L'EI, «l'organisation terroriste la mieux financée»

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Un vendeur de rues remplit une cruche de carburant, à Raqqa, fief syrien du groupe armé État islamique, le 30 septembre. Les revenus pétroliers constituent l'une des principales sources de financement de l'EI.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Agence France-Presse
WASHINGTON

Le groupe État islamique (EI) est «probablement l'organisation terroriste la mieux financée», grâce à des revenus pétroliers, à l'obtention de rançons et au produit de rackets, a affirmé jeudi le sous-secrétaire américain au Trésor chargé de la lutte contre le terrorisme.

«À l'exception de certaines organisations terroristes soutenues par des États, le groupe État islamique est probablement l'organisation terroriste la mieux financée à laquelle nous soyons confrontés», a déclaré David Cohen lors d'un discours à Washington.

L'extraction de pétrole des champs d'exploitation en Syrie et en Irak, revendu au marché noir, a rapporté environ un million de dollars par jour à l'organisation depuis la mi-juin, a estimé M. Cohen lors d'une intervention au centre d'études Carnegie Endowment for International Peace.

Il a dénoncé le fait que ce pétrole soit vendu à des Kurdes en Irak, qui le revendent ensuite en Turquie, mais a assuré que les autorités turques et kurdes en Irak «s'étaient engagées à combattre la contrebande de pétrole». Il a également précisé qu'il y avait des indications que ce pétrole était aussi vendu au régime syrien de Bachar al-Assad, qualifiant ces achats de «signe supplémentaire de la dépravation» du gouvernement de Damas.

Selon lui, les récentes frappes militaires ont «commencé à diminuer les capacités de l'EI à générer des revenus de cette contrebande». Sur le plan financier, le responsable du Trésor a souligné que «quiconque faisant commerce du pétrole volé par l'EI serait la cible de sanctions financières».

«Non seulement nous pouvons les isoler du système financier américain et geler leurs actifs, mais nous pouvons aussi leur donner de sérieuses difficultés à trouver une banque pour encaisser leur argent et procéder à leurs transactions», a ajouté M. Cohen. Il s'est dit fier que le Trésor américain soit «l'un des seuls ministères des Finances au monde à disposer de sa propre agence de renseignement».

Évoquant la question des enlèvements, M. Cohen a répété que l'EI avait engrangé «au moins 20 millions de dollars de rançons cette année» et pressé chaque pays de refuser de payer ces rançons. «Nous redoublons d'efforts pour que le consensus international sur cette question soit plus largement adopté», a-t-il affirmé.

«Les kidnappings contre des rançons constituent la menace terroriste la plus significative aujourd'hui», a insisté M. Cohen, regrettant qu'au printemps dernier l'EI ait reçu «plusieurs paiements de plusieurs millions de dollars» en échange de la libération de journalistes et otages de différents pays européens.

Le responsable américain a par ailleurs souligné que les ambitions territoriales de l'EI allaient être «un fardeau financier» pour l'organisation. «Tenter de contrôler des villes et des territoires en Irak et en Syrie, et fournir un minimum de services publics aux populations que l'organisation cherche à soumettre, coûtent cher», a déclaré M. Cohen prenant l'exemple du budget officiel irakien pour les provinces actuellement occupées par l'EI qui dépassait 2 milliards de dollars.

«Cela dépasse largement les revenus de l'EI (...). Cela signifie que l'organisation ne peut tout simplement pas répondre aux besoins les plus essentiels de la population qu'elle cherche à contrôler», a-t-il encore indiqué, mentionnant déjà des pannes d'eau et d'électricité à Mossoul en Irak.

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