant une trentaine de blessés, selon des responsables locaux.

Le groupe djihadiste, qui s'est emparé depuis juin de pans entiers de territoire en Irak notamment dans le nord du pays non loin du Kurdistan, a identifié le kamikaze comme étant Abdelrahmane al-Kurdi, laissant entendre qu'il s'agissait d'un Kurde.

Sur le plan politique, le premier ministre turc Ahmet Davutoglu a offert l'aide militaire de son pays à l'Irak pour lutter contre l'EI, témoignant d'un certain rapprochement entre Ankara et Bagdad. M. Davutoglu a précisé que cette assistance pourrait porter sur la fourniture d'armement et l'entraînement des membres de la Garde nationale irakienne, qui doit voir le jour.

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