Les Kurdes d'Irak enverront des renforts à Kobané

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Un homme brandit un drapeau kurde lors des funérailles de combattants tombés au combat contre l'EI dans la ville syrienne de Kobané, au cimetière de Suruç, dans la province de Sanliurfa, en Turquie, le 22 octobre.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

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Abdel Hamid ZEBARI, Fulya OZERKAN
Agence France-Presse
ERBIL et MURSITPINAR

Le Parlement du Kurdistan irakien a autorisé mercredi l'envoi de combattants pour renforcer les forces kurdes syriennes qui luttent contre les djihadistes dans Kobané, où de violents combats ont repris en soirée.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a par ailleurs vivement critiqué Washington pour avoir largué lundi des armes sur la troisième ville kurde de Syrie, frontalière de son pays, jugeant cette décision «mauvaise».

En Irak, la coalition internationale menée par les États-Unis a effectué douze frappes en 24 heures pour repousser un assaut des forces de l'organisation État islamique (EI) près du barrage de Mossoul (nord), le plus grand du pays, a indiqué le Pentagone, qui a également fait part mercredi de six raids aériens près de Kobané.

Dans le nord de l'Irak, les djihadistes de l'EI ont entamé un nouveau siège du Mont Sinjar, théâtre en août d'une tragédie humanitaire touchant la communauté yazidie, d'après un responsable des forces qui défendent la zone.

Le feu vert du Parlement de la région autonome du Kurdistan irakien à l'envoi de «forces» pour défendre Kobané intervient deux jours après la décision prise par la Turquie d'accepter le passage par sa frontière de combattants kurdes d'Irak, les peshmergas, excluant le transit de Kurdes turcs ou d'autres nationalités.

«Nous ne savons pas si et quand ces combattants vont passer la frontière, ils doivent se coordonner avec nous pour que notre combat soit couronné de succès», a indiqué depuis Kobané Enver Muslim, un responsable kurde.

Les peshmergas ont joué un rôle crucial en Irak dans la lutte contre les jihadistes de l'EI lorsque ces derniers ont lancé en juin une offensive fulgurante dans le nord du pays, face à une armée irakienne en déroute.

Erdogan «ne comprend pas»

Les Kurdes qui défendent Kobané réclament depuis des semaines un soutien accru de l'extérieur pour faire face à l'avancée des djihadistes, plus nombreux et mieux armés qu'eux.

De violents combats ont repris mercredi soir dans la ville assiégée, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Une journaliste de l'AFP présente à la frontière turque, à quelques kilomètres de Kobané, a également observé que les combats avaient repris en plusieurs points de la cité, appelée Aïn al Arab en arabe.

Le premier largage d'armes et de munitions effectué lundi par les États-Unis aux combattants kurdes de Kobané a été l'objet de sévères critiques de la Turquie.

«Il est aujourd'hui clair que (cette décision) était mauvaise», a estimé le président turc Recep Tayyip Erdogan, en expliquant que ces armes étaient tombées entre les mains du PYD, équivalent syrien à ses yeux du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qu'Ankara considère comme une «organisation terroriste».

«Je ne comprends pas pourquoi Kobané est d'une importance si stratégique aux yeux des Américains, il n'y a plus aucun civil» dans la ville, a poursuivi M. Erdogan.

La Turquie a jusque-là refusé d'intervenir elle-même militairement pour aider les défenseurs de Kobané, craignant qu'une telle opération ne profite au régime du président syrien Bachar al-Assad, sa bête noire, et ne renforce les Kurdes.

Elle a ainsi résisté aux pressions de l'administration américaine, qui a accordé une attention croissante à Kobané au fur et à mesure que la ville devenait, aux yeux du monde, le symbole de la lutte anti-djihadiste.

«L'État islamique n'a pas progressé à Kobané ces derniers jours», mais «cela peut changer», a indiqué mardi le porte-parole du département américain de la Défense, l'amiral John Kirby.

Les violences dans cette ville ont poussé depuis le 16 septembre à la fuite plus de 300 000 personnes.

«En très mauvaise posture»

En Irak, près de la frontière syrienne, les jihadistes de l'EI font de nouveau le siège du Mont Sinjar, où s'étaient réfugiés début août des milliers de civils yazidis pour fuir l'avancée du groupe extrémiste.

Ce siège, et la tragédie humanitaire qui en a découlé avaient marqué une étape importante dans la lutte contre l'EI, puisqu'il avait notamment décidé les États-Unis à s'engager par le biais de raids aériens sur l'Irak.

Les jihadistes «tentent de grimper la montagne à pied pour affronter les volontaires yazidis», a indiqué Dawud Jundi, un responsable des forces locales, interrogé par l'AFP au téléphone.

«Il y a près de 2000 familles qui sont en très mauvaise posture» sur le Mont Sinjar, a-t-il ajouté.

Pour le secrétaire général adjoint de l'ONU Ivan Simonovic, qui revient du Nord de l'Irak, la minorité yazidie y est victime d'une «tentative de génocide» de la part de l'EI.

Dans Bagdad, qui reste hors du contrôle des djihadistes, deux attentats à la voiture piégée ont tué au moins 28 personnes dans des quartiers chiites.

L'un, près d'une maternité à Sadr City, a tué au moins 10 personnes et l'autre, près d'une station-service dans une rue commerçante du quartier central de Karrada, a coûté la vie à au moins 18 personnes.

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