Irak: des frappes aériennes ont visé des dirigeants de l'EI

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La ville de Ramadi a été bombardée le 6 novembre dernier.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

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W.G. Dunlop, Nicolas REVISE
Agence France-Presse
WASHINGTON, BAGDAD

La coalition militaire pilotée par les États-Unis contre le groupe Etat islamique (EI) a frappé ses dirigeants réunis dans le nord de l'Irak tandis que sa capitale Bagdad était ensanglantée par des attentats meurtriers.

L'armée américaine a annoncé samedi des raids aériens menés la veille près de Mossoul, seconde ville d'Irak contrôlée par l'EI et où étaient rassemblés, selon Washington, des chefs de l'organisation ultra-radicale. Elle n'a cependant «pas pu confirmer si le chef de l'EI Abou Bakr al-Baghdadi était présent lors de ce rassemblement».

Des informations non confirmées relayées samedi par des télévisions arabes donnaient le «calife» autoproclamé Baghdadi blessé, voire tué, dans des raids en Irak.

«Des appareils de la coalition ont conduit hier soir (vendredi soir) une série de frappes aériennes en Irak contre ce qui a été estimé être un rassemblement de dirigeants de l'EI près de Mossoul», a précisé dans un communiqué le Commandement américain pour le Moyen-Orient et l'Asie centrale (Centcom).

Ces opérations militaires ont «détruit un convoi de véhicules formés de dix camions armés de l'EI», selon l'armée américaine, qui n'a pas précisé si les États-Unis ou d'autres pays de la coalition avaient effectué ces raids.

La coalition internationale frappe quasiment tous les jours, depuis août en Irak et depuis fin septembre en Syrie, le groupe EI qui contrôle de larges pans de territoires de ces deux pays.

Samedi, la capitale irakienne Bagdad a été de nouveau le théâtre d'une série d'attentats à la voiture piégée, faisant au moins 33 morts et plus de 100 blessés dans des quartiers majoritairement chiites, selon des sources médicales et sécuritaires.

Bagdad est secouée presque tous les jours par des attaques, certaines étant revendiquées par l'EI. Ce groupe d'ultra-radicaux sunnites considère les chiites comme des hérétiques et les prend régulièrement pour cibles.

Directement menacé par l'offensive de l'EI, le gouvernement irakien a salué samedi l'envoi de 1500 conseillers militaires américains supplémentaires. Annoncée vendredi par la Maison-Blanche, cette décision a toutefois été jugée «tardive» par le bureau du premier ministre Haïdar al-Abadi.

Au côté des États-Unis, «plusieurs» autres pays de la coalition internationale participeront à ces missions de conseil et d'entraînement de l'armée irakienne, avait précisé le Pentagone.

Plus de 3000 soldats américains

Avec 1500 militaires supplémentaires, les États-Unis compteront dorénavant plus de 3000 en Irak, un pays dont ils s'étaient retirés militairement en décembre 2011. Pour la première fois, les conseillers seront déployés en dehors de Bagdad et Erbil, la capitale du Kurdistan irakien (nord).

L'offensive fulgurante de l'EI en juin en Irak s'est soldée par la débandade des forces irakiennes, policiers et soldats abandonnant leurs positions, leurs armes et un énorme arsenal de véhicules militaires américains.

Appuyées par des frappes de la coalition depuis le 8 août, les forces irakiennes ont quelque peu redressé la tête, mais elles peinent à reprendre le terrain conquis par le groupe extrémiste sunnite, qui multiplie les exactions (exécutions, décapitations...) pour soumettre, par la peur, la population.

Un champ pétrolier syrien visé

Dans le nord et l'est de la Syrie voisine, où le groupe jihadiste contrôle également de vastes régions, la coalition a mené dans la nuit de vendredi à samedi des raids contre l'EI, visant notamment un champ pétrolier, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

En frappant de telles structures, les États-Unis veulent asphyxier l'EI qu'ils considèrent comme «l'organisation terroriste la mieux financée au monde». L'extraction de pétrole, revendu au marché noir, rapporte environ un million de dollars par jour à ce groupe, selon le Trésor américain.

Par ailleurs, depuis la ville syrienne kurde de Kobané, l'EI a bombardé samedi un camp de déplacés proche de la frontière turque, tuant deux civils.

L'EI, qui a proclamé un «califat» dans les régions irakiennes et syriennes sous son contrôle, est accusé de crimes contre l'Humanité par l'ONU. Il a notamment revendiqué la décapitation de quatre otages occidentaux.

Le conflit en Syrie a fait plus de 180 000 morts en près de quatre ans. L'émissaire de l'ONU pour ce pays, Staffan de Mistura, est arrivé samedi à Damas pour discuter d'un «plan d'action» visant à relancer les efforts de paix. Il doit notamment rencontrer le président Bachar al-Assad durant ce séjour qui devrait durer trois jours, selon la presse syrienne.

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