Syrie: les djihadistes renforcent leur emprise sur Kobané

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L'émissaire spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan De Mistura, dit craindre un «massacre» à Kobané.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Fulya OZERKAN, Mohamad Ali HARISSI
Agence France-Presse
MURSITPINAR et Beyrouth

Le groupe ultraradical État islamique (EI) renforçait samedi son emprise sur une grande partie de la ville syrienne de Kobané défendue désespérément par des forces kurdes moins bien armées, l'ONU disant craindre pour la vie de milliers de civils.

Les avions de la coalition dirigée par les États-Unis ont mené deux nouvelles frappes avant l'aube sur les positions djihadistes dans l'est et le sud de cette ville kurde clé, située à la frontière turque, selon une ONG syrienne.

Alors que la campagne aérienne contre l'EI est entrée dans son troisième mois en Irak et dans sa troisième semaine en Syrie, sans parvenir à freiner son élan à Kobané notamment, les chefs militaires de 21 pays de la coalition doivent se réunir mardi à Washington pour évaluer leur stratégie.

Dans Kobané, les forces kurdes ont réussi dans la nuit à repousser, au terme de combats acharnés, un assaut des djihadistes en direction du centre-ville, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Depuis son entrée lundi dans cette troisième ville kurde de Syrie, l'EI en a pris 40 % après s'être emparé de secteurs dans l'est, le sud et l'ouest de la ville, et avoir pris le contrôle vendredi du QG des forces kurdes dans le nord de la cité, à un kilomètre environ de la frontière turque.

Son objectif est de prendre le poste-frontière et s'assurer ainsi la maîtrise sans discontinuité d'une longue bande de territoire à la frontière syro-turque.

«Cela ne s'arrête jamais»

Côté turc de la frontière, les journalistes de l'AFP ne pouvaient voir Kobané en raison d'une brume dans le secteur mais entendaient les tirs ainsi que le survol des avions de la coalition.

L'OSDH a fait état cependant d'une tempête de sable dans la région de Kobané entravant les frappes.

Selon Mustafa Ebdi, un militant kurde originaire de Kobané, les forces kurdes, de plus en plus désespérées, voient leurs munitions diminuer et réclament plus de frappes.

«Nous entendons le bruit des combats. Cela ne s'arrête jamais», a-t-il dit à l'AFP. «Les combattants sont résolus à combattre jusqu'à la dernière balle».

Depuis le début le 16 septembre de l'offensive djihadiste dans la région de Kobané, plus de 550 personnes, en majorité des combattants, ont péri selon l'OSDH, et quelque 70 villages sont tombés aux mains de l'EI. En outre 300 000 habitants ont pris la fuite, dont plus de 200 000 en Turquie.

Profitant de la guerre civile qui ravage la Syrie depuis plus de trois ans, l'EI, fort de dizaines de milliers d'hommes dont des Occidentaux, a réussi à s'emparer de larges pans de territoires dans le nord et l'est du pays. Il contrôle en outre de grandes zones dans l'Irak voisin.

Ahmed Abou Ammar, un habitant d'Alep, la deuxième ville du pays située à quelque 150 km au sud-ouest de Kobané, a vu sa famille frappée à deux fois par les affres de la guerre.

Acharnement du sort

Il a expliqué à l'AFP avoir perdu il y a trois ans son épouse dans des frappes aériennes du régime contre les rebelles à Alep. Le sort a voulu ensuite qu'il se réfugie à Kobané pour être pris cette fois sous les bombardements de l'EI.

«L'EI a commencé à bombarder la ville (...) mon fils de huit ans a été tué, Dieu le bénisse. Quand le bombardement s'est intensifié, on a fui en Turquie», raconte-t-il deux semaines après avoir quitté Kobané.

L'émissaire spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan De Mistura, a d'ailleurs dit craindre à Kobané un «massacre» de civils par l'EI, un groupe connu pour ses exactions, comme des décapitations, dans les zones sous son contrôle.

Jusqu'à 700 civils se trouvent encore dans le centre-ville, dont une majorité de personnes âgées, et entre 10 000 à 13 000 sont rassemblés tout près de la frontière, a-t-il dit. Si la ville tombe, ces civils seront «très probablement massacrés».

Alors que la montée en puissance de l'EI a éclipsé la guerre entre le régime de Bachar al-Assad et les rebelles, M. Mistura essaie de réactiver les négociations entre les deux camps qui avaient échoué en début d'année. Il doit se rendre à ce sujet à Moscou le 21 octobre.

Les États-Unis, frustrés par les hésitations turques, ont fait état d'avancées avec la Turquie pour qu'elle s'implique davantage dans le combat, notamment grâce à son appui pour former et équiper les rebelles syriens modérés combattant le régime et l'EI.

Un des chefs des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan a annoncé par ailleurs que le PKK avait commencé à renvoyer des combattants, basés dans le nord de l'Irak, en Turquie à cause de la bataille de Kobané et des émeutes prokurdes, qui menacent le processus de paix avec Ankara.

De violentes manifestations prokurdes ont agité cette semaine la Turquie pour dénoncer le refus d'Ankara de venir militairement en aide à Kobané.

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